LETTRES SBB LES'' OUVRAGES
pas ce goût difficile pour les plaisirs qu’on leur offre . Tout se perfectiopnepâr l’usage : la liberté et la moralité des Anglais en sont la preuves et les Français, que l’habitude de vivre en société a formés à étudier les caractères , en ont porté la, connaissance aii/plûs.baut degré.
N’exprimant qu’en vers ce qui part de leur âme , ce n’est que dans la poésie que les A,n-r glais mettent <îe la çhaleur, de l’éritergie, de l’imagination. ’ H :
Ils considèrent la prose comme la langue • de la logique, et ils s’interdisant àvec-elle tout ce qui n’est pas raison: Leurs ouvrages en prose sont froids et manquent ordinairement de précision et de méthode. -,
Leur but en écrivant c’eSt d’ëtrt utiles; tel est le noble espoir permis dans un pays libre. De là leur émulation, et cette sagesse qui les
empêche de . traiter certaines questions. Ils n’emploient aussi l’éloqüençe que dans la-même idée là leur est pleine dé mesure, et de raison, etriom point passionnée. . . ' v
y Iis travaillent pour la société, et non-pas pour les individus; de mênie qu’ils observent les masses, et non pas les hommes et les caractères. v. ;
/. Penseurs par leur nature , et maintenus pen-
seurs par leurs institutions, conduits à la liberté
par le sérieux .de leur nature, et rendus plus • . s \
: sérieux encore par cette liberté même, ils cher-
. . Client les vérités générales plutôt que les vérités
particulières ; ils généralisent toujours , et l’uti-
1 lité est la première dès idées générales dans
laquelle ils font rentrer les autres.
•' ■- 11 est remarquable que le chapitre qüi traite
de la littérature de ÜAllelnagne a l’air d’être ' un résumé de l’ûùvrage <jue madame, de Staël a fait depuis sur Ce pays. Ses idées et ses cbn-
naissances étaient dès lors si justes, qu’en examinant l’Allemagne par elle-même,, elle n’a pu que se . convaincre mieux de leur vérité, ou
' les étendrè dans un même esprit. , .
: C’est la littérature française que madame de
Slaëfa examinée la dernière. Recherchant dans