CO
LE presse a eresnprnne = mp
de l'Amérique, et probablement du monde entier. Avec ses deux culées, 1l ne mesure pas moins de 4 mille 5/4 (2 kilomètres 1/2), la distance de la place de la Concorde au bois de Boulogne. Ses vingtquatre arches reposent sur d'énormes piliers cn pierres, solidement défendus par des brise-glaccs contre les terribles débâcles du fleuve. N'oublions pas que le Canada a sept mois d'hiver, qu'il y neige et qu'il y gèle comme à Saint Pétersbourg ct à Moscou, tandis qu’en été 1l y fait chaud comme aux Antilles. Le pont Victoria traversé, nous avons devant les yeux le panorama de Montréal.
Montréal, le port principal du Canada, est une jolie ville de 140,000 habitants : 75,000 Français et 65,000 Anglais, qui s’étend entre le fleuve, large en cet endroit de 2 à 3 kilomètres, et un énorme mamelon boisé dont on a fait un parce. Elle est divi- ; sée en deux comme par la lame d’un couteau : à l'ouest, c’est la partie anglaise ; à l’est, c’est la partie française. Les deux populations, quoique vivant en très-bon accord, ne se mêlent guère. On ne cite pas dix Canadiens français qui fréquentent la- société et les clubs anglais. C’est la population anglaise, composée en presque totalité de banquicrs, d’industriels et de négociants, qui tient le haut du pavé.
Elle a l'esprit d'entreprise et les capitaux, sans parler de l'éducation pratique qui développe l’instinct des affaires. À peine débarqué, j'entends formuler les plaintes les plus vives contre l'instruction exelu-
ntier.
ns de de Ja vingtrs en olaces blions neige Mosx Anevant
tune nÇais large orme divi- LU : À parvant cite clété ise, l’inavé.
ans inct iler lu-
ET LE CANADA, 115 sivement classique que s’obstine à donner le clergé, maitre de l'éducation, et qui n’est propre, me dit-on, qu'à former des prêtres, des avocats et des notaires. Mais laissons pour le moment de côté ces questions brülantes et allons visiter la ville. En face de moi s'élève une statue en bronze, protégée par deux vieux canons. L'inscription gravée sur le socle m'apprend que c’est la statue de Nelson, duc de Bronte. Duc de Bronte! qui connait le duc de Bronte? Nelson, à la bonne heure! et les dernières paroles de cet Anglais de vieille roche : « L’Anuleterre attend de vous que chacun fasse son devoir ! » sont bien placées sur le socle. Ah ! voici enfin des enseignes françaises et des noms français. Voici l’écusson de MM. Larivière et Pressier, deux avocats associés, et celui de MM. Jetté, Beige et Choquet, associés à trois ; voici l'enseigne de M. Armand Pauzé, meublier, dans la rue Saint-Vincent ; l’enscigne de MM. La!ortune et Goderre, maison de bois de sciage, et de Mile Haquette, modiste, qui estampe ct brode dans la rue Notre-Dame. Entre parenthèses, du côté français, toutes les rues sont baptisées de noms de saints ou de saintes, tandis que du
côté anglais on les a placées sous le patronage des.
anciens gouverneurs. Voici enfin, sur un déballage de confections, une pancarte en pur franco-américain : «Pas de blagues ! C’est le temps maintenant ou jumais d'acheter des marchandises pour la moitié de leur valeur. N'oubliez pas que c’est l'achat de
deux stocks de banqueroute! » Que voulez-vous ? Nous sommes à deux pas de la frontière des États- Unis. Mais je suis fatigué. Je rentre à l'hôtel, où l'on me demande obligeamment si Je suis bien et si
j'ai fait une bonne marche (promenade) ; et comme je veux prendre ma clef, on me prie de ne pas me donner ce trouble. Hum! si lon enselgnait aux bons Canadiens un peu moins de grec et de latin, el un peu plus de français !.….