‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 55 sur 81 · ES · texte numérisé non relu

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est vide. Quand je dis vide, entendons-nous, il s’agit des voyageurs. Il ne s’agit ni des cancrelats, nides mille-pattes, ni des moustiques. Société redoutable! Au bout de deux jours, je n’y puis plus tenir. Je me sauve à Pointe:Clear, 50 milles plus bas, à l'entrée de la baie de Mobile dans le golfe du Mexique. Pointe-Clear est un endroit charmant, entre la forêt et la mer; on y va en moins de deux heures de Mobile, dans un légerbateau à vapeur, et on y prend des bains délicieux. Le golfe fourmille de requins; mais les hôteliers assurent qu'il n’est jamais arrivé d'accidént dans leur voisinage. C’est bien possible.

Corsaires, attaquant corsaires, Ne font pas, dit-on, leurs affaires.

Enfin, il me reste 141 milles à parcourir pour aller de Mobile à la Nouvelle-Orléans. Ces 141 milles, je les franchis sur le chemin de fer le plus étonnant que j'aie encore rencontré aux États-Unis, et ce n’est pas peu dire. C’est un chemin de fer construit dans un marais, et à travers la multitude des baies et des bayous qui découpent la côte. Je pars à trois heures trente-cinq minutes du soir. Il y a une douzaine de stations dont quelques-unes portent des noms français : Bellefontaine, Rigollets, Chef-Menteur, Michaud, Gentilly. Il y a aussi quelques noms indiens, Pascagoula et Biloxi, par exemple, cette dernière station, habitée par une colonie de Gascons. Le

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