‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 2)Chapitre 4 sur 26 · DES TREMBLEMENS DE TERRE · texte numérisé non relu

DES TREMBLEMENS DE TERRE

si elle est assez étendue , il en résultera une nouTelle pente en sens contraire de celle qui favorisait le cours du fleuve, qui dès-lors remontera réellement vers sa source , dans un espace plus ou moins grand. Il résulte ordinairementde ce mouvement rétrograde une accumulation d*eau, et des inondations au point de jonction de la nouvelle pente et de Fancienne. Le plus souvent ces inondations sont pourtant produites d'une manière difTércnte : elles résultent d'une digue instantanément formée par Téboulemcnt de quelque montagne, dont les débris, tombant dans le lit du fleuve, arrêtent subitement son cours. Lors du terrible tremblement de terre qui eut lieu à la Jamaïque en 1792, deux montagnes, par leur chute dans le Sixteen mile-walk, détournèrent si complètement son cours, que, pendant plusieurs jours, les habitaus croyaient la masse entière de ses eaux abîmée dans les entrailles de la terre. Les poissons qui restèrent à sec dans le lit du fleuve furent, dit-on, d'une grande ressource pour les malheureux menacés de la disette.

L'élévation des eaux de la mer , et les inondations qui en résultent sur les lieux qu'elle avoisine , sont naturellement le résultat de l'exhaussement de quelque partie de son fond, par suite duquel les eaux soi^t versées en abondance vers les côtés ; tandis qu'au contraire , dans les cas où la mei> laisse ses rivages à sec , on peut être sur qu'à une distance plus ou moins étendue, le sol qu'elle recouvre a subi quelques enfoncemens considérables dans lesses eaux se sont écoulées.

60 lETTRE II.

La formation des fissures est si facile à concevoir, qu'on voit tout de suite qu'elles sont un résultat né cessaire de Tagitation extrême du sol , des inégalités de niveau qu'il éprouve , et surtout du tassement plus considérable de certaines parties.

Quand on parle des tremblemens de terre , il est important, pour s'en faire une idée juste , de se souvenir qu'ils ne consistent presque jamais dans une seule secousse , plus ou moins prolongée, mais qu'on rattache , avec raison , à un même phénomène les secousses qui surviennent en quelques jours , même quand leur nombre monte à plusieurs centaines. Il est des tremblemens de terre qui ont duré plusieurs mois , même des années entières , ce qu'on a eu occasion de remarquer particulièrement dans l'Amérique méridionale. Quant à ceux qui ne se composent que d'une seule secousse , ce sont des phénomènes locaux et peu importans. Au contraire, les tremblemens de terre qui se font sentir dans une grande étendue de pays produisent dans la composition de la croûte minérale du globe des modifications assez sensibles. Les secousses se communiquent, dans ce cas , très-rapidement d'un lieu à l'autre , et elles parcourent quelquefois jusqu'à cent lieues dans moins d'une demi-heure ; mais le plus souvent la vitesse est beaucoup moins grande.

Les directions dans lesquelles les secousses se pro • longent sont ordinairement liées avec la figure du sol : le plus souvent ces directions ne sont pas douteuses; maïs, si les témoignages n'étaient pas d'accord , on saurait toujours à quoi s'en tenir, par la

connaissance de l'instant où la secousse a eu lieu dans tel endroit déterminé. Le bruit qjtn se produit dans ces ocoaiions a toujours été compàré à oeliii qwt israîe&tuA grand nombre de chariots ohaigé», «litralDés rapidement sur le payé.

Vous vous figurez peut-être , madame , que le bruit du tonnerre et la lumière des éclairs sont des accompagnemens naturels de phénomènes aussi terribles que les tremblemens de terre : il n'en est rien pourtant; les pins violentes secousses arrivent ordiaairement au miUaii én calme de Katmospfaère^'sdr Fétat de laq[aelle ils- ne paraissent aynir aucnde influence ; et si Taiguille aimantée offre à l'observateur, pendant leur durée, les variations rapides et désordonnées qu'on désigne sous le nom d'afTolemens , ces variations sont un résultat piurement mécanique de la secousse.

Le rétour des tremblemens de terre n^est soumis à aucune périodicité , dans quelque pays que ce solt. Ils n'ont aucun rapport avec les marées.

Quant à la fréquence des tremblemens de terre , elle est très^onsidérable ; et si ou réfléchit au nombre prodigieux de relations de ces phénomènes que nous ayons depuis quinze ou yingt siècles , au nombre infiniment plus grand qui a eu lieu à des époques plus reculées, et sur lesquels, faute d^bistoriens , nous n'avons point de renseignemens ; si, de plus, on considère que plusieurs de ces tremblemens de terre ont parcouru une grande partie des contincns, on restera convaincu qù^il n'est aucune partie de la terre oii Técorcc minérale n'ait été à plusieurs re*

,ptfim 0«Doii^e, bpiderarsée, dtrtofuée par cet ler«ribles phénomènes. Cette considération nous servira pour expliquer Tétat dans lequel nous trouverons .la partie la plus superficielle du sphéroïde terrestre.

C'est avec regret, madame , que je ni'ajperçoia que la longueur de oetle lettre ne ne permet »pat àfi rw» parler des voleans , doni je vont ayais d'abord .annoncé que je ^onlaîs toui ^inlretenir s. oe sera pour la prochaine lettre. Je vous envoie aujourd'hui les relations de deux célèbres treniblemens de terre, faites sur les lieux par des hommes qui avaient eu le bonheur d'échapper à ces désastres. De semblables détails^ que nous deTont à dea témoinaéolairéa,. feront tant doute plus propret Ji Tont donner une idée exacte de ces grandes calanités que tonlee que j'ai pu tous dire (1).

(OGesreUtiona ont ^placées à k ùn du volume (noies lUtlU).

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