‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 2)Chapitre 21 sur 26 · R0TB · texte numérisé non relu

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mes vers la bouche , où alors sans avoir rien a craindre àm feu ou des cendres , nous pûmes découvrir pleinement le» anciens et les nouveaux canaux de laves et l'énorme monceau de cendres qui avait été vomi. Nous vimes un espace triangulaire d^enyiron deux acrés d^ étendue, qui nous parut être rancien lit ou caïud du feu : le fond était couvert de soiarri , «t la aurfaoe avait une croate de soufre : il était bofdé de dMque côté par ub grand banc dacendre. La montagne dont nous venona de parler a^éievûfc derrière , et il parait que )• feu avait passé entre ces deux bancs ; au coin supérieur.» sur une petite élévation de sciarri j il y avait un trou d'environ six pieds de large , par où il est probable que le feu sortait j et il doit j avoir eu plusieurs de ces trous qui , dans la suite y ae seront encroûtés ou auront été couverts de cendre. On voyait le feu couler au fond de ce trou^ et plus bas il y avait un xuisseau de feu ao-deasous des êciarri, qui y étant fendue dana une certaine étendue, nous permettaient dcToir eoulev le métal. La surfiice de oe courant peuraît avoir une Inraaao de largeur , quoiqu'il pût fort bien en avoir davantage endessous , le canal étant évasé par le bas. Nous ne pûmes en mesurer la profondeur , parce quUl était impénétrable aux instrumens de fer. Nous aurions bien vpulu nous procurer de cette matière à aa source, mais il noua foi impossible de Tentamer : peut**étre j avait-il des omirana dont la matière 4lait fAttê molle. H sovtait du canal,, maia aurtout du gianid tvou qui était au-dessus» une fumée snlfnreil^e , par laqu^itf quelques personnes de notre compagnie faillirent être éton£« fées. 11 s'élevait , d'un quart d'heure à l'autre , une colonne de fumée ou de cendre du milieu du sommet de cette nouvelle montagne, maia elle n'était nullement comparable à celle dont nous a¥Ona parlé ci-devaut.

Ia dernière loit qu0 mm iilmeaà Gatane, lea habitana

•^oocttpttMnt à bu ricader oerUines rues et passages par où l'on présumait que le feu pourrait emtrer : ils démolisaaieiil pour oela les TÎeiUet Hudtpns des enviroiit ^ et ilf en enta»* teieut le» pierres lèeliea en forme de muraille, prétendent «pfeUee réiittaient miens an feu , parce qu'il n^ aVait pae de clianx.

On assure que jusqu'à présent la lave s'est arancée d'un mille dans la mer , et qu'elle a tout autant de front : elle en ayait beaucoup moins lorsque nous y étions. Le bord de la mer va en baissant légèrement ^ elle a environ cinq brasses de profondeur à Pentrémité des marri f qip s'élèrent de In moitié autant an-desena de Tean.

La anr&ce de Peau était ai ohande à ringt pieds on pins de oes misseans de fou , qu'on ne pouvait pas j tenir la main, quoiqu'elle fût plus tempérée au-dessous. Les sciarrt conservaient leur feu sous l'eau , comme nous le vîmes lorsque 1^ mer se relirait dans le reflux.

La vue générale de ces sciarri ressemble asseï à des glanons amoncelés sur une rivière dans les grandes gelées : ils présentent de même un amas de gros flocons raboteux ^ mais leur oonlenr est tonte diilérente : ils sont la plupart d'nn bleu obsenr , et renferment des pierres et des rocs très-{^s , qpi s*j trouvent engagés d'nne manière trèe-solide.

Hais , malgré lenr âpreté et le feu ^e nous voyions Inîre ' à travers les fentes j nous nous hasardâmes à les parcourir en grande partie. On dit que d'autres en font autant dans la plus l^randc violence de l'éruption; car d'un côté, tandis que la partie brûlante et mouvante de ces sciarri , ou courans de fou y est si dure et si impénétrable qu'ils supportent les pins grands .poids^ de l'autre lenr snrfoce est aises froide pour qu'on puisse la foncber et la manier sans s'aperce* voir du fou (foi est en dedans | à moins qu'on n'en approche

nous.

de très-près, surtout pendant le jour. C'était une cbose étrange à voir que la lenteur du mouyement d'une aussi grande rî- Tière; car j lorsqu'elle approchait d'une maison ^ on ayait lo temps d'en emporter mm-teiilement les meubles ^ mais efr» core les tuiles | les poutres |*et tout ce ^'on pouTsit en e»* lever.

Pajonterai que tout le pays , jusqu''à Tingt miUes de Gft»' tane , est couyert de ces tieuz seiarri que les éruptions pré^ cédenlcs y ont amenés , quoique personne ne se souyienne d'aucune éruption aussi forte que cette dernière , ou qui se soit fait dans une partie aussi basse de la montagne. Malgré cela, le pays est bien cultiTé et bien peuplé, soit que le temps ait amolli les TÎeux seiarri, soit qu'ils aient été lecouTerts de terre plus meuble : il reste cependant beaucoup de cantons dont on ne pourra sans doute jamais tirer parti.

Le feu s^est étendu d^enyiron dtx-sepi miUes de lanceur sur trois milles de largeur.

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