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les anciennes maladies venaient à manquer, ne scrait-1l pas tout à fait conforme aux principes du système protecteur qui fleurit aux États-Unis, d’en acclimater de nouvelles pour faire aller leur commerce? On ne compte pas moins de 50 médecins à Savannah, dont 5 homæopathes et 2 thompsonniens, sans compter les praticiens nègres et autres qui opèrent en se passant de diplôme. L'exercice de la médecine est libre en ce sens que tout citoyen américain a le droit imprescriptible de se traiter lui-même et de déléguer ce droit à qui bon lui semble ; mais ceuxlà seulement qui ont obtenu un diplôme dans un collége médical après y avoir passé au moins deux ans, ou recu une licence à la suite d’un examen devant un comité spécial, — ceux-là seuls sont autorisés à réclamer en justice le paiement de leurs honoraires. J'ai sous les yeux le tarif imprimé des médecins de Savannah, et l’on ne saurait rien imaginer de plus pratique. Chaque visite, opération ou traitement, y est tarifé selon son importance. Une visite simple à un résidant, 2 dollars ; à un non-résidant, 5 dollars ; une visite à bord d’un navire pendant le jour, 5 dollars ; pendant la nuit 20 dollars ; une visite pendant les heures où le médecin reçoit ses malades à son office, 20 dollars ; un accouchement ordinaire, 50 dollars ; avec complications, 400 dollars ; opération césarienne, 500 dollars; amputation d’un bras, 50 dollars ; d’une jambe, 100 dollars, etc., etc. Ces prix ne sont toutelois qu’un minimum ; ils peuvent
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être augmentés selon l'importance des cas, à la discrétion du médecin, et un avis imprimé en tête du tarif avertit les clients que la note leur sera présentée tous les mois ou aussitôt que le traitement sera terminé. Ce système, introduit par un médecin belge, plaît beaucoup aux médecins et ne paraît pas déplaire aux malades, qui savent d’avance ce qu’il leur en coûtera, sauf la question tant soit peu obscure de la discrétion du médecin. Le tarif n'empêche pas, bien entendu, le médecin de donner son temps gratis aux malades pauvres, et l'inventeur du système, l'excellent et énergique docteur Lh., ne s’en fait pas faute. J'ai négligé de m'informer si les prix sont les mêmes pour les maladies ou les opérations blanches-et pour les noires ; mais 1l est clair qu’une jambe ou un bas blanc doit coûter plus cher à couper qu’une jambe ou ui bras noir, vu l'inégalité manifeste de la valeur de ces divers objets.
Quoique la chaleur soit écrasante, mes aimables hôtes se prêtent avec une inépuisable obligeance à toutes mes fantaisies d’excursionniste. Je me proposais d’aller visiter les célèbres plantations de coton longue-soie, Sea Island, dans les îles voisines de la côte. Hélas! il n’y a plus de coton longue-soie, ou du moins la récolte en est devenue insignifiante, Les îles ont été confisquées par le gouvernement fédéral, les plantations ont disparu, et, à la place qu’elles occupaient, les nègres cultivent des patates douces et des watermelons (pastèques). On m'as-