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de mille venus de France ou du Canada dans le Missouri. On m'en dit le plus grand bien. Ce sont, en général, des gens laborieux et faisant honnètement leurs petites affaires ; malheureusement, il n’y a pas de grandes maisons françaises, et tous les articles français qui se consomment à Saint-Louis aussi bien que tous les produits de l'Ouest qui vont en France passent par des mains étrangères. Ne serait-il pas possible d'établir, à lexemple non-seulement de l'Angleterre, mais encore de l'Allemagne, des rapports directs entre la France et les principaux foyers de Ja production et de l’exportation américaines ? Cette question, on l'avait déjà posée devant moi à la Nouvelle-Orléans. J'allais bientôt la retrouver à Chicago, et elle donne lieu, je dois le dire, à des commentaires peu flatteurs sur le défaut d'initiative du commerce français. Il est possible qu’au début nos négociants aient quelque peine à soutenir la concurrence des intermédiaires établis de Liverpool, de Brème ou de Hambourg ; mais ils en viendraient à bout, et il n’y a certainement aucune raison sérieuse pour que lés vins de Bordeaux aillent en Amérique, et les salaisons d'Amérique au Havre, en faisant le détour des ports anglais ou allemands. C’est un noùveau courant à établir, et peut-être cette entreprise serait-elle facilitée par l'institution à la Nouvelle- Orléans, à Saint-Louis et à Chicago, de chambres de commerce françaises se donnant pour mission de tenir notre commerce au courant des conditions et
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ET LE CANADA, 285 de l'état du marché. Tel est du moins le desidera- Lum que j'ai entendu exprimer, et dont je me fais volontiers l’écho. — Au nombredes édifices les plus remarquables de Saint-Louis se trouve précisément la chambre de commerce, réunissant dans son enceinte la Bourse des grains et diverses autres institulions financières ou commerciales. Elle a été rebâtie récemment à la suite d'un incendie, et c’est vraiment un superbe édifice, dont nos architectes, beaucoup lrop enclins à bätir des Bourses ressemblant à des salles de spectacle et des salles de spectacle ressemblant à des Bourses, feraient bien d'étudier le style el les aménagements. Elle à été inaugurée l'année dernière, et, parmi les discours prononcés à cette occasion, je trouve un véhément plaidoyer en faveur de la liberté du commerce, qui donne des indicaions bonnes à signaler sur les tendances économiques du Grand Ouest.
« Quele commerce soit libre ! s’est écrié l’orateur. Que celte grande nation qui a, au prix de tant de sacrifices de sang et d'argent, brisé les chaines de l'esclave, affranchisse aussi le travail de l'homme libre ! Tandis que les transports à bon marché sont une condilion vitale pour notre commerce, nous dépensons chaque année plus d'argent à bâtir de nouveaux bureaux de douane et à placer des barrières arlilicielles sur la route du commerce qu'il n'en faudrait pour débarrasser de leurs bancs de sable tous les fleuves de cette grande vallée. Tandis que le bon
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Î marché des transports est le grand besoin de notre pays, nos lois défendent aux armateurs américains # d'acheter leurs navires où ils coûtent le moins cher ; et la conséquence de cette prohibition a été, vous le savez, de faire passer les trois quarts de nos transports entre les mains des étrangers. Combien de temps encore méconnaitrons-nous ces leçons de l’expérience ? Combien de temps nous faudra-t-il pour abolir cette politique si mal nommée de la protec- Lion? Combien de temps nous faudra-t-il pour ouvrir les prisons du commerce et le laisser libre ? Demandez à vos faiseurs de lois (lawmakers) l'abolition des bureaux de douane avec la création d’un ! système équitable d’impôts pour subvenir aux dél: penses publiques et laissez le commerce libre ! Laissez le commerce libre, et les manufactures se développeront d’une manière plus saine ; elles auront une | assiette plus stable, car elles n'auront plus à redou- L' ter les changements de tarifs! Laissez le commerce libre, et le travail sera affranchi du tribut que la protection prélève sur lui ! Laissez le commerce libre,
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