‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 64 sur 81 · HOT · texte numérisé non relu

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vautours, ét nous avons réussi à nous en débarrasser, non sans qu'ils soient retournés chez eux chargés de nos dépouilles. Mais, sauf dans la Caroline du Sud et dans la Louisiane, nous avons ressaisi le pouvoir, nous sommes redevenus les maîtres chez nous.

«Maintenant, que demandons-nous ? Voulons-nous revenir sur le passé, comme on le prétend dans le Nord? Prétendons-nous réclamer une indemnité pour la confiscation de notre propriété esclave, ce qui serait pourtant rigoureusement équitable”? Voulonsnous replacer nos nègres sous le joug de l'esclavage, comme on le fait croire à ces pauvres gens? Non! nous ne voulons pas revenir sur le passé; nous acceptons même l'égalité politique avec nos anciens esclaves, si monstrueuse qu'elle soit; nous acceptons tout, sachant aujourd'hui par expérience que l'intelligence unie au capital, sans parler de Pascendant de la race, à toujours raison du nombre, Nous ne demandons rien au Nord, rien, si ce n’est de ne pas intervenir dans nos affaires et de s'abstenir de ansformer les troupes fédérales en agents électoraux. La seule requête que nous lui adressions est celle que Diogène adressait à Alexandre : « Ote-toi de mon soleil! »

Telle est Popinion et tels sont les griefs que j'ai entendu formuler uniformément dans un lingage plus ou moins vif, de Charleston à la Nouvelle- Orléans. 1 est impossible de ne pas reconnaitre,

dans une certaine mesure, la validité de ces griefs.

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ET LE CANADA, 279 Sur l'opinion relative à l'esclavage j'aurais naturelle. ment des réserves à faire, Que la question de l'émancipation ait reçu, comme toutes les questions qui sont ic du ressort de la politique, la solution la plus désastreuse possible, soit que l'on considère Pintérét de la population blanche ou celui du peuple de couleur, je Faccorde; mais à qui la faute? Je me souviens d’une loi de Ha Caroline du Sud qui interdisait, sous les pénalités les plus rigoureuses, d’apprendre à lire aux nègres; je me souviens aussi d’un aphorisme d'un politicien du Sud déclarant que « les nègres n'ont aucun droit que les hommes de race blanche soient tenus de respecter » ; je me souviens enfin du mode d’argumentation que lon employait naguèré dans le Sud pour convaincre les abolitionnistes de la légitimité de Pesclavage. On les enduisait de goudron, on les roulait ensuite dans de la plume et quelquefois on mettait le feu à la plume. Ce genre d'argument avait le mérite d’être sommaire et de ne pas laisser traîner la discussion en longueur ; mais ne péchait-il pas visiblement contre les lois les plus élémentaires de la logique? D'un autre côté, les honnêtes quakers qui ont pris Pinitiative du mouvement en faveur de l'abolition de l'esclavage connaissaient-ils suffisamment le naturel et le tempérament particulier du nègre? Hs se le représentaient volontiers tel qu'ils étaient eux-mêmes, sobre, prévoyant, économe et, par conséquent, aussi capable qu'eux-mêmes de pratiquer à la fois dans la vie pri-

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