LES JÉSUITES EN ESPAGNE ET DANS LE PORTUGAL
J*ai promis des témoignages sur l'éducation des jésjaites, empruntés à des sources catholiques. Bans ma dernière lettre, j'ai cité Tabbé Nélis. Voici un jésuite qui confirme pleinement ce que dit Tabbé belge ; cependant Tun écrit en Espagne au seizième siècle, l'autre en Belgique au dixhuitième : l'un vivait à l'époque de la splendeur de son ordre, l'autre après l'abolition de la compagnie. Écoutons Mariana, il ne saurait y avoir de témoin plus autoriaé et plus irréprochable.
Mariana commence par avouer qu'il manque à sa compagnie de bons maîtres. Eien de plus naturel. Où puiset-on la science? Dans les universités. Or les jésuites n'en ont jamais eu ; leurs novices sont dressés à la piété et non préparés à l'enseignement. A peine ont-ils revêtu l'habit de leur ordre qu'on les met en chaire : lU ne satent rien^ et ne veulent rien apprendre. Que peuvent- ils apprendre à
leurs auditeurs P Des impropriétés et des barbarismes. Malheureusement ce sont les premières impressions qui sont les plus profondes ; mal instruits dans leur bas âge , les hommes restent ignorants, ou ce qui est pire, imBus d'une demi-science, d'une fausse science. Qu'en peut-il résulter? a C*est une chose hors de doute, qu^aujçurc^hui on sait moins m de latin en Espagne, qu*on rCen savait il y a cinquante ans, » Je pense, voire, je le tiens pour assuré, qu'une des prin-