‹ Lettres sur les ouvrages de madame de StaëlChapitre 2 sur 28 · Z LETTRES SUR LES OUVRAGES · texte numérisé non relu

Z LETTRES SUR LES OUVRAGES

détail. Nous ne dirons, pas les endroits où il nous semble qu’elle a tropou pas assez loué ; nous ne ferons point remarquer la justesse de certains aperçus , et la profondeur et la force naissantes de ses pensées. Nqus jetterons sur ces lettres ün coup d’œil général. , z

Madame de Staël s’élève en parlant de l’auteur qui à Ite mieux su toucher son cœur, ébranler son âtne , de celui avec lequel elle s’est trouvée avoir le plus de sympathie.

On ne l’accusera pas d’exagération. Elle se contient dans son admiration; elle veut être sage dans son enchantement. Quoiqu’elle avoue que plusieurs des idées de ftousseaq sont fausses, elle le reconnaît, à tout prendre, l’homme de

la nature et de la vérité. Elle a dit .beaucoup

sur lui ; il ne.nous semble pas cependant qu’elle ait tout dit. En examinant ses plus forts écrits , elle n’a point parié d’.un des grands effets, qu’ils produisent. Elle a loué l’Emile , mais elle n’a pas fait l’observation que pet- ouvrage révèle, pour * ainsi dire, les, droits de l’homme. On se sent

fier et libre après l’avoir lu; il donné le sentiment de la grandeur et de . la dignité humaines; c’est une école de liberté autant que

de morale. . .

Remontant tou jours aux sources des idées de

l’homme ; pour trouver la vérité, dans sa pureté

première , Rousseau a raméné l’humanité à- la liberté naturelle cqmme aux' sentiments primitifs. Donnânt toujours les théories abstraites, travaillant d’pne manière spéculative , il a fait le Discours sur l’inégalité des .conditions,' il a fait le Contrat social; génie universel et profond, il a jeté les bases immuables, il a révélé: les principes éternels, laissante d’aulres le soin de construire Sur ces basesetde faire Php* plieationde ées principes. Il vous fait l’homme de Pindépendance en vous faisant l’homme" d,c la nature. -Et en effet l’espèce humaine, ^ans son innocence, est à la’ fois libre et sensible. La perfection de la société, c’est d’avoirConsacré ces vertus de fierté et de sentiment que la nature indique. Dans ses progrès elle s’écarte quelque-

fois de la vraie route. Les hommes Gui, comme Rousseau, vienheht, lorsqu’elle est déjà avancée dans sa course , lui rappeler ses devoirs et la raffermir dans’ la vérité , sont certainement les pliis utiles. On a attribué là révolution française, à une -foule -de causes. Sans doute

la masse dès années et dés .événements amena

ce.tte grande secousse -, mais t parmi les progrès de.!lâ raison humaine' qui l’ont produite; Rôusseau fait faire les plus forts, les plus • hardis et les plus rapides. '

Madame de Staël a dignement parlé dû caractère dç Rousseau, elle a dit: sur Jean-Jàcqués des choses aussi ravissantes que Iui-mérfie en a écrit sur son propre caractère.’ Au lieu de le blâmer, elle a cherché à le comprendre , à Pcx-

pliquer ; et elle a fait la part de -l'admiration et dç Iq pitié dans un caractère rempli dè Sensibilité , de grandeur et de fâiblesse. RUc a dit ces belles paroles r qui devraient servir de règle à la- justice exercée envers les grands Ihommcs :

« Je crois que , quand on trouve dans la vie d’un

» homme des Mouvements et des actions d’une « bonté parfaite, lorsque ses écrits respirent » les sentiments les plus nobleset les plus ver- » tueux , lorsqu’il possède un langage dont cha- » que mot porte l’empreinte de la vérité , on » lui doit de chercher l.e secret.de ses torts , de » tqnir à> 1’adnpratiori qu ? il avait inspirée, de »-la retirer lentement. » Qu’elle, .est grande él sage quand elle parle .ainsi , et qu’élle mérite bien qu’o« tienne à l’admiration qu’elle ins P ire . ! ■ ■ . / ••**. * .. \ - '

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