‹ Lettres sur les ouvrages de madame de StaëlChapitre 14 sur 28 · LETTRES SDR LES OUVRAGES · texte numérisé non relu

LETTRES SDR LES OUVRAGES

même , et disparaissent avec loi. La vie est très longue quand on l'a voit sous de certains rapports ; mais il faut déjà avoir souffert de ce. qui succède aux passions pour, s’effrayer désor«mais des tristes jours qu’elles pourront entraîner , et songer à mettre de l’ordre et de l’identité dans sa vie.. *■

Il y a donc des sacrifices à faire pour les âmes d’un certain ordre. Riches de tant de trésors de pensées, et de sentiments, elles trouveront donc dans les institutions sociales des peinçs dont le vulgaire n’est point atteint. Qu’elles profitent des leçons que leur donne madame ' de Staël. Dans tous ses ouvragés elle leur» parlé leur langue; on peut l’écouter sans craindré d’être indigné : elle a souffert toutes les douleurs , elle a senti toutes les blessures ; c’est une personne atteinte des maux qu’elle analyse, qui’ vous dit comment il faut les éviter. Ici elle ne

découragé pas de tous les sentiments , comme'

dans son ouvrage sur l’influence des passions.

Ses peintures de l’amour, des affections, ont été

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si ravissantes, qu’elle vous . a donné tion plus le désir de tout éteindre» mais le désir de tout bien diriger, afin de pouvoir jouir de tout, et tel est le but dé la plus saine morale.

Il a bien mérité du genre fiumain l’ètré qui veut mettre ses souffrances à profit pour le bbnheur du monde. 11 y a dans ce dessein tant de bonté, tant de pitié, ü faut pour le soute-

nir tant de talent, tant d’éloquence , que celui qui parvient a soi» but mérite l’admiration avec la reconnaissance. Si- madame de Staël a donc senti de profondes peines: durant- sa vie ,- d’est

à la postérité, qui sait la comprendre, à lui payer par un vif.enthousiasme ce qu’elle nourrissait d’espérance de gloire ; car elle avait l’amour de la, gloire comme la bonté. Le bien -

qu’on éprouve en lisant scs écrits fait déjà que

ses voeux les -plus généreux sont remplis. 14 nous reste à accomplir ceux dont le succès dépend de nous ; il nous reste de joindre l’estime à l’émotion dont elle seule a le mérite; heureux que L’enthousiasme de La postérité la paie

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eu quelque sorte. de ses travaux •, heureux qu'dis ait eu une passion, qu'il soit en notre: pouvoir de satisfaire 1 ' v “ .*,>

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Sur coiufnîr.

Nous aUonsparlçr de l’ ouvrage de madame de Staël qui a eu lç plus d’éclât, de celui où, .forte de .sa réputation, et laissant à son génie un plein e$sor 7 elle awi^ toute son âme. Ici sottta-' lent est plus formé ; et l#conception , et la conduite, et le- développfetnont de l’ouvrage , tout est admirable. Quelques taches légères ne peuvent point nuire à l’ensemble ; mais en signalant les beautés de cet 'écrit nous- ferons en sorte de ne. pas nous laisser entraîner par no>

propres impressions , et de .garder; la justice

voulue. . - *■ • * '.iV ■'

On sent que, c’est l’histoire des sentiments,

des passions, des idées d’un être supérieur. -Tout

se rapporte à CtH’jnne; e’estipour la faire con^

- , • . ' .. >. ' /' naître que. les événements. Sont préparés ;àon

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'caractère, a décide de celui de tous les autres personnages ; l’Italie même, cette, terre de

gloire, *a été choisie pour Corinne; elcomme le

lieu de lTEùropeie mieux fait pour elle, Cero-

man présente, comme' celui de Delphine , les

malheurs d’une femme victiçae de ses propres

facultés et de la sévérité des institutions sociales.

Mais comme pour un esprit vaste une grande

idée est féconde, la première pensée de l’ou-

'vrage a donné'à madame de Staël l’occasion

de mille dévéloppemépts qui ont chacun des

beautés particulières.' ’ • • ' : - .*

‘ 11 y. avait de la grandeur -à. mettre ladescrip- » ■ tion de l’Italie dans la bouche de Corinne, d’une

• femme inspirée et remplie d’enthousiasme ; et

fauteur .a tenu tout ce <ju’il semblait promettre.

. C’est un choix heureux que rAûgléterre'pour

le pays de l’amant de Corinne,, et ce n’est pas

une chose moiriiheuréuse que l’opposition, plu-

tdt indiquée que-développée, dé d’Angleterre - à

1 Italie, Fune fiorte par sa raisôn et sa liberté ,

. l’autté brillante de ses richesses naturelles ,

DE MADAME DE STAËL. t><)

mais dégradée comme Dation. Il y a une haute moralités dans cette opposition. *. "•

Le roman commence-, et l’éxposition } largement tracée, comprend tout ^ et fait déjàprévoir l'intention et le sujet du roman. . - ■ ■

Le premier pistonnage en scène c’est Oswâld. Que .c’est balnle de -l’avoir fait souffrant et malhçureux T de manière que topt intéresse en lui-, son caractère et sa position,, et que sa faiblesse morale , son irrésolution, se trouvent excusées par cet état dé /ri alaise et de peiné, lie n’était paS d’ailleurs l’Angleterre dans toute son énergie qu’on voulait montrer. Il ne faut point qu’elle l’emporte sur l’Italie , non plus que lord Nelvil sur Corinne.- Comme si l’auteur avait pefisé qae l’aspect delà douleurlaisse déplus, profondes traces que celui de la. joie , ce ft’est qu^après. nous avoir pénétrés du chagrin d'OS - wald qu’il nous montre l’Italie et ses fleurs, Corinne et son triomphe. Alors les couleurs chap- • '■ / .

gent, la.tèrre de l’imagination se découvre, l’air du midi se fait presque' sentir, et madame de

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