‹ Lettres sur le vitalismeChapitre 62 sur 65 · SECTION · texte numérisé non relu

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l'réceptcs de la science ou principes de i’art.

La médecine, selon Hippocrate, est basée sur ce dogme fondamental, qu’il y a au sein de tout être vivant une force

(1) Les essais de pathologie géaérale ont été les premières ébauches de la science médicale qu’on cherchait avec raison à constituer, mais ces œuvres de transition ont fait leur temps, et l’on doit les remplacer

ESPRIT DU VITALISME

vive, une puissance, une nature qui est formatrice, conservatrice et médicatrice.

Aux termes de ce principe, la nature suffit à tout; elle préside à la formation des organes et dirige les fonctions; elle reçoit l’impression des agents modificateurs et elle réagit contre eux ; enfin, elle détermine la marche, le développement et la solution des maladies par des lois préétablies qui lui sont propres.

Puis, de ce principe dérivent certaines conséquences logiques qui ont force de dogme, et c[ue l’on peut considérer comme les articles mêmes de la constitution de la science médicale, tels que nous avons pu les extraire des livres hippocratiques ou les composer sur leur modèle et d’après leur esprit. Voici ces dogmes :

1° La science médicale est la science des lois vitales.

2° Il y a dans tout état morbide quatre objets principaux à considérer : 1° la cause morbifique ou le principe du mal; 2° l’effet produit par la cause morbifique ou l’affection proprement dite; 3“ la nature médicatrice ou le principe du bien ; l’action médicatrice ou le travail salutaire entrepris par la nature, c’est-à-dire la réaction.

3“ Toute maladie est le résultat de la lutte ([ui s’établit entre une affection et une réaction, ou, pour mieux dire, c’est cette lutte elle-même dans toute sa manifestation phénoménale.

k° La nature d’une affection est dans la nature de la cause qui la produit; la nature d’une réaction est dans la nature du sujet qui réagit ; enfin, la nature d’une maladie participe à la fois de ces deux éléments primitifs et constituants, c’est-à-dire de la nature de l’affection et de celle de la réaction.

par des Irailds ex professa sur In science médicale, car c’est à ce litre seulement que la médecine prendra le rang qui lui appartient dans la hiérarchie des scicnres.

ET DE l’organicisme.

5" L’économie animale est sujette à des modifications et à des altérations organiques et dynamiques partaitement compatibles avec la vie.

6- 11 y a une grande différence entre une indisposition et une affection, une affection et une réaction, une réaction et une maladie.

7“ La vie, dans son mouvement, décrit une parabole exactement semblable à celle d’un boulet lancé dans l’espace. Pendant le parcours des deux branches de cette parabole, l’homme éprouve dans sa santé des modifications et des changements qui se lient, les uns à son développement organique, les autres^ii sa chute; rriais ces dérangements sont inévitables, et il faut, par conséquent, les supporter. Ils tiennent à l’exercice de la vie, à des états passagers, et à des mouvements fonctionnels de formation et de déformation dirigés par des lois qui nous suivent sur l’écliptique de la vie, et nous font parcourir les temps de l’enfance, de la jeunesse, de l’âge adulte et de la vieillesse, comme d’autres êtres de l’exubérante nature parcourent les phases accidentées des saisons. Ainsi donc, il faut nous résigner à subir les métamorphoses aiguës ou chroniques de la vie; à en supporter, en quelque sorte, toutes les hypothèques légales, et à vivre successivement à la manière d’un enfant, d’un adolescent, d’un adulte et d’un vieillard, sans trop nous préoccuper ou nous effrayer de ces conditions fugitives de l’existence.

8" La nature médicatrice agit de trois manières en présence des causes morbifiques ; elle procède : 1“ par expulsion de la cause morbifique; 2” par neutralisation ou destruction de cette cause; 3“ par récorporation, c’est-à-dire par la réparation du mal occasionné par cette cause ou par un mauvais traitement. Ces trois modes d’action de la nature médicatrice forment trois lois pathologiques naturelles aux-

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quelles on peut donner les noms de lois d'expulsion , de neutralisation et de récorporation.

9“ Les lois vitales ne s’exercent que sous certaines réserves d’opportunité et de forces relatives, les unes aux conditions particulières dans lesquelles se trouvent les malades, les autres aux ressources vitales dont ils disposent. Or, après la science délicate de l’opportunité ou de l’occasion, l’art de bien diriger les forces du malade, de les soutenir, de les augmenter ou de les détruire, selon les indications culminantes, est, incontestablement, le plus difficile parmi tous ceux qui incombent au médecin. Il résulte de ce corollaire que l’hygiène et la science de l’aliiTfcntation et du régime fournissent à l’art les moyens les plus puissants de guérison.

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