‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 3 sur 81 · RATE ASS NE DAS · texte numérisé non relu

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ET LE CANADA. 15 sers, les uns sont des habitués, gens d’affaires, néuociants en draps, en soieries, en articles de Paris, qui font régulièrement quatre traversées par an ; d'autres sont des gens de loisir qui ont passé l'hiver à Paris, des ingénieurs en mission où de simples touristes ; 11 y à plusieurs Californiens. Ce monde bigarré, mais plus américain qu'européen, paraît s'intéresser médiocrement de la question d'Orient ; en revanche, 11 se passionne pour ou contre l’immiration des Chinois; les négociants maudissent le tarif américain et Le papier-monnaie chiffonné et maculé de l'Union; ils en exhibent des spécimens dignes de Porcopolis ; enfin, on ne tarit point sur le chapitre palpitant d'actualité des accidents et des sinistres maritimes. Nous avoas précisément à bord un des rares survivants de l'incendie du Golden-Gate, M. Ch..., un des pilgrims fathers des placers californiens. Le Golden-Gate était un splendide steamer du Pacifique. Au moment où il alluit aborder au petit port de Manzanillo, le feu prend dans la cuisine, et en quelques minutes le navire, échauffé par un soleil torride, n’est plus qu'un vaste brasier, 250 passagers périssent dans la fournaise. Quelques-uns réussissent à s'échapper dans des chaloupes. M. Ch... se jette à la mer, muni d'une double ceinture de sauvetage, avec une centaine d’autres passagers. D'heure en heure ces malheureux disparaissent. Demeuré seul, M. Ch... flotte à la dérive pendant vingt-trois heures, dans ces pa-

rages infestés de requins, et il est porté par le courant à une distance de 40 milles, où une barque finit par le recueillir. Les ceintures de sauvetage servent done à quelque chose, et nous contemplons maintenant avec un vif intérêt celles dont la sollicitude de la Compagnie à muni nos cabines. Puis ce sont des histoires palpitantes du juge Lynch, cemagistrat expéditif, qui a résolu le problème de la simplification des formalités judiciaires. Sitôt pris, sitôt pendu, comme dit le proverbe populaire. Le juge Lynch compte de chauds partisans parmi nos passauers californiens, qui se plaisent à nous faire apprécier la nécessité de son intervention et le mérite de ses procédés. Un voleur est signalé dans un campement de mineurs, où une simple toile nrotége la propriété de chacun, une propriété que l’on a chèrement acquise à la sueur de son front. Faut-il, en l'absence d'une police régulière, lui accorder le bénéfice de l'impunité ? Mais alors 1l n’y aura plus de sécurité pour personne, ou, pour mieux dire, la seule industrie protégée sera celle du vol. Que faiton? On forme un comité de vigilance, on met la main sur l'individu que sa physionomie et ses allures désignent aux soupçons, on le juge. S'il y à un doute, on lui en accorde le bénéfice en lui adminis- Want cinquante coups d’une forte lanière, après quoi ou l’expulse du campement. S'il n’y a pas de doute, on le pend au premier arbre venu, ou à défaut d’arbre, on labat à coups de revolver. Aussitôt la sécu-

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