‹ Lettres sur les ouvrages de madame de StaëlChapitre 16 sur 28 · LETTRES SOR'LES' OUVRAGES · texte numérisé non relu

LETTRES SOR'LES' OUVRAGES

par ses amis , et supplice de.se livrer à ses inspirations ■'elle répand sa mélancolie sur ses

chants, et, après avoircélébré les souvenirs que

Jé$ lieux retracent, elle déplore .avec un violent sentiment de souffrance les besoins d’une •

âme exaltée , qui , parmi les jouissances de la

terre, n’en trouve point qui puisse lui suffire;

qui se nourrit de ses regrets et de ses vaines

agitations, et qui. nu déploie que pour la douleur toute. sa paissance et son énergie.

Ce qu’il y a peut-être de plus admirable dans toüt l’ouvrage , ou du moins ce qui est le plus entièrement parfait, c’est l’histoire dç Corinne, son histoire jusqu’à vingt-un ans, écrite par elle-même. ,,‘.v ' •

C’est la peinture de ce qu’éprouve une per-

sonne distinguée en butte à l’influence des es- • m •• * • • prits étroits , qui condamnent ce qu’ils ne .peuvent comprendre. Madame de Staël a exprimé"

» • * ’ " . * ■ ^ • ce que .les êtres à part ressentent vivement-;

les besoins d’une âme et d’ufi esprit élevés, et l’horreur et l’effroi de cette médiocrité

DF MADAME Dfe S’rÀFX.

despotique qui'' porte en aveugle ses irrévo^

cables arrêts; ' ; V •* V' . >

• ' Il n’y a pas un mot , pas upe expression qui' ne soit remarquable et sûntie. Là est peinte dans* sa pleine vérité la .souffrance continuelle d ; une, personne gênée dans le développement de ses sentiments et de sesiacultés. Eh! n’est-il nas excessivement douloureux de se sentir la puissance d’aimex, d'admirer, sans avoir à qui vouer son coeur et son admiration? N'est-il pas cruellement pénible de n’éntendre rien qui vienne ranimer la pensée , d’être fatigué par son in- , tëlligence , qui , à défaut de variété , s’exerce sur vos chagrins, et tourne ainsi contre vousmêmte toute sa force ? Que de douleur et de découragement dans Pâme! Que d ? inquiétude

y > ri- • • „ , ' ■

et d’égarement dans Pesprit! Onsent soi-même, combien on reste au dessous de ce qu’on pourrait être cette sourdô dopleurvcettè souFde agitation , n’aveuglent point sur lç vrai motif qui les cause- Un jour où le soleil se montre, la page d’n ri livre où Ponrètrouve l’expression

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