‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 2)Chapitre 2 sur 26 · SYSTÈMES · texte numérisé non relu

SYSTÈMES

J'ai cherché h réunir dans cet ouvrage une parlic des documens qu'une observation éclairée peut nous fournir relativement aux révolutions dont notre globe a dû , à différentes époques , être la victime. Mais, avant d'exposer les opinions auxquelles les naturalistes modernes ont été conduits sur ce sujet, il ne sera peut-être pas inutile de donner ici , en peu de mots , une idée des principaux systèmes qui ont été hasardés depuis environ deux siècles sur l'origine de notre planète, les modiBcations qu'elle a pu éprouver , et les x^auses qu'on peut raisonnablement présumer devoir la détruire.

Toutes ces questions^ qui ont si fort occupé les auteurs qui ont écrit dans le dix-huitième siècle sur la théorie de la tcrro , trouvent à peine une place dans les ouvrages modernes sur la (jéoloijie^ et nos savans les plus distingués , malgré les nouvelles lumières qu'ils ont acquises , ou plub^t à cause de ces lumières , ont cru devoir s'abstenir de les traiter. '

Mais si les naturalistes d'aujourd'hui ne perdent

2 ^ iHTBOBiicnoir. '

plus leur temps h faire des théories de la terre , il peut être curieux de connaître celles qui ont joui de la plus grande vogue , ou qui ont été proposées par les naturalistes les plus célèbres ; elles appartiennent en effet à Thistoire de la marche de Fesprit humain sur le sujet qui doit nous occuper; et les exposer en abrégé , ce sera , sons un certain rapport, imiter les historiens de tous les temps, qui ont jugé convenable de faire précéder le récit des événemens certains, d'un exposé des fables qui ont eu crédit chez les différens peuple», etqu^ils n^ont ^données que pour ce qu'elles sont. -

Surnêt est le premier auteur qui , dans les temps modernes , ait cherché à expliquer par un système les changeraens généraux que la terre a subis, et ceux qu'elle doit subir encore. Voici ses idées.

La terre d^abord n'était qu'une masse fluide , un chaos composé de matières de toute espèce et de toute sorte de figures; elle commença à prendre une forme régulière quand les parties les plus pesantes , descendant vers son centre, y curent formé un noyau dur et solide autour duquel les eaux, plus légères , se rassemblèrent en l'enveloppant de tous câés. L'air s^échappa au-dessus de ce Ut superficiel et aqueux. Au-dessns de Teau s'éleva encore, comme plus légère, une couche assez mince de matières grasses et huileuses qui surnagèrent d'abord pures, mais auxquelles bientôt vinrent se réunir des particules terreuses qui d'abord s'étaient élevées dans Tair^ qui tombèrent peu à peu, à mesure que l'atmosphère se purifia. Ce mélange de la couche hui-

If'use superficielle avec les parties groflsièrcf retoin» bées de ratmosphère forma la première terre qae les hommes calUvaient avant le déluge. Cette terre était légère , extrêmement fertOe, sans montagnes

ni inégalités, enfin unie sur toute sa surface.

Mais les premiers hommes ne jouirent pas longtemps de cet heureux séjour. La chaleur du soleil, desséchant peu à peu le sol qu^ils cultivaient, finit , an bout de cpinze on seize siècles , par le £adre fendre entièrement, et la croûte terrestre tout entière tomba dans Tabime des eaux qui se trouvaient andessous d^ellc.

Telle fut, suivant Burnet, la cause du déluge. Nos continens actuels sont, dans ses idées, les grandes niasses de Tancienne croûte , qui ont comblé Tabime des eaux ; les Iles et les écueils en sont les petits fragmens ; et la confusion avec laquelle s^est faite la chute de cette croûte est la cause des inégalités , des éminences et des profondeurs qui régnent sur notre sol. Quant à Focéan, c'est une partie de Fancien abinie; le reste est entré dans les cavités intérieures avec lesquelles communique Focéan.

Ce système , comme on voit, ne repose sur aucune observation , ni sur aucun fiiit positif. Il n^explique rien, ne conduit à rien, étonne peut le considérer que comme un simple produit de Fimagination de Fauteur. Cependant, comme Burnet avait de Fes* prit , et que son livre (1) était écrit d'une manière agréable , il resta en honneur jusqu'à Fépoqne où des

(0 TeUuris Tbecris socra. Londres , 16ei,

4 INTROBUCTION.

phénomènes Irès importans vinrent donner une nouvelle direction aux esprits.

Ces phénomènes, sur lescpiels reposent tous les systèmes imaginés depuis le commeucement du dixhuitième siècle, consistent dans Texistence d^arétes de poissons 9 de coquilles, et autres produits d'animaux marins, dans l'intérieur des terres de nos •continens; ces produits marins, et surtout les coquilles, s'y trouvent eu nombre immense, quelquefois très bien conservés , et on les rencontre souvent dans les pierres les plus dures.

On sera sans doute curieux de savoir qndl est le naturaliste qui le premier a fait et publié des observations aussi iuiporlantcb. Il ^'appelait Bornai d Palissy. Sa profession était Lien obscure : il fut longtemps simple potier de terre à Saintes , vers la lin du seizième siècle. Aussi grand physicien, dit Fontenelle, que la nature seule puisse en former, il fut le premier qui osa dire , à la fiice de tous les docteurs, que les coquilles fossiles (!) étaient de véritables coquilles déposées autrefois par lu mer dans les lieux mêmes où elles se trouvent , et non pas des minéraux , des corps singuliers , de simples jeux de la nature , comme on le croyait de son temps. Ses preuves parurent victorieuses à tous ceux qui les

(1) On appelle fossiles les débris (rêtres organisés qu'on trouve dans Fintérieurdes terres, et qui font, pour ainsi dire, oorps avco elles. On trouvera pios tard , dans les lettres où il est spécialement parlé des animaux iÎMsiles , des idées précises sur la iossilisation.

STtfaMEB, 9

examinèrent, et pourtant ce ne fut que près d'un siècle après qu'elles se réveillèrent dans l'esprit de plusieurs savans , et que «ou opinion devint domi* nante.

Le premier système dans lequel on cherche à expliquer la présence des corps fossiles dans nos oontinens est celui de WoodwardÇL). Ce médecin prétend

qu'à l'époque du déluge, Dieu, par un acte de sa volonté , suspendit la force de cohésion qui unit entre elles les molécules de tous les corps solides; qu'il réduisit ainsi tous ces corps en poussière^ et que les eaux du déluge , humectant cette poussière , en formèrent une espèce de pâte molle 9 dans laquelle pénétrèrent facilement tous les corps marins.

Si Woodward eut recours à cette hypothèse, c'est qu'il sentit bien qu'il serait impossible de supposer que , dans le peu de temps que dura le déluge , selon le texte des livres saints, Teau qui couvrait toQt^ la terre ait pu délayer les continens jusqu'aux plus grandes prc^ondeurs, et dissoudre les pimes les plus dures, pour y déposer les produits marins. • D'un autre côté , comme nous le verrons plus tard , tout s'oppose a ce qu'on regarde le dépôt de ces corps comme le résultat d'un mouvement violent et rapide.

L'ouvrage de Woodward est d'ailleurs rempli d'observations vraies, et dont le temps n^a £iit que confirmer la justesse. Il dit avoir reconnu par ses pro** près yeux que toutes les matières qui composent la

(l) Essai sur Phistoire naturelle de l«i terre. Woodward a encore écrit plusieurs autres traités lur le même sujet.

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IHTaOBUGTXOV.

terre en Angleterre, depuis la mir&ce jusqu'aux plus grandes profondeurs où il put descendre , sont

disposées par couclics; que, daus un grand nombre de ces couches , il y a des coquilles et d^autres productions marines. 11 ajoute que , par ses corrcspondans et par ses amis, il s'est assuré que dans tous les autres pays la terre est composée de même , etqu^on y trouve des coquilles , non pas seulement dans les plaines, non pas en quelques endroits , mais sur les plus hautes montagnes , dans les carrières les plus profondes, et en une infinité d'endroits. 11 a vu que les couches sont horizontales et posées les unes sur les autres, comme le seraient des matières transportées par les eaux et déposée en forme de sédiment.

Rien de plus juste que ces observations : mais le système de Woodward , malgré les faits très réels sur lesquels il a voulu Tappuyer , n'en est pas moins inadmissible. Nous ne nous arrêterons pas à relever toutes les difficultés insurmontables qu il présente ; contentons-nous de faire remarquer combien il est absurde de supposeï^ qu'il ait jamais pu se trouver assez d^eau sur le globe pour en liquéfier toute la substance ; même quand , d'après l'hypothèse de Tauteur ,on le supposerait miraculeusement réduit en poussière.

Whiston , compatriote de Woodward , écrivait vers le même temps un ouvrage (1) moins riche en observations positives , mais remarquable par des idées ingénieuses et quelquefois singulièrement bi-

(l) Théorie de la terre. Londres, 169G. ^

narres II s'efforce surtout de rester scrupuleusemcDt d'accord avec le texte de la Genèse. Suivant lui f la terre était autrefois une comète , oti tous le« élemens confondus ne formaient qn'un vaste abtme. Les yapenrs grossières qoi Tentouraient de tontes parts y jetaient nne obscurité étemelle : Et

les tànèhros couvraient la face de l'abîme.

Dès le lendemain de la création , tout fut plus stable sur notre terre , qui devint planète et prit une forme spbérique.. L'atmosphère fut débarrassée des parties grossières qui Tobscurcissaient , et qui retombèrent à la surfiusedu globe ; et Fair épuré , laissant un libre passage «M rayons du soleil , lui permit de briller , pour la première fois , h la surface de notre terre. Ainsi fut exécutée la volonté du Très-Haut lorsqu'il dit : Que la lumière soit faite^

Wbiston 9 après avoir chercbé à expliquer d*Qne manière analogue tous les détaib de la création , arrive an déluge. Suivant lui , ce grand désastre, fût le résultat du passage d'une comète dont la queue rencontra notre terre ; notre globe , se trouvant enveloppé pendant 40 jours dans sa vapeur épaisse et aqueuse , fut inondé , durant tout ce temps ^ d'une pluie si abondante, qu'en deux jours elle aura pu verser autant d*eau qu'il y en a aujourd'hui dans • ^Focéan tout entier. Les vapeurs de la queue de la comète furent donc les cataractes du ciel que Dieu ouvrit , suivant les paroles de la Genèse : Et les ca^ iaractes du ciel furent ouvertes.

L'auteur aurail; pu , avec cette pluie seule prolon-, gée pendant quarante jours^ rendre raison du déluge,

8 * IHTAODUCXION.

quand même on supposerait que Peau e&t couycrt

la terre à une hauteur encore plus grande que celle qui est fixée par TEcriture sainte. Mais , pour ne pas B^écarter du texte sacré , il ne donne pas pour cause unique du déluge cette pluie tirée de siloin ; il prends dit Bttffon^ de Teau partout où il y en a, et il suppose que la comète ^ eu approchant de la terre , aura exercé sur toute sa masse une attraction en vertu de laquelle les liquides contenus dans le grand abîme (car lui aussi admet un grand abîme d'eau aU'-dessous de nos continens ) auront été agités par un mouvement de reflux si violent, que la croûte superficielle ne jtri vant résister , elle se sera fendue en divers endroits y' et les eaux de l'intérieur se seront répandues k sà surface : Et les sources de VaMme furent ouvertes^ dit encercla Genèse.

Ainsi Whiston explique avec la même facilité la création et le déluge , tels qu'ils sont racontés par Moïse. Il n'est pas plus emliarrassé pour rendre compte de la figure de la terre , de la longae vie des premiers hommes , même de leurs passions désordonnées. Oui pourra donc Parréter? quelle difficulté sera pour lui insurmontable? L'arche de Noé, qui fut le salut du genre humain , est Técueil contre lequel vient se briser «on système. Comment, en e0et) expliquer par de» causes naturelles sa conservation au milieu du bouleversement de toute la nature , quand les eaux de la queue de la comète d'uii côté , et les torrens du grand abîme de . l'autre , inondaient, renversaient, détruisaient tout, jusqu'aux plus grandes profondeurs de la terre P <» On

sent, dit Buffon, combien il est dur pour un homme çui «a. explic[ué de si grandes choses sans avoir recourt aâ mirade ni à ime^ puissance surnaturelle , d*étre affrété par une oireonstanise particoli^e. Aussi notre auteur aime nneux courir le risque de se noyer avec Farcke , que d'attrilnier comme il le devait , à la volbnté du Tout-Puissant la conservation de ce précieux vaisseau. »

Je serais inexcusable si, en parlant du système de Whiston, j'omettais de faire connaître nneopi» nion qa'il afvan^a le premier sans preuyes, on pin- • tSt sar des suppositions entièrement fiiusses , et qui vient d'être confirmée par des expériences récentes. 11 pense qu'il existe dans le globe un noyau central, qui s'y trouvait déjà lorsque la terre n'était encore que comète , et qui , s' étant prodigieusement échaufié en approchant très près du soleil , conserye depois ce temps nne grande partie de la haute température qn^ll avait aeqcnse. Four n^étre pas trop étonné d'une pareiHe opinion , il est important de ne pas perdre de vue jusqu'à quel point les comètes s'échaulFent quelquefois. En 1680 , il en passa une si près du soleil, qu'elle dut, par ce voisinage, suivant les asti^Boméâ , aeqnérûr une tenq^érature deux raille fois plus élevée que celle â'un îtw rouge, et qu'il lui fou* dra cinquante miUe ans potir se refroUir. On peut donc Men supposer que le noyau de notre terre soit encore brûlant, puisque l'époque de son échauffement peut ne pas remonter à plus de six mille ans.

'Quoi qu'il en soit, une des observations les plus curieuse» de ces dernières années est celle qui mon-

Digiti^ca by

20 iHnoïkvcnov.

tre que la température s'élève d'une manière graduelle et constante à mesure qu'on s'enfonce davantage vers le centre de la terre , et qui conduit à la supposition d'une olialcur interne qui ne peut man* ^er d^étre très «considérable. Mais je ne yeux pas. anticiper sur ce que j*auraî à dire à cet égard.

On peut sans inconvénient passer sous silence les autres systèmes qui, avant Buffon , ont été inventés sur la formation des planètes, le déluge, le sort futur de la terre, etc. Cependant, Loibnitjs Ayant donné son avis sur ce ^ujet^ je ne peux m' empêcher de dire ce qu'il en a pensé.

Suivant lui, les planètes sont autant de petits- soleils qui, après «ViHr brûlé long-temps, ont 6ni par s'éteindre, faute de matières combustibles, et sont ainsi devenus des corps opaques. Aussi le feu a-t-il , par la fonte des matières , produit , selon lui, une couche vitrifiée , et tous les corps qui se trouvent à la surface des planètes sont ou du verve réduit en très petites parties comme le sable , ou du verre mêlé aux sels fixes et à Teau. Dès que la surface de la terre ftit refroidie , une très grande quantité de Teau qui avait été réduite en vapeur retomba, et forma les mers et la totalité de la masse des eaux telle que nous la voyons aujourd'hui.

Vers le milieu du dix-huitième siècle , un écrivain (MaiUêt) , qui jugea à propos de se déguiser sous le masque d'un philosophe indien, exposa ses idées sur la formation de notre globe, ce qu'il a été et ce qu'il doit devenir. Son ouvrage obtint un grand succès I et il le méritait à quelques égards. Il est , en

SYBTta». 11

effet, écrit avec esprit, et rempli d'observations très justes, particulièrement au sujet des débris marins. Quant aux conséquences qu^il en tire, elles ne sont pas admissibles , il est vrai , dans Fétat actuel de la science , mais elles sont en partie ce qu^elles pouvaient être à Tôpoquc où Tauteur écrivait. Voyant des traces du séjour de la mer jusque sur les plus hautes montagnes , et se croyant même autorisé à regarder tous les continens , sans exception , comme formés dans^'intérieur des eaox; s^appnyant d^ailleurs sur des observations qni lui paraissaient proa^ ver, d'une manière irrécusable , que toutes les mers diminuent encore progressivement et abandonnent leurs rivages , il ne pouvait guère supposer autre chose y si ce n'est que notre globe ayant d'abord été le^ntièrement recouvert d'eau » cette mer immense avait pea à peu formé dans son sein les' montagnes, dont le «ommet commença à se trouver à découvert par b retraite des eaux ; que cette retraite continuant toujours, la surface entière de nos continens s'était enfin trouvée à secj qu'elle augmente encore tous les jours, et que de nouvelles ûes sortiront bien* 'tôt du sein des flots , tandis que les anciennes ne tarderont pas à se réunir aux continent par la retraite des portions de mer qui les en séparent. Ces conséquences , auxquelles quelques géologues paraissent vouloir revenir, sont au moins Irès-hasardées, çt ne reposent que sur des faits ou mal observés, ou entièrement faux; car l'étude plus éclairée des débris fossiles a prouvé, comme nous le verrons Hentôt, que si la mer a réellemeni recouvert tous ,

12 IKTIOIIUQTIOH.

les continens, elle n'a très probablement jamais pu les monder ^u^en laissant à sec une partie de son ancien fond ; en un mot , qu'elle a souvent , et d*iuie manière milûte, changé de lit, mais que, «nivant toute apparence i elle n^a jamais couyert à la fois la surface entière de la terre.

Une chose assez curieuse , c'est que ces idées de re- • traite progressive de la mer, et même de révolu- . tions produites par u|i changement de lit de Tocéan, se troorent dans plusieurs auteurs anciens. Hérodote était persuadé « ^ne la mer avait autrefois couvert

• toute la basse Egypte jusqu^àHemphis; il avait la

# même opinion de plusieurs antres pays , tels que les campagnes dlliou , de Theutrane et d'Ephèse,

» et les plaines qu'arrose le Ménandre (I).

» Sénèque, qui, dans des vers devenus célèbres, » paraîtrait au premier aspect avoir prédit la décou- » verte de V Amérique , n^a probablement voulu dire » autre chose si ce n^est que quelque jour la mer 9 se retirant des lieux qu^elle couvre aujourd'hui , » découvrira de nouvelles terres , en sorte que Thulé » ne sera plus regardée comme Textrémité du » monde (2). »

Pline fait une longue et exacte énumération des

(1) Si qilidem quod inter prsedictos montes supra Mcmphim urbem positos médium est^videtur mihi sinus maris aliquando fiiiafe quemadmodnm ea qua; sunt circa Ilium ^ .et T]ieu(ra« aisitt) et Ephesum , et Meandri planitiem. (Hbeqd. lib. 2« )

(2) Teiiieiit annis seeuU seris

• Qaibusooesnusyvinciila teium

ST8TSMES.

terres que la mer a abandonnées , de celles qu*eUû a comrertesy des fies qui ont para nonyellement, et de celles qni ont été jointes aux contînens (1).

« J*aî vu » , dit Ovide i&iisant parler Pylhagore dans ses Métamorphoses ; « j'ai vu ce qui était pré- » cédemmcnt une terre-ferme devenir tout d'un i) coup une mer ; j'ai vu au contraire des terres sor- » tir dn sein de Tocéan, et leurs terrains semés de I» ooquiUes nées dans le sein des emuf (2). »

« Nous savons 9 dit aussi Apulée , que des conli- 9 nens ont été changés en tles , et que , par la re- » traite de la mer , des Ucs ont été jointes aux cou- » tinens (3). »

Quant à ce que dit le prétendu Telliamed sur la destinée future de notre terre , qui doit être de changer de soleil quand le nôtre sera éteint , après avoir erré dans Tespace de Tempyrée , comme il prétend que cela nous est déjà arrivé à Tépoque du déluge,

Lstet. Et ingens patet telliuK llietisqae novos detegat orhis, Rex sit terris nltima , Thaïe.

Sensc. Med. , Qct. U.

(1) Flîn., hist. lib. 2, cap, 37 et seq.

(2) Tidi ego quod fuerat quondasi solidissima telius

Essefretum. Yidi lacias ex «quore terras ,

BtpiocalapelagooonoluB jacnefe mariiUB.

Orid.Metylib.15.

(3) Illts etiam ( scimus ] quœ prias faenmt eonCînenleSf

hospitibus atquc advcnis fluctibua insulatas , alias desidia - maris pedestri accessu perrias factas. (Apul., de mundo.)

14 iHTHODireTKm.

expliquant parlà cette grande catastrophe et la Ion- ^ gneur différente de Tannée ayant Tépoque où elle euk Heu, ce ne sont que des rêves auxquels la connaissance du yéritable système des^ieux ne permet pas

de s'arrêter , et qui , sous ce rapport , diffèrent beaucoup des imaginations de Whiston , d'une partie desquelles on peut dire au moins que si elles sont bizarres, elles ne i;ont cependant pas absolument contraires aux lois de la nature.

Quoique L^opînion de Maillet sur Torigine de la race humaine ressemblé k celle d^un célèbre naturaliste de nos jours (1), je n'ose presque la faire connaître, tant je sens qu'elle paraîtra ridicule et choquante. Suivant lui , nos premiers ancêtres ont été des poissons , qui , devenus d^abord animaux am* phibies quand les premières terres furent mises à sec y se sont transformés enfin en animaux tout-kfait terréftres. Il ne craint pas d^appuyer son opinion sur les contes les plus ridicules de sirènes, de tritons, ou hommes marins, d'hommes à queue, d'hommes à une seule jambe et à une seule main. Quelquefois il défigure de la manière la plus singulière des histoires véritables : c^est ainsi qvCil <iroit pouvoir tirer un grand parti de la découverte que fit un vaisseau anglais , dans les parages du Groenland , d'un grand nombre d'Esquimaux qui y naviguaient avec leurs chaloupes. Les Anglais parvinrent à prendre un de ces malheureux , qu'ils curent la barbarie de laisseif mourir de chagrin , et peqtr

(1) H. de Lanvck. .

être de faim , k leur bord ; car , comme on ne luv préaentait que des alimens tout-k-fait di£féreii8. dfi ceox auxquels il était accoutumé , il les refusa pres^ que constamment ,,«t mourut au bout de vingt jours, sans prononcer une parole. On conservait la barque et Thorame dessédié , à Hall en Angleterre , dans la salle de Famîrauté; et Mailkl pousse Tignorance jusqu'à croire que le corps do ce malheureux était tout couvert d'écaillés de la ceinture jusqu'au bas, et qu'il ne possédait pas encore la voix (1),

Si un homme , dans le dernier siècle , avait pu sans témérité se flatter de faire adopter une théorie

delà torrn j c'eut été à coup sûr notre illustre Bufl'on : 8a situation dans le monde savant, son nom, son beau génie y tout se réunissait pour donner du poids à ses opinions. Son système cependant n^a pu être soutenu par tout l'éclat de sa gloire ; et je crains même , en cherchant ici à en donner une idée , qu*il ne paraisse trop au-dessous de son auteur.

Bufifon, considérant que les six planètes connues de son temps avalent toutes une direction commune d'occident en orient , et que rinclinaison de leurs orbites n*excédait pas 7 degrés 1/2 , en conclut qu^une seule et même cause doit les avoir primitivement mises en mouvement ; et , suivant lui , cette cause ne peut être autre qu'une comète, qui, tombant dans

(i) U y a quelque temps , un écrivain n'a pas eu honte de nf réduire toutes ces inepties dans un* ouvrage destiné k l'inttniciion des gens du monde.

le soleil et le heurtant obliquement , en aura séparé une portion assez considérable pour former toute» les planètes connues alors , et qui , avec leurs satel*lites y formaient une masse (1) égale à la 660« par» tie de celle du soleil.

Dans Tétat actuel de la science , il serait biendtf* fidle de supposer que le choc d^une comète pût pro duire un pareil résultat; et, diaprés des observations récentes , ces astres paraissent formés d^une substance beaucoup trop légère pour qu'on ait rien à en redouter de semblable. La ténuité de qnelquesuns d'entre eux est même telle , que les étoâes de moyenne grandeur peuvent être aperçues an tnavers

(l) Il est important de ne pas eonfimdse la. masse d'an

corps avec son j^lume. Quand on parle de voliune , on n'a jamais égard quWx dimensions du corps j le Yolume exprime toujours la place que le corps occupe dans l'espace. La densité est plus ou moins g^randc , selon que la matière du corp» est plus ou moins serrée ; c'est elle qui détermine sa pesanteur. La masse dépend à la fois et du yolume et de la densité^ elle est représentée par le poids. Deux corps de même poids ont nécessairement même masse. Dne livre de Bois offire au* tant de masse qii^ime livre de duvet on tme livre à^ot f mais comme le bois est beaucoup plus dense^e le duvet 9 et beaucoup moins que Por , la livre de bois a un volume beaucoup moins grand que la première | et beaucoup plus considérable que la seconde.

Le soleil est un million de fois aussi volumineux que la • terre j mais comme sa densité n'est que le tiers de celle do notre planète , sa masse nW que de trois cent ttenCe mffle fois plus grande.

de l«iir nogran. Mais à Tépoque où Bnffon écrivftît, on se ftasait une tout autre idée de la dmreté da

corps des comètes. Partant d'une loi de Newton sur la densité des planètes qui doit être proportionnelle à leur distance du soleil , et rappliquant mai à propos aux comètes, on trouvait pour certaines d^entre elles une densité énorme. Celle de 1680 , par exemple , qui passa si près du soleil <pi*eUe n*^ fut quelque temps éloignée qUe de la 6* partie du dia- . mètre de cet astre, aurait dû être, d'après c^te loi, volume pour volume, 28 mille fois plus pesante que la terre, ^tll2 mille fois plus pesante que le soleil; de sorte qpe cette comète, en ne lui supposant que la lOQ* partie du yolume de la terre (ce qui en fait une ex* cessiyement petite comète) , aurait encore eu une masse égale à la 900« partie de celle du soleil. Il est donc évident que cette comète , toute petite qu'on eût pu la supposer , aurait été capable , vu Textréme vitesse avec laquelle les corps célestes se meuvent dans le voisinage du soleil, d^en détacher une masse ^ale à la dSO» ou au moins à la 990* partie de cet astre.

D'après les notions nouvellement acquises sur la ténuité du corps des comètes , leur chute dans le soleil , quand même elle aurait lieu , ne serait donc pas swvie des accidens qu'un grand nombre d'astronomes avaient supposé jadis devoir raccompagner. Mais une comète peut-elle tomber dans le soleil? Pour peu qu'on examine leurs cours , on se persua*dera qu'il est presque nécessaire qu'il y en tombe quelquefois. Celle de 1680 eu approcha si près , qu'à

18 imatoi^irmovr.

son périhélie clic, n'en était pas, comme nous veinons de le dire , éloignée cke î|k 6« partie du diamètre fiolajre ; et si elle revient, comme il y a appa- . rence , en 2255 , elle pourrait bien tomber cette fois dafis le soleil ; cela dépend des rencontres qu^elle aura faites sur sa route, et du retardement qu'elle a souffert en passant dans ratmosplièrc du soleil. £n suivant les idées de Buffon , supposons iionc

I , avec lui qu'une comète en heurtant lO'Soleil a pu en détacher^ 650« partie de sa masse : cette partie ne sera pas, comme on pens^, àFétatsolûle; mais, liquéfiée parla chaleur, elle s'échappera sous larfbrme d'un torrent , dont les parties les plus denses se sépareront des moins denses, et formeront, par leur attraction mutuelle , des glohes de différentes matières. Saturne, composé des parties les plus grosses et les plus légères, se sera le plus éloigné duso* leil; ensuite Jupiter, qui est plus dense que Saturne, se sera moins éloigné , et ainsi de suite pour Mars , la Terre , Vénus et Mercure.

Mais ce n'est pas tout : Texpérience nous montre journellement que si le coup qui sépare d'un corps une partie de sa masse le frappe dans une direction oblique y la partie séparée s'échappe en tournant sur eUe-méme jusqu'à ce que l'attraction l'ait ramenée à la surface du sol. C'est ce qui est arrivé aux planètes; mais comme la force centrifuge les retient à distance du soleil, elles conservent, tout en faisant leur révolution autour de cet astre, le

y mouvement de rotation sur elles-mêmes, qui nous donne les alternatives du jour et de la nuit.

Poursuivons , et passons à la formation des satellites: K L'obJiquité dtt coup a pu être telle, qu^il se sera séparé du corps âé la planète principale de petites parties de matière qui auront conservé la même direction que la planète même: ces parties se seront unies , suivant leurs densités , à diiFérentes • distances de la planète, parla force de leur attraction mutuelle ; et en même temps elles auront suivi nécessairement la planète dans son cours autour du soleil y en tournant ellesHBiémes autour de la planète , à peu près dans le plan de son orbite. On voit bien que ces petites parts que l'obliquité du coup aura séparées sont les satellites. Ainsi, la forma* tion, la position, et la direction des mouvemens det satellites s'accordent parfaitement avec la théorie. »

Bufibni ayant expliqué ainsi la fbraation des planètes et de leurs satellites , entre dans des détails assez étendus sur. le temps qui a dû être nécessaire à chacun des corps de notre système solaire pour passer, de ^l'état d'incandescence (1) où ils se trouvaient au moment de leur formation , à une température qui les rende habitables.

Nous ne suiyrons pas notre grand natnndiste dans ses conjectni^s sur ce sujet; ofi^trouvera dans les notés à la fin de l'ouvrage (2) un énoncé des résultats auxquels il fut conduit pour chacune des planètes et de leurs satellites *, tous sont déicctueugiL,

(1) L^incandescence est Tétat d'an corps chauffé jusqu'au blanc

(2) Voyes note première.

iVTBODVcnoir.

et quelques-uns totalement opposés à ce que la théorie delà chaleur, créée de nos jours par M. Fourier, nouB a appris de positif sur le même objet.

Je termine en exposant les opinions de Buffon sur la formation snccessiye des mers et des terres.

La température élevée du globe terrestre pendant « son état de fluidité , et nicme long-temps après sa solidification , ne permit pas à Teau contenue dam Tatmosphère de tomber à sa snrfiice; mais quand ^ par la suite des siècles ^ les pôles commencèrent à se refroidir, Fean y tomba , et il se forma , aux environs de chaque pôle , de vastes mers qui forent le résultat des pluies continuelles que l'attiédissement de ces régions y provoquait.

Il se forma , par la même raison , sur le sommet de tontes les montagnes un peu élevées , des lacs ou grandes mares qui se sont depuis écoulées sur les terres basses. Quant aux mers polaires, elles s^étendirent sur la surface du globe à mesure que son refroidissement graduel le permit, tandis que les lacs des montagnes formaient des bassins et de petites mers intérieures dans les parties du globe auxqpieL' les les grandes mers des deux pôles n^avaient pas * encore atteint Ensuite les eaux eontinnèrent à tom* ber^ toujours avec plus d^abondance, jusqu'^fentière dépuration de ratmosphèrc. Elles ont gagné successivement du terrain , et sont arrivées aux contrées de Téquateur, et enfin elles ont couvert toute la surface du globe y à 2,000 toises de bauteur au-dessus du niveau de nos mers actuelles.

La terre entière était alors sous f empire de la mer,

STSTÈMES

k Texception peut-être du sommet des montagnes pnmiUyes , qui n^ont été , pour ahxri dire , que !«• yéew et baignées pendant le premier temps de la chute des eaux , lesquelles se sont écoulées de ces lieux élevés pour occuper les terrains inférieurs dès qu'ils se sont trouvés assez refroidis pour les admettre sans les rejeter en Tapeur. Les sommets de ces montagnes furent les premiers lieux où se manifesta la nature organisée , et elle s^y développa d*abord avec la plus grande énergie. Ils se couvrirent donc de grands arbres et de végétaux de toute espèce , qui furent bientôt après précipités dans les ûots et transportés au loin par eux.

A la même épo^e, toutes les mers se peuplèrent aussi d^habitansy dont les débris, ensevelis avec ceux des végétaux des montapies , se précipitèrent au fond des eaux qui ont fait place à nos contincns.

On demandera peut-être comment ces continens ont pu être mis a découvert. Aien de plus facile à expliquer dans les idées de Bnffon; car il était ar^ rivé à la terre I en se refroidissant, ce qu'on re* marque sur tous les corps qui passent d^nne très baute température à une autre moins considérable : il existait à sa surface , non-seulement des bosses et des cavités , mais encore des boursouflures qui formaient d'immenses cavernes, au-dessus desquelles la mer reposait d'abord, mais dans lesquelles elle se précipita dans la suite, lorsqne la niasse des eaux eut miné et brisé , par son poids , la eoudie de terre assez mince qui les recouvrait. L'abaissement pro<<

$2 IlfTHOSUCTIOrf.

duit dans le niveau des mers par r^cotdement des eaux q[ai-r6iiiplirexit ces cavernes, qvL^on peut supposer aussi grandes et aussi immenses qu^on le voudra , mit donc à sec les térrains que nous habitons

•aujourd'hui, et qui, comme on voit, ont tous été des fonds de mer , dans Fopinion de Buffon , comme dans celle de la plupart des auteurs qui avaient fait ayant lui des systèmes sur le même sujet. Mais son système n'emporte pas , comme celui de lAaillet par exemple , que la mer continue encore li baisser progressivement, de manièrç à laisser un jour notre planète tout-à fait à sec.

Les idées systématiques de Buffon sont les dernières qui aient joui en f rancc d'une certaine faveur. Quant à celles qui ont pu être émises par des auteurs encore fivans, je n^oserais entreprendre d^en parler moi-même , et )e suis trop heureux de pouvoir me mettre à couvert en me bornant à transcrire le petit exposé qu'en fait un naturaliste à qui la gloire de ses travaux semble avoir donné le droit d'une juridiction absolue sur toutes les parties de la science .

« De nos jours , dit M. Guvier , les esprits , plus libres que jamais, ont aussi voulu s^exercer sur ce grand sujet. Quelques écrivains ont reproduit et prodigieusement étendu les idées de Maillet : ils disent que tout fut fluide dans Torigine ; que le fluide engendra d'abord des animaux très-simples tels que les monados ou autres espèces infusoires et micrpscopiqnes i que par la suite des temps , et en prenant des bsdbitiides divdrseai les races de ces

systIkbs. 2f

animaux se compliquèrent et se diversifiùrent ail point où nous les voyons aujourd'hui. Ce sont tou* tes CCS races d'animaux qui ont converti par i»* grés Veau de la mer enterre calcaire. Les végétftux i sur Forigine et les métamorphoses desquels on ne *nou8 dit rien , ont converti , de leur c6té , Feau en argile ; mais ces deux terres , à force d'être dépouillées des caractères que la vie leur avait imprimés/ se résolvent, en' dernière analyse , en silice ; et yoilà pourquoi les anciennes montagnes sont plus siliceuses que les autres. Toutes les parties solides de la terre doivent donc leur naissance k Ja vie ; et, sans la vie, le. globe serait encore entièrement

liquide (1).

» D'autres écrivains ont donné la préférence aux idéesde Kepler. Comme ce grand astronome^ils accor dent au globe lui-même les facultés vitales : un fluide, selon eux, y circule ; une assimilation s*y fait aussi bien qu dans les corps animés; chacune de ses parties est vivan^e;il n'est pas jusqu'aux molcc ules les plus élémcntaircsqui n'aient un instinct, une volonté, quiuû s'attirent et ne se repoussent d'après les antipathies et les sympathies. Chaque sorte de UMaéraLpeut convertir des masses immenses en sa propre nature , comme nous convertissons nos alimens en chair et en sang.

(l) Voyez la physiqucMlc Prodies , pa{;. lOG^Leipsig, 1801* et la pag. 169 du 2ti (ome de Telliamcd. jîf . delAinarckcst ccliu qui a développé, dans ces derniers temps , ce système avec U plus de suite et de sagacité dans son Ujdrpgéologie et dans ta Philosq^ie géologique. *

24 IRTKODITQTIOll.

Les montagnes sont les organes de la respiration du globe, et les schistes ses organes sécrétoires ; c'est par ceux-*ci q^u'il décompose Teau de la mer pour engendrer les déjections volcaniques. Les filons enfin sont des caries , des abcès du règne minéral , et les métaux un produit de pourriture et de maladie ; voilà pourquoi ils sentent presque tous si mauvais (1).

» Il faut convenir pourtant que nous avons choisi là des exemples extrêmes » et que tous les géologistes n'ont pas porté la ' hardiesse des conceptions aussi loin que ceux que nous venons de citer ; mais parmi ceux qui ont procédé avec le plus de réserve, et qui n'ont point cherché leurs moyens hors de la physique ou de la chimie ordinaire , combien ne règne-t-il pas encore de diversité et de contradiction l

» Cheie l^un , tout est préc^ité successivement , tout s'est déposé à peu près comme il est encore ;

mais la mer y qui couvrait tout^ s'est retirée par degrés (2).

I» Chez Tautre , les matériaux des montagnes sont sans cesse dégradés et entraînés par les rivières , pour aller m ^nd des mers se Cadre échauffer sôns une énorme pression , et fermer des couches que la

(1) M. Patrin a mi« beaucoup d'esprit à soutenir cette manière de voir, dans plosimiTS articles du Nouveau Dictionnaiie d'histoire naturellei

(2) M. DelamédieTie admet la cTistaUisaiion comme oaase principale , dans sa Géologie.

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