LETTRES ' SOR LES OUVRAGES
de ce qu’on Sent, un élan de 1,’âme et déjà pensée, vous révèlent d’intervalle en intervalle tout le bonheur dont vQds êtes capable; et rien
o’est plus misérable ni plus aride que de pas-
Rcr ainsi ça vie à déplorer l'inactivité de sés
esprits et à se pleurer soi-mêifté. .' ; y.
La peinture des mœurs .de la petite ville.
qu’habitp Corinne est de main de maître* Livrée à cette stupide société, elle n’a pas le triste pouvoir de souffrir en liberté. V *
Qu’on juge ce que c’est pour un esprit supérieur que le spectacle de la médiocrité triomphante et tyrannique, se complaisant dans sa
faiblesse comme le génie ose à peine se complaire dans sa forçe* et affermissant chaque jour ses crrëurs i Corinne éprouve aussi un vif cha-
grin de la malveillance .qu’eUe inspire; la médiocrité est âpre et dure dans, sa désapprobation; pomme ellera peu d’idées, elle ne sait pa» le mal qu’clle.fait,' et en fait d’ autant plps qu’elle le sait moins. -’V
LadyËdgermond est la médiocrité personni- .
fiée. Ce caractère est là 'admirablement tracé; un mot, une situation, le peignent tout entier. Les souvenirs et les tendres regrets de sa
riante et belle patrie augmentent l’amertume des peines de Corinne. La sévçrité du climat
quelle habite rend ses impressions plus sombres. Cette histoire respire une tristesse ex* trème. Toutes les circonstances, tous les événements èn sont douloureux.
La visite du père de lord Nelvil' est pleine d’intérêtV et l’impression que Corinne produit . sur.lùî est heureusement et habilement trouvée.
Et lorsque Coéinne songe qu’elle est libre et qu’elle peut retourner en Italie, que de charme dans le réveil de, son cœur à l’enthousiasme et à respériince! D, es. chants d’Italie viennent ébranler son âme 'et' ia rappeler tout entière •à'sa patrie. f \ *• ; -\y
Corinne' rie. commet point une action cou-
dàmnable en quittant sa petite ville d’ Angle- •terre ; loin de là, sbii instinct la po.tisso à' un