‹ Lettres sur les Etats-Unis et le Canada [microforme]Chapitre 68 sur 81 · HA · texte numérisé non relu

HA

h à ct l'agriculture, que l’antiquité avait déifiée, prendra 1 tout le développement que comportent nos ressources; elle sera la gardienne de-notre indépendance

|A et de nos vertus domestiques ! »

de cite ce discours parce qu'il renferme l'exposé concis el énergique de l’épinion dominante dans nn ! l'Ouest en matière de tarifs. Cette opinion n’est pas if: inspirée par des théories. Elle est dictée par des in-

de notre néricains ns cher ; , Vous le 08 (ransibien de de l’ex- Lil pour protec- Jour our libre ?

s) l’aboion d’un aux dé- ! Laissez évelop- "ont une 1 redoummerce que la € libre, prendra essourndance

exposé > dans St pas les in-

ET LE CANADA, 285 térêts, ce qui lui donne une importance particulière. Sans doute, l'Ouest n’est pas purement agricole. La vilie de Saint-Louis, par exemple, est assise sur une couche de fer et de charbon que l'on commence à peine à effleurer; elle possède des fonderies et des fabriques de fer, d'acier et de zinc, ainsi que quelques manufactures de laine et de coton; mais c’est au transport, à la préparation et au commerce des produits agricoles de l'Ouest, maïs, blé, bétail, salaisons, en échange desquels elle importe les articles manufacturés des États de l'Est et de l'Europe, qu’elle doit le développement rapide et énorme de sa population et de sa richesse. Elle n'avait pas 30,000 habitants en 1850; celle en a aujourd’hui plus de 00,000. Sur une production évaluée en 1875 à So millions de dollars, la préparation et la salaison de la viande de pore, par exemple, compte pour { millions, ct la mouture du blé ou du maïs pour 15. On conçoit donc que Saint-Louis et l'Ouest en général subissent avec impatience le tribut que prélèvent sur eux, sans compensation d'aucune sorte, les manufacturiers prohibitionnistes de l'Est. À cet égard,

la situation de l'Ouest est exactement la même que celle du Sud. Seulément, le Sud est vaineu cet épuisé, tandis que l'Ouest est dans toute la force de sa vigou-

reuse croissance. Un jour viendra donc, — et cette opinion je l'ai entendu exprimer vingt fois dans le trajet ste la Nouvelle-Orléans à Chicago, -— un jour

viendra où l'Ouest refusera de payer tribut aux Etats

es + Free arr RC à =

prohibitionnistes ie l'Est, et où la sécession, que les politiciens du Sud ont eu le tort de vouloir. précipiter, s’opérera d'elle-même. L'Union se scindera en trois fractions, assez vastes d’ailleurs pour former de puissants États, à moins, chose peu probable, que l'Est ne renonce à sa politique de monopole.

Je continue ma promenade à angle droit dans les rues de Saint-Louis. En sortant du Stock-Exchange, j'entre à la Mercantile Library, jolie bibliothèque, décorée avec goût, où je lis, le 13 septembre, le Journal des Débats du 29 août. La poste met quinze jours pour apporter les journaux et les lettres de Paris à Saint-Louis. Le télégraphe, lui, est autrement acüf : il rend compte des événements avant l'heure où ils ont eu lieu en Europe, et il donne à neuf heures du matin le cours de la Bourse de Paris du même jour. On sait le parti que les auteurs du Tour du Monde en quatre-vingts jours ont tiré de ce phénomène astronomique. De la Mercantile Library, je passe au grand établissement des jésuites, l’Université, ou pour mieux dire le collége de Saint-Louis, car c’est un établissement d'instruction secondaire. Les bons Pères ne sont pas moins puissants en Amérique qu'en Europe, quoique personne ne songe à les persécuter. Ils ont partagé les États-Unis en quatre « provinces » sans que les protestants les plus ombrageux y aient trouvé à redire : le Missouri, la Nouvelle-Orléans, Baltimore et New-York. Dans le Missour1, ils possèdent trois collèges, dont le plus im-

1, que les portant est celui de Saint-Louis. Les études y sont précipi- partagées en deux branches : les humanités et la

indera en section commerciale. L'enseignement est donné par

ormer de une vingtaine de Pères français, belges et américains. able, que L'établissement est vaste et bien tenu; mais il n’ap-

proche pas, sous ce double rapport, de la magnifique dans les maison des Dames du Sacré-Cœur à Maryville, un change, faubourg de Saint-Louis. C'est un vrai palais, encore othèque, inachevé, mais auquel les plus belles et les plus ubre, le riches institutions du mème genre en Europe ne t quinze peuvent être comparées. Parmi les dames institulres de trices se trouvent plusieurs religieuses chassées trement d'Allemagne par M. de Bismarek. Dans le voisinage, l'heure on me montre aussi.un couvent de Franciseains de

à neuf la même provenance. Comme les jésuites, les Dames 'aris du du Sacré-Cœur ont partagé l'Amérique en quatre pro-

u Tour vinces : le Canada, New-York, la Nouvelle-Orléans de ce | et Saint-Louis. Elles ont également deux provinces brary, dans l'Amérique du Sud : le Chili et Lima. Un simple , PUni- chiffre donnera une idée du développement que le

Louis, catholicisme a pris aux États-Unis sous un régime idaire, de libre et pleine concurrence, Il ne possède pas 1 Amé- | moins de vinet-neuf églises à Saint-Louis. J'ajoute nge à | qu'aux États-Unis les catholiques ne le sont pas simquatre 1 plement de nom, ils le sont de fait, et, chose plus È S Om- 1 singulière encore, ils ne paraissent avoir aucun goût le | Nou- pour le monopole. La liberté des cultes est entrée f: » Mis- si proiundément dans les mœurs, et, en dépit de ï ;

S in- quelques excentricités sans importance sérieuse, elle

ÿs

présente tant d'avantages avec si peu d’inconvénients, enfin les catholiques en ont tiré un si bon parti que je n'ai eutendu aucun d'eux exprimer le vœu d'être protégé contre la concurrence des hérétiques par des lois prohibitives ou des subventions de l'État. Ces ““itholiques libre-échangistes ne devraient-ils pas bien venir faire de la propagande en Europe ?

En ce moment, la grande affaire à Saint-Louis, comme dans le reste des États-Unis, c’est l’agitation pour la prochaine élection présidentielle. Le Missouri paraît acquis aux démocrates, et je viens précisément de visiter la grande et superbe salle du Stock- Exchange où s’est réunie la Convention qui a désigné au choix des électeurs démocrates les noms de Tilden et de Iendricks. Les séances n'étaient pas publiques, les membres du Slock-Exchange seuls avaient le droit d'y assister dans la galerie, et un billet d'entrée se payait jusqu’à cinquante dollars. Les républicains, de leur côté, ont tenu leur Convention à Cincinnati, et ils ont choisi MM. Hayes et Wheeler. Depuis que ces choix ont été rendus publics, le mouvement électoral a été crescendo ; mais il n’arrivera à son paroxysme qu'au commencement de novembre,époqueoüserontélus, bien entendu avecmandatimpératif, les électeurs chargés de la nomination du Président. Les chances se balancent tellement, que les plus fins politiciens sont incapables de prévoir qui l’emportera ; aussi les deux partis font-ils assaut d'activité. Dans chaque localité, et même dans de

œu d'être S par des État. Ces t-ils pas ?

nt-Louis, agitation Missouri précisé- Stocl- 1 à dési- 1oms de ient pas Je seuls , et un dollars.

ur Conlayes et ublics, 1ln’ar.

| de noecmanination ement, >révoir assaut ans de

vénients, parti que

simples villages, ils ont un local désigné par cette affiche en lettres colossales : Quartier général des démocrates ou des républicains, ordinairement avec les portraits des deux candidats entourés de devises et de drapeaux. Dans les journaux, la polémique devient de plus en plus virulente. Un professeur de phrénologie a écrit à un journal démocrate que la tête de Tilden porte tous les indices de facultés extraordinaires, tandis que la tête de Hayes est véritablement celle d'un pauvre homme. Maisil y a mieux, ou, si vous Île préférez, il y a pis. Les journaux républicains ont découvert que Tilden a fraudé le fisc, en dissimulant un {em notable de son revenu; les démocrates, de leur côté, ont fait une découverte nal ogue à la charge de Hayes : 1ls l’accuse d’avoir adissimulé la possession d’un piano et de plusieurs montres. On diseutce avec acharnement des deux parts sur la valeur de ce piano et de ces montres : les républicains affirment que ce sont de véritables patraques, sans valeur aucune, et ils ajoutent que Hayes les conservait seulement à titre de souvenirs de famille ; les démocrates, au contraire, sont d’avis qu'un homme aussi à son aise que Hayes — ils ont le compte de ses revenus — ne peut, à moins d’être un ladre de la pire espèce, se contenter de patraques. Ou un avare ou un voleur, voilà l'alternative : Les meetings deviennent de plus en plus fréquents, les processions se multiplient. Aux électeurs présidentiels qu’ils’agitd’élirese joignent, dans un certain

Er — à .

2 ons

a pes BOSS 0 he es.

Page 1