LUI
La mobilité du système nerveux, c’est-à-dire, sa mise en action par des causes légères, action qui se traduit par l’état spasmodique et par l’exagération de la sensibilité nerveuse, constitue ce que l’on a désigné sous le nom d’érétbisme nerveux.
L’éréthisme nerveux est le signe de la faiblesse d’action de la force vitale , en tant que se manifestant par les fonctions nerveuses ; mais le plus souvent cet éréthisme est aussi le signe de la faiblesse de la force vitale en tant que productrice des fonctions organiques i et des phénomènes intimes de la nutrition, et n’est que la conséquence de cette faiblesse radicale.
Il ne faut pas, bien entendu, confondre l’éréthisme nerveux avec l’activité des fonctions nerveuses résultant d’une stimulation exagérée , occasionnée par une I lésion ou par une cause excitante quelconque de ce système.
g LIV.
Lorsque, dans le cours des maladies, les fonctions nerveuses présentent des phénomènes exagérés, en l’absence d’une cause suffisante de surstimulation du
système nerveux ; lorsqu’il y a éréthisme nerveux en un mot, sans que eet éréthisme existât avant la maladie, c’est un signe de l’affaiblissement j-adical de la force vitale , et, de plus, cet éréthisme est un danger par lui-même , parce que la force vitale étant occupée à produire ces exagérations fonctionnelles du système nerveux, son énergie se trouve diminuée proportionnellement dans d’autres fonctions, dans ses fonctions radicales, par exemple, et, par conséquent,'dans la réparation des désordres morbides ; il y aura de même obstacle au travail d’élimination du principe morbifique; ou encore l’abaissement de l’énergie d’action de la force vitale, dans des fonctions immédiatement î nécessaires au maintien de la vie, sera porté trop I loin, et la vie, dans ce cas, pourra cesser par la cessation subite desdites fonctions.
Quand l’éréthisme nerveux existe avant la maladie, les désordres nerveux se produisent plus facilement, et quoiqu’ils ne soient pas, dans ce cas, un indice aussi redoutable de l’affaiblissement morbide radical de la force vitale, ils n’en doivent pas moins être pris en sérieuse considération.
L’éréthisme nerveux est un élément important dans les maladies , surtout dans les maladies aiguës ; il amène facilement le délire et les convulsions qui ne dépendent pas d’une lésion appréciable du système nerveux. Je donnerai pour exemple le délire et l’agitation qui surviennent dans la pneumonie, sans qu’ils soient justifiés par l’importance de la lésion.
<i(^s accidents surviennent plus particulièrement
chez les femmes et chez les enfants , chez lesquels les fonctions nerveuses sont prédominantes, et il faut les combattre parce qu’ils contribuent à épuiser davantage la force vitale dont ils indiquent déjà la faiblesse.
Du reste, les moyens propres à les faire cesser sont de nature à relever l’énergie d’action de la force vitale, dans ses fonctions nerveuses particulièrement, fonctions dont le bon état est si nécessaire d’ailleurs au jeu de l’organisme. Ainsi Récamier a prouvé que l’état morbide s’améliore et marche vers la guérison , quand on a fait cesser le délire et l’agitation qui surviennent dans la pneumonie , par l’emploi d’excitants spéciaux, tels que le camphre, le café et surtout le musc, auxquels on associera avec avantage une petite quantité d’opium.