LETTRES SOR'LES' OUVRAGES
par ses amis , et supplice de.se livrer à ses inspirations ■'elle répand sa mélancolie sur ses
chants, et, après avoircélébré les souvenirs que
Jé$ lieux retracent, elle déplore .avec un violent sentiment de souffrance les besoins d’une •
âme exaltée , qui , parmi les jouissances de la
terre, n’en trouve point qui puisse lui suffire;
qui se nourrit de ses regrets et de ses vaines
agitations, et qui. nu déploie que pour la douleur toute. sa paissance et son énergie.
Ce qu’il y a peut-être de plus admirable dans toüt l’ouvrage , ou du moins ce qui est le plus entièrement parfait, c’est l’histoire dç Corinne, son histoire jusqu’à vingt-un ans, écrite par elle-même. ,,‘.v ' •
C’est la peinture de ce qu’éprouve une per-
sonne distinguée en butte à l’influence des es- • m •• * • • prits étroits , qui condamnent ce qu’ils ne .peuvent comprendre. Madame de Staël a exprimé"
» • * ’ " . * ■ ^ • ce que .les êtres à part ressentent vivement-;
les besoins d’une âme et d’ufi esprit élevés, et l’horreur et l’effroi de cette médiocrité
DF MADAME Dfe S’rÀFX.
despotique qui'' porte en aveugle ses irrévo^
cables arrêts; ' ; V •* V' . >
• ' Il n’y a pas un mot , pas upe expression qui' ne soit remarquable et sûntie. Là est peinte dans* sa pleine vérité la .souffrance continuelle d ; une, personne gênée dans le développement de ses sentiments et de sesiacultés. Eh! n’est-il nas excessivement douloureux de se sentir la puissance d’aimex, d'admirer, sans avoir à qui vouer son coeur et son admiration? N'est-il pas cruellement pénible de n’éntendre rien qui vienne ranimer la pensée , d’être fatigué par son in- , tëlligence , qui , à défaut de variété , s’exerce sur vos chagrins, et tourne ainsi contre vousmêmte toute sa force ? Que de douleur et de découragement dans Pâme! Que d ? inquiétude
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et d’égarement dans Pesprit! Onsent soi-même, combien on reste au dessous de ce qu’on pourrait être cette sourdô dopleurvcettè souFde agitation , n’aveuglent point sur lç vrai motif qui les cause- Un jour où le soleil se montre, la page d’n ri livre où Ponrètrouve l’expression