‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 3)Chapitre 7 sur 24 · unu UT · texte numérisé non relu

unu UT

tombeàn, e-t Montmartre, en particulier, fut letn dernÛT refuge. Ne dirait-on pas que c'est piir nn TTai coup de In Providence que la nature a de noi jours placj si pr^s de leurs dépouilles l'homme célèbre qui a ii bien tu le» rcconuuitie , les classer, et les faire , pour aîiui dire , rerirre dant Dirin e«prit apriitant denèdei!

lÛa tlclie qui lui était impoiée n'était pu fceilc; les oavrieri qui traTaUlcnt dani 1m eanïtret tnovalent, îleatTrai, aaset fréquemmant dct diteii M plutdt dea vestigei faDiii]auztrtR-&agiIei;anMlei brisaient-ils autrefoia uns icrupule (et combien it milliers de ces os ont été aiiui enlevéi pour jamais à la curiosité des naturalistes !}. Ce n'ett qo* dcfoîi que l'attention est Gi£c mr ce genre de rechudm, qu'ils font tout leur possible pour lea coMerrer. Hais quel parti semblerait-il d'abord qu'on plt m tirer ? On en rencontre de buit ou dix espAsct iSférentea , et qui toutes étaient inconnoea datnatalistcs à l'époque où M. Cuiier a commencé ses tnt- TBUZ. Comment donc, sur la grande quantité d'es dont se compose un squelette, rcnir àbontdadiaisir arec certitude ceux qui appartiennent à <liai{ii* genre et à chaque espèce P Voici à-peu-prii oobment s'y est pris ce grand naturaliste,

La forme dei denti aonmises k son »T»m«n , Isor nombre, leur arrangement, le conTainqaîrentbieDr tAt qu'elles n'avaient pu appartenir qu'à des ai ' maux berbirores, et que n '

SES PÀLJlOTinERlUJIS , ETC. 179

y aient être rangés dans la classe des pachydermes (1). Cette classe est très>singulière , et elle a été longtemps mai connue par les naturalistes , sans doute parce que , tant qu^on ne considérait que les espèces yiyantes , elle présentait , entre les différcns genres qui en restent , des vides que les anciens genres remplissent d^une manière très-remarquable.

Ce fut surtout la considération des dents qui le conduisit à ces premiers résultats ; bientôt une attention suivie lui donna la facilité de distinguer celles qui appartenaient aux différentes espèces ; il reconstruisit ain6i artificiellement des mâchoires, puis des têtes entières , et le hasard en ayant offert postérieurement dans les carrières , elles ont confirmé tout ce quHl avait annoncé.

Passant ensuite à Fétude des pieds, et faisant pour leur classification un même travail , il est arriTé* à des résultats semblables , qu'il a également eu le bonheur de voir confirmer par des découvertes-ultérieures.

Il était parvenu ainsi à avoir des têtes de deux genres ; il avait désigné Tun de ces genres sous le nom de palœotherium ; il avait donné à Fautre celui d^anoplotherium. Il distingua parmi les anoploiheriums plusieurs sous-genres , et parmi les palœoikeriufM plusieurs espèces. Il avait également des pieds de plusieurs sortes , et c'était une tâche

(l) Les animanx désignés sous le nom de pachydermes,

qui sijpDÛfie cuir épais , £Drmaient une famille composée des

genres élé{^bant| tapir ^hippopotame*, cochon, et rhinocéros.

180 UTTU XIT.

qui n^était pas facile , que celle de rattacher à chaque tête les pieds qui lui convenaient. Les yolmnes respectifs des parties lui 'ont bien été de quelque secours dans ce nouveau travail : mais il a été bien plus guidé par les analogies que présentait chaque partie avec des espèces connues.

Ainsi, par exemple, la tête du palaectherium ayant beaucoup d'analogie avec celle du tapir , par le nombre , Farrangemcnt , la nature de ses dents et tous les détails de sa forme ; et d'un autre côté , une des sortes de pieds ressemblant beaucoup à ceux du même animal , M. Cuvier en a conclu naturellement que ces pieds devaient avoir' été unis à la tête qui s'en rapprochait par une analogie â. évidente.

Comme les palœotheriums contiennent plusieurs espèces différentes pour la taille , et qu'il avait des pieds de différentes dimensions , ce fut une grande conBrmation pour lui que de voir dans les pieds de même espèce des rapports de grandeur correspondans à ceux que présentaient les têtes.

Pour les anoplothcriums , il se conduisit de la même manière ; et comme il avait dans les têtes les preuves de l'existence d'un genre et de plusieurs sous- genres, il ne fut pas surpris de trouver des pieds analogues , qui différaient aussi assez entre eux pour se prêter aux mêmes subdivisions.

Je ne m'étendrai pas davantage sur l'historique de ces recherches ; vous comprenez de suite tout ce qu'elles ont d'ingénieux , et quelle connaissance profonde de la naturt» ellesi exigent. Qu'il me suffise

DIS VALSoTinaniis , etc. 181

de Tons dire que les troncs ont été recomposés comme les têtes et les pieds, puis ajustés ayec ces der- BÎers. Ce qui prouve d'une manière incontestable et la bonté de la méthode suivie dans ce travail , et la manière rigoureuse dont elle a été appliquée, c^est que toutes les découvertes d'animaux plus ou moins complets trouvés postérieurement ont con* firme ce qui avait été annoncé , sans que jamais on ait été obligé de rectifier les résultats auxquels Tanalogie .avait conduit d'abord.

Ce serait maintenant le lieu d^entrer dans quelques détails sur les caractères zoologiques de ces nou- Teaux genres , mais c^cst ce que je n^oserais entreprendre; car , outre la sécheresse du sujet, je me souviens que mon rôle est de vous' intéresser, si je peux, aux belles découvertes dont je vous parle, et qu^il ne peut aller au-delà. Je me contenterai donc de vous dire que le genre palsotherium diffère de Fanoplotherium en ce que les animaux qui le composent ont une dent canine saillante , à peu près semblable à celle que présentent les animaux de l'espèce du sanglier , moins saillante que chez ces derniers à l'état sauvage , mais recouverte dans son entier par les lèvres, comme dans l'hippopotame , le tapir et le cochon ; que l'anoplotherium , au contraire, est dépourvu de cette dent, et que de son absence il résulte que , bien que tous deux herbivores, ces deux genres devaient, relativement à leurs habitudes, présenter des différences assez marquées. Le genre anoplotherium , manquant de la canine qui distingue le palseotherium ,. devait ren-

182 LXTT&S l^IT.

fermer des animaux de mœurs plus douces; c*est aussi ce que rappelle le nom qu^on lui a donp^ , le mot ahoplothcrium étant formé de deux mots grecs qui signifient animalinnocent , tandis que palœotherium veut dire seulement animal ancien.

On distingue, dans les différens palsotheriums , relativement à leur forme extérieure, le grand, le petit , lé moyen , le gros , Tépais , le court.

Bans lesanoplothcriums , on distingue le commun, le léger , le lévrier. Je vous envoie le trait de celles de ces espèces sur lesquelles nous avons assez de données pour qu^oa ait cru , sans trop de témérité , pouvoir se hasarder à les représenter aux yeux ; et vous me saurez peut-être quelque gré d^y joindre aussi ce que Tanalogie peut nous apprendre de plus positif sur les lieux qu^ils habitaient, leur genre de vie , leurs mœurs , etc.

Grand palœotherium (voyez la planche).

« Cet animal avait la taille d'un cheval de médiocre grandeur ; mais il était plus trapii ; sa tête était plus massive, ses extrémités plus grosses et plus courtes. 11 n'est rien de plus aisé que de se le re« présenter dans Tétat de vie. » (Cuvier.)

Petit palœotherium (voye's la planche). « Si nons pouvions ranimer cet animal aussi aisément que nous en avons rassemblé les os , nous croirions voir courir un tapir plus petit qu'un chevreuil , à jambes grêles et légères : telle était sans doute sa figure. Un squelette presque complet de cette espèce a été trouvé à Pantin ; sa hauteur , au garrot, devait être ^e 16 à 18 pouces. « ( Cuvier. )

Bss PAutoTHimnnis, etc. 183

« On peut se faire une idée assez joste du palœo^ theriam moyen , en se le représentant comme un tapir à jambes grêles; il devait être, dans ce genre, ce qu^est le babiroussa parmi les cocbons ; sa hau-* ftear , ^|i garrot, était de 31 à 32 pouces. » (Cuvier. )

Nous ayons trop peu de données sur les trois antres espèces de palaeotheriums pour oser hasarder aucune conjecture sur leur forme.

Le squelette de Tanoplotherium a été reconstruit si complètement, qu'on ne peut conserver aucun doute sur Tapparence qu^il devait avoir quand ranimai était recouvert de ses muscles et de sa peau.»

Anophtherium commun {voyez la planche), u Sa hauteur , au garrot , était assez considérable ; elle pouvait aller à plus de trois pieds et quelques pouces ; mais ce qui le distinguait le plus , c'était son énorme queue : elle lui donnait quelque chose de la stature de la loutre , et il est très-probable qu'il se portait souvent, comme ce carnassier, sur et dans les eaux, surtout dans les lieux marécageux. Mais ce n'était sans dpute point pour y pécher. Comme le rat d'eau, comme l'hippopotame, comme tout le genre des sangliers et des rhinocéros, notre anoplothe^ therium était herbivore ; il allait donc chercher les racines et les tiges succulentes des plantes aquatiques. D'après ses habitudes de nageur et de plongeur^ il devait avoir le poil lisse comme la loutre ; peut-être même sa peau était-elle demi-nue <, oottime celle des pachydermes dont nous venons de parler. Il n'est pas vraisemblable non plus qu'il ait eu de longues oreilles , qui l'auraient gêné dans son genre

184 LiTTEB xnr.

de vie aquatique , et je penserais yolontîers qa^il ressemblait, à cet égard, à Thippopotame et aux autres quadrupèdes qui fréquentent beaucoop les eaux.

» Sa longueur totale , la queue comprise , était au moins de huit pieds , et sans la queue , de 5 et quelques pouces. La longueur de son corps était donc à peu près la même que dans un âne de taille moyenne; mais sa hauteur n^était pas tout-à-fiiit aussi considérable. 9 (Cuvier.)

Anoplotherium léger {voyez la planche). « 11 devait avoir un peu plus de 2 pieds de hauteur au garrot , et égaler le chamois en hauteur , bien que sa tête et ses os ne soient pas si gros ; mais cela tient à Fexcessive élongation de ses membres. Sa tête égale à peine celle de la corine. On voit qa^aiitant les allures de Vanoplotherium commun étaient lourdes et traînantes lorsqu'il marchait sur la terre, autant le ISger devait avoir d'agilité et de grâce. Léger comme la gazelle ou le chevreuil , il devait courir rapidement autour des marais ou des étangs, où nageait la première espèce. Il devait y pattre les herbes aromatiques des terrains secs , ou brouter les pousses des arbrisseaux. Sa course n^était point sans doute embarrassée par une longue queue; mais, comme tous les herbivores agiles, il était probablement un animal craintif, et de grandes oreilles très-mobiles , comme celles du cerf, Favertissaientdu moindre danger. Nul doute , enfin , que son corps ne fût couvert d'un poil ras ; et par conséquent f il ne nous manque que sa couleur pour k

DIS PALJMTRUinU , ITG. 185

P^^dre tel ipt^l animait jadis cette contrée , où il

^C^Ua en déterrer, après tant de siècles , de si fai-

"^ Testiges. Remarquons , en passant , qu^ainsi re-

^Hm de sa peau , s^il eût été rencontré par quel-

^^tes-ons de ces naturalistes qui yeulent tout classer

^"^près ■ les caractères extérieurs, on n^eût pas

'^^^nqué de le ranger avec les ruminans; et cepen-

^^t il en est à une assez grande distance par ses

^^sractères intérieurs , et très-probablement il ne

.^minait pas(l). »

Les espèces que nous venons de décrire appar*

(1) Les débris de pdsotheniuns et d^anoplotheriiiiiis se troor- ^ent dans les armoires delà grande salle des fossiles, nP* 16 ^t 17 , Ters le milieu de la salle , entre cenx.des lopUodons | ^Boni nous parlerons plus tard , et ceux qu^on a trouyés dans )es eavemes. On j pourra voir des tètes, des firagmens de tètes ^ de ■dLchoires de diverses espèces des genres palaotheriums, «noplotheriums et de deux autres genres voisins ; puis des jpieds de tous ces gentes, puis des os longs , enfin les os de leurs troncs. Cette série , contenue dans plusieurs anaoires , me continue encore dans des boites vitrées placées an-dessus ^'elles. " .

On doit surtout remarquer au-dessus des armoires des portions considérables des squelettes de raUcplotherium commun, irenuffquable par la longueur de sa queue , du paliBotherium «nagnnm , et du palseotherinm minus , encore incrustés dans le jiâtre qui leur sert de gangue. Ces squelettes presque en- "liers sont ceux qui ont fourni nue confirmation si éclatante ^e la justesse des vues de M. Gnvier , qui , sur la vue d'os ^part , avait indiqué d'avance la forme de ces animaux inconnu.

ticnDent tpétùtUmuA ma hunn dans leqael m troore Paris, et il cit mmi reawiqwJiit q[B*«aMi lo renoontre nnlla part nUeon. <hi « ocpontal déoooTert des indiridiu ' cppartenaBt anc iMiM genres dans quelques endroits de la Anonusc on im pays voiains; par exemple, aox enrirons de fwf en Yelay, près d'Orléans et de MimtpellkrA f^ rait que les os de ces deux derniers endroits aj^ptftiennent à une seule et même espèce.

Quant auxplàtrières des environs de Paris, iesaaîmaux des espèces dont nous ylmons de puiler , ctfn 8^ rencontrent en si fprand nomlire, sont aoMÎ presque les seub qu*on j trouve. 11 fiiot pourtsit faire une exception pour Iti tortues » qm paraineit avoir été fort* abondantes dans nos environs avee les palseotherinms et les anoplotheriôins.

Peut-être, en ne voyant que des animaux berbiyores pour habitana de nos contrées , vous fidtes^ vous une idée séduisante de la vie qu'ils devaient y mener dans ces temps reculés ; mais n'allez pas Uùf tôt vous presser d'en conclure que de tout temps le territoire de Paris a été un lieu privilégié , de sunière ou d'autre , ppur fdrmer le plus agréable s^ jour de la terre. Je suis ^âcbé d'être obligé de voib les dire, mais nos doux anoplotberiums ne devaieBk pas toujours jouir en paix des lieux qu'ils ani- ' maient par leur présence : des animaux oarnassien leur faisaient la guerre , et la révolution qui les s détruits a enseveli avec eux leurs cruels persécateurs.

Le plus fort, le plus cruel, le plus terrîMecs*

n» PALBoniinnw , itg. 187

nemi desbabîUiia de nos contrées, était an animal de la Bunille des ratons, dont la taille égalait presque celle du loap, mais qui, diaprés la forme de ses dents , devait surpasser de beaucoup ce dernier en ftrocité. Il ne derait le céder, sous ce rapport, à ancun des animaux actuellement vivans ; ce qqe rendent évident la grandeur de ses dents , leur forme tranchante , et les indices qui nous restent sur la vigueor de ses mâchoires.

Il existait aussi dans nos environs un animal du genre canis , dont on a trouvé une mâchoire trèsbien caractérisée, mais qui n^appartenait à aucune des espèces actuellement vivantes ; il présente , en effet , des caractères qui le distinguent très-positi- Tement de nos chiens domestiques, des renards, des chacals et des loups.

Ajoutez au nombre des animaux redoutables de ce temps-là j un carnassier du genre des genettes > et un autre du genre des civettes.

On a trouvé également dans nos plâtrièrcs un squelette de sarigue , remarquable par sa très-belle conservation ; je ne vous en dirai rien de plus (1).

Je ne m^étendrai pas davantage sur deux espèces , du genre des pachydermes , qui vivaient dans notre pays avec les palxotheriums , mais qui paraissent y avoir été beaucoup moins communes , si on en

(1) Les débris de tons ces animaux se trouvent à la suite de ceux des palœolheriums et des anoplotheriums. On voit aussi tout près, des débris de palœotberiums étrangers au sol do Paris , et dont la plupart viennent des environs d^Orléans.

188 UTT&X XIT. 918 PALJtOTHK&nnn XTC.

juge par le petit nombre de débris qu^on a < jtt8(pi'ici; à peine a-t-on recueilli assez de 1 pour établir leur existence d^une manière p Enfin, c^est seulement pour ne passer c ment sous silence rien de ce qui peut se ratt Thistoire d^animauz. si intéressans pour nous, ayant été les premiers quadrupèdes terresl ont babité le sol que nous foulons aujourd^b je vous dirai qu^on trouve , dans différentes de la France, des débris au moyen desquels facile de reconnaître un genre de pachyderme a désignés sous le nom de lophiodons (1).

(1) Nous ayons déjà indiqué la place qu^occupent le dons dans la salle des fossiles ; ils se trouyent entre tapirs gigantesques et ceux des rhinocéros. Tous les ai nous possédons ont été trouvés en France , et on a*« découvert ailleurs.

LETTRE XV

MAMMiriBKS HAEINS.

«•«Mw

Pour terminer ce qui est relatif h la zoologie antédilavienne des classes supérieures , il ne nous reste plus (fuk dire quelques mots sur les mammifères marins.

Ces êtres, remarquables par la réunion des caractères qui leur permettent de viyrc à la fois dans Tair et dans Peau, ont dû naturellement précéder les mammifères terrestres. Aussi commence-t-on à trouver leurs débris dans des terrains plus anciens que ceux même qui renferment les ossemens de palseotheriums et de lopbiodons.

Il semble , au premier coup d^œil , que les mam> mifères marins dussent être plus capables que les animaux terrestres de résister aux grandes catastrophes produites par les irruptions de la mer ; mais robservation ne confirme pas cette supposition , et la comparaison des espèces fossiles avec celles qui existent encore aujourd'hui , tend à prouver qu'aucune d'elles ne s'est mai^te^ue telle qu'elle existait à son origine.

190 LETTAB XT.

Cétait une idée assez naturelle à une époque oh Ton confondait toutes les espèces de terrains , et où on les considérait toutes comme des produits de la mer , que d^attribuer aussi à des animaux marins les ossemens qui se rencontrent en si grand nombre dans quelques mers; aussi yoit-on que les anciens descripteurs de fossiles ont souvent prétendu que les os dont ils parlaient avaient appartenu à des phoques, à des lamantins ou autres animaux semblables.

Mais aujourd'hui qu'il paraît certain que les ossemens de mammifères renfermés dans un si grand nombre de couches proviennent d'une terre qu'une ou plusieurs grandes inondations ont détruite, on doit s'attendre à trouver , au contraire , parmi let êtres antédiluviens, très-peu d'animaux marins.

Rien de plus rare en effet que les os de phoques et de lamantins parnii les fossiles. Il en est de même des morses et de tous les grands cétacées.

Vous connaissez sans doute , au moins d*une ma-* nière généralç , l'organisation extérieure du taman- Hn. Le nom de cet animal lui vient de la forme de ses pieds de devant , qui présentent la plus grande ressemblance avec les mains de l'homme. U 8*en sert avec beaucoup d'adresse et de force pour, s*aocrocher à la terre , et porter ses petits ; on y distingue aisément , au travers des membranes , cinq doigts , dont quatre sont terminés comme les nôtres , par des ongles plats et arrondis , ce qui a pQ {aire donner , à juste titre , à ces membres le nom de mains, par comparaison avec les nageoires des poissons ordinaires.

VAMMirtBES HAftIIfS. 191

CI!oiiime ces animaux ont leurs matnelles sur la

poitrine , et <iu*ils élèvent souvent la partie anté-

'■■^xire de leur corps au-dessus de Teau ; comme le

^^>cn àe mains , donné à leurs nageoires , a fait exa-

^^^'«r ridée de la ressemblance de ces membres

•^■^^c les nôtres ; comme enfin leur mufle est entouré

do jpoils , qui de loin peuvent faire reflfet d'une sorte

do chevelure, on leur a donné des noms plus ou

'^oins singuliers qui ont conduit ensuite à des récits

*^t.ïémes et entièrement fabuleux. Les Portugais

^^ l.e8 Espagnols ont appelé le lamantin pesce-mul"

*••" , pescê-dona ( poisson-femme ). Le dugong , anî-

B^^l de la même famille que les lamantins, et dont

1 espèce est très-voisine de la leur, avait re<;u de son

c^té le nom d^homme barbu.

De ces noms à Tidée d'un être demi-bomme et d^mi-poisson , il n'y a pas loin. Il suffit , dit M. Cu- 'Vier , d'un voyageur peu scrupuleux ou de peu de 'ïiémoire pour compléter la métamorphose.

C'est en effet à la vue des lamantins et des dugongs, et à des descriptions inexactes de ces ani- -^aux , qu'on doit rapporter tout ce qu'on a dit des tritons, des Syrènes, etc. Dans toutes les figures «données sur ces êtres imaginaires, le naturaliste %mt soit peu instruit découvre au premier coup ^'œil le modèle d'après lequel elles ont été inexac- Jftement copiées. Et voilà à quoi se réduisent ces ré- -^ts ê^hommes de mer , et de femmes, de mer , accumulés parBIaillet (1), par Lachesmaye-des-Bois, par

(I) Quant à Maillet , il parait éyident , comme nous Tavons

192 tITTll XT.

Sachs , et pur d'autres antenrt plu évadiU qpit Judicieux. ■

Bien que le lamantin ne le rencontre anjonrdW que dans la Zone Torride , il est certam qa*fl htbitait jadis Tancienne mer qui a coorert FBun^ de ses coquillages à une époque antéiîenre k cdk où viiaient sur notre sol led palttotkeriumt et les genres leurs contemporains^ On a trouTé, encftty des ossemens fossiles appartenans bien évidenuMiK à des lamantins, non-seulement près d^Angers , ns» près de Montauban , département de. la Vendée, dans les environs de Mantes, dans les terrains déplacés pour la construction de la nouvelle maclBiie de Marly , et près de Longjumean.

La considération de ces ossemens tronvés dans des terrains très-anciens, avec des formes qui ne se rspprochent pas moins de la nôtre que celle des espèces actuellement vivantes du même animal, fournirait à elle seule une puissante objection contre le système des transformations successives des êtres , si ce système n'était d'ailleurs réfuté par tant d'autres considérations victorieuses.

Les ossemens de dauphins sont aussi rares à l'état fossile que ceux des animaux dont nous venons de parler. Quelques ossemens trouvés dans différentes parties de la France nous apprennent que les es-

déjà dit, qu'au moins dans un cas un de ces préiendaslioBmes de mer était réellement un homme , un ffilriman prispu. les Anglais avec sa barque , et qui mourut peu de temps ifréi à bord du navire quiravalt enlevé i son pays.

■AMHIlillKS KARIIfS. 193

P^<^8 anciennes sont essentiellement différentes de

^*îcs qui vivent encore actuellement.

^Séme reinarqne relativement au narval, poisson

^ célèbre par la corne ou plutôt la dent qu'il porte ,

^^ ^ui est , depuis des siècles , un objet de curiosité

^t <]£ commerce.

Quant aux cachalots et aux hyperoodons , il pa*

^^t qu'on en a trouvé encore moins de débris à Té*

^t fossile.

I<es mers de l'ancien monde contenaient , comme ^08 mers actuelles , des baleines dont les espèces

^ autant que Tétat très-imparfait de la science sur

"^îet objet peut permettre de l'assurer ) différaient ^^ttez peu des espèces actuellement vivantes. Les os* ^mens de ces énormes animaux , quand on vient à les mettre à nu , donnent souvent lieu à des méprises de la part des bommes peu instruits , qui , les prenant pour des ossemens de mammifères terrestres, se font l'idée d'animaux terrestres de dimensions exagérées (1).

(1) Telle est probablement la cause de Terreur de l'article suiTant , inséré dans plusieurs journaux scientifiques.

« Squelette du plus grand des animaux antédiluviens.

» On a découvert dans la Louisiane , sur les bords du Mis- ») sissipi , les os d'un animal colossal ; l'épine dorsale avait » 16 pouces de diamètre , et les côtes 9 pieds de long j plu- » sieurs débris avaient chacun 20 pieds de long , et pesaient n plus de 120 livres. On estime , d'après les dimensions de ces » os I que ranimai vivant devait avoir environ 50 pieds de Ion-

194 t URU XT.

Parmi les déooarèitet d'oiwmais da It M m tt t»ailes , Tune des plot célèlnrcf est cdle que Ql à P^ ris , en 1779 , on mai^luind de tîh de la me Dmphine, qpi détem on trèa-groe fimpaent de k tête d'un de cet animaiix. Cet homme , eft fiieent des fouilles dans sa cave , découYzit une pièoe oettose d'une grandenr contidéralile , enfcnde dam ne glaise jaunâtre qm parait avoir ftit partie da lal naturel de cet endroit. Ne yonlant pas se Imer an travaux nécessaires k Textraction complète de ce morceau , il le brisa , et enlera une portioa qm pesait deux cent vingt-sept livres , et .qui Ibt T«e d*un grand nombre de curieux. Mais parmi ks ■•turalistes de profession, il n*y eut que le seul Lsbinou qui se donna la peine d*ett prendre coansis-s sance. 11 fit faire de cet os mutilé nne copie en tene cuite , et en publia un dessin et une descriptios dans le Journal de physique. Il conjectura dès-lors, avec raison , que ce devait être quelque os de la tète d'un cétacée.

Daubcnton s'en occupa depuis, toujours d'après le modèle exécuté par Lamanou ; car pour la pièce elle-même elle ne resta pas en France : elle existe

» guear , 20 à 25 de largeur j environ 20 pteda de kanlair, ei I» qu'il a dû peser au moins 20 tonneaux ou 20,000 Iql ogiai i> mes. Cest , dit-on , la plus grande corioaité aatoieDe q^ » ait découverte jusqu'ici ; et cet animal, pour la dîaMMiaB ^ }> doit aToir surpassé le manuMmik , autant qœ celaî-â SB^ » passait le cbien de taille moyenne. »

■AKMlvèAn KàmiNS. 191

naiiiteiiant dans le cabinet de Teyler, à Harlem,, d'où on a bien youla nous en envoyer une copie l^iu exacte à certains égards qae celle de Lamanon. ^r ces données, M. €uyier a été à portée de reconnaître qae les os trouvés rue Daupbiue établissaient une espèce antique de baleine diffé- '^ute non-seulement des espèces vivantes, mais ^■^core de toutes les espèces fossiles connues jut- ^^'ici.

^ Non-Seulement on peut faire, sur les cétacées fos- *^*« , cette remarque que nous avons eu déjà occa- ^oti d'indiquer relatiTement aux autres mammifères **^Hns , que les espèces fossiles qu^il a été possible 4e caractériser dans leur famille ne différaient pas ^'^^ins de celles qui habitent aujourd'hui nos câtes , H^e les animaux terrestres de l'ancien monde ne ^'^^rent de leurs correspondans actuels ; mais cn- ^^te on a découvert trois ou quatre espèces telle- ^^ent éloignées de celles des autres cétacées , que '^* Cuvier s'est cru obligé d'établir pour elles un ^^mre particulier sous le nom de jsiphius.

Les animaux qu'il désigne sous ce nom ne sont ^^ effet ni tout-à-£ût des baleines , ni tout-à-fait ^es cachalots , ni toutr-à-fait des hyperoodons. Us Mennent , dans Tordre des cétacées , celle qu'occupent dans l'ordre des pachydermes , les anoplothe* ^oms et autres animaux de Montmartre , et , dans ^^lui des édentés, le mégatherium et le mégalony. Ce sont probablement aussi des restes d'une tiature détruite, et dont on cherchera itvainement ^ajourd'hui les originaux à l'état de vie.

19tf LBmi XT.

« Par là se confirme , dit M. Cinrier , de plus en plus , cette proposition à laquelle rezamen dca coquilles fossiles avait déjà conduit : que ce ne sont pas seulement les productions de la terre qui ont changé lors des réyolutions du globe , mais que la mer elle-même, agent principal de la plupart de ces réyolutions, n^a pas conservé les mêmes habi* tans ; que lorsqu'elle formait, dans nos environs, ces immenses couches calcaires peuplées de coquilles aujourd'hui presque toutes inconnues , les grands mammifères qu'elle nourrissait n'étaient pas ceox qui la peuplent aujourd'hui , et que , malgré les forces que semblait leur donner l'énormité de leur taille , ils n'ont pas mieux résisté aux catastrophes qui ont bouleversé leur élément, que n'y ont résisté sur terre les éléphans, les rhinocéros, les hippopotames et tous ces autres quadrupèdes si robustes , qu'à défaut des arts de l'homme une révolution générale de la nature pouvait seule extirper leurs races. »

Les naturalistes ont été long-temps en doute sur la question de savoir si on trouvait des ossemens d'oiseaux à l'état fossile. Plusieurs auteurs , il ea^ vrai , prétendaient depuis long-temps en avoir observé , mais leurs assertions étaient exposées à des objections insurmontables. En 1783, TaffirmatÎTe était encore loin d'être prouvée, et ce n'est qn^à cette époque qu'on {>résenta un véritable omiAoH^ the ( c'est ainsi qu'on appelle les débris fossiles d'oiseaux) trouvé à Montmartre. Depuis ce temps, M. Guvier en a reçu, des carrières de nos environs ,

MAMMniKIS MÀBINS. 197

.vn nombre assez considérable pour qu*il ne soit plos permis de conserver aucun doute ; il en existe particulièrement plusieurs empreintes parfaitement bien conservées au Muséum (1).

On a les preuves de onze ou douze espèces d^oiseaux ensevelis dans nos carrières , parmi lesquelles il parait que deux au moins ont dû être des oiseaux de' proie ; et ce qu'il y a de plus remarquable dans ces découvertes , c'est que nos environs sont le seul endroit du globe où jusqu'ici on ait trouvé des ornîtholitbes incontestables.

L* existence, bien constatée aujourd'hui, des oiseaux à l'état fossile , prouve qu'à l'époque reculée où ils ont été ensevelis, et lorsque les espèces étaient si différentes de ce qu'elles sont maintenant, on voyait déjà pourtant , entre les races et les genres , les mêmes rapports d'organisation générale que nous observons maintenant, et qu'aucuae classe d'animaux ne manquait dans la série des êtres vivans ; aussi chacune d'elles est-elle si nécessaire à l'existence du tout , que peut-être la destruction totale d^une seule grande classe sufErait pour entraîner celle de toutes les autres.

Quelques genres d'oiseaux, comme les aquatiques, ont dû nécessairement vivre avant les mammifères terrestres, puisque les premières terres mises à découvert étaient propres à les recevoir avant que les mammifères pussent y trouver leur nourriture. Cette

(1) Ces débris sont placés tout près de ceax des pabsoUieriuifas et des anoplotheriums.

198 URiB zr.

idé€ n natnrelle «•! oonAniée pcr let wwhawki. géologiques 9 tuidu qii*aa ne ifu va wùièxe duu let temôiui ■Cfwwideiiwifc te j natt au contraire des oMemeats d'oiMMKaagevB, comme dans le calcaire de PstppenheiM, «l des débris d'éohassierBy o«bbm daas lecakun de Sisnesfield. ^

Cependant oii les restes Ibadleb eont le pins es»muns , c*est dans les dépdta tertîairea tdb qpe cen des enyirons de Vérone» ceoc dXCaingeii, le taprain d'eau douce de rAuvergne, oà Tob a tréinréiécemment des cenfr, même paifiôtemeBt reoonnsiH sables pour aToir appartenn» joobbc noos TenoBi de le dire , à plusieurs genriea et espèces asNi approchés de la caille , de la bécasse , de Talmielle di mer , de rîbis>, du cormoran , du busard , du baOnfard et de la chouette.

Les crustacées, ces animaux semblables aux inieetes, dont le corps est garni d'une espèce de test, et parmi lesquels se tirouyent h. Fétat viTant les cralM, les écreyisses, etc. , existaient aux époques àntérieir res du globe. On commencïe même k en rencontrer dans des terrains très-anciens, et antérieurs à h craie. Les argiles bleues auxquelles les Anglais dsnnent le nom de hleue-Ua» en renferment en grsBi nombre : il en est de même des écûeils connus sosi le nom de vaches noires , et d'une partie des rocbers du Calvados^ On en rencontre , spécialement svce des osscmens de crocodiles , des débris d'une espèce à longues pattes et à grande queue , qui paraît a?oir été une langouste.

■AHuriRU xAinrs. 199

^troa^ encore des débris de crustacées dans ^terrains sapérieurs, spécialement dans le cal- ^^ frosêier des enyirons de Paris ; toujours ayec ^^ circonstance remarquable , que ceux de ces ^Waox qui se rencontrent dans les terrains moins **ôens sont ceux qui se rapprochent le plus des ^•pèces riyantes.

Parmi les animaux fossiles des classes inférieures ,

^^i deyons surtout nous arrêter à signaler une fa*

^^e extrêmement remarquable , surtout par cette

Circonstance que les êtres qui la composent parais-

^ot avoir été incontestablement les plus anciens*

'^^tbitans du globe. On les a désignés sons le nom de

Leur corps, comme dans la plupart des insectes ^H dans quelques crustacées , peut être divisé transversalement en trois parties principales; mais ce ^{|a*ils présentent tous de caractéristique , ce qui les ^stingue essentiellement de tous les animaux connus , e*est leur division longitudinale en trois parties on lobes, par deux sillons profonds et parallèles ^ Taxe du corps.

Les trilobites sont tous des animaux marins : leur association constante dans les mêmes roches avec ^es coquilles et d^autrcs productions marines, ne ^ut laisser de doute sur ce point. Il paraît qu'ils étaient susceptibles de se multiplier prodigieuse- :ment, à en juger par la manière dont certains calcaires en sont remplis. Quelques-unes de ces pierres «n semblent entièrement composées.

Les trilobites ne se sont maintenus k la surfeoe

200 Lims xr.

de la terre qu^à des époques extrêmement reculées, et les moins anciens des terrains dans lesquels on les rencontre sont de beaucoup inférieurs à la craie.

Les. trilobites offrent donc parmi les crustacées fossiles un ordre entier d'animaux dont on ne connaît encore aucune espèce yivante. Plusieurs genres ou espèces de cet ordre sont enfouis dans les couches les plus profondes de la terre. Ds paraissent d'abord presque seuls, et semblent avoir été les premiers habitans solides des premières eaux marines qui aient laissé dans nos couches des traces de vie.

L'ordre dont ces animaux singuliers se rapprochent le plus, est celui des Gymnohranches ; et quand les animaux connus de cet ordre commencent k paraître dans des terrains plus nouveaux , les trilobites ont disparu , sinon en totalité , au moins en très-grande partie. Nouvelle confirmation de cette' loi remarquable de la nature, dont nous avons si souvent eu occasion de faire l'application, yuê les animaux fossiles différent d'autant plus des êtres qui vivent actuellement, qu'ils sont enoêhpp^s dans des couches plus anciennes du globe.

Terminons par une seule remarque sur la distribution des os fossiles.

Vous avez déjà pu remarquer que certains lieux paraissent privilégiés pour fournir presque exclusivement telles espèces qu^on ne trouve point ailleurs , ou qui ne se trouvent nulle part , a beaucoup près, aussi communes. Nos environs sont dans le premier cas, relativement aux palseotheriumsetaux

HAHHirilU KÀBiirs. 201

anoplotheriums. On peatciter comme étant dans le second, le yal d*Arno, oii on a trouvé plus d'ossemens de riiinocéros que dans tout le reste de FEurope ensemble^ le Camp des Géans, dans rAmérique méridionale , pour les mastodontes à dents étroites ; et , dans rAmérique septentrionale , les bords de TOhio, pour le grand mastodonte.

On explique cette accumulation de débris d'animaux de même espèce dans un même lieu , en supposant qu'à Tépoque où la mer a enyabi les p^iys dans lesquels ils vivaient , ils ont tous fui , devant Tinondation, vers les lieux qui ont été les derniers envahis par elle , et où ils ont été détruits tous ens^pable. Il serait impossible , sans cette considération, de se rendre raison de la prodigieuse quantité d'ossemens fossiles trouvés à Montmartre, par exemple , où on ne peut supposer que les palseotheriums et. les anoplotherium se soient trouvés par hasard entassés par milliers avec les animaux carnassiers, qui, quoique moins nombreux, s'y trouvent aussi en grande quantité.

On dira peut-être que ce sont des milliers de générations qui s'y découvrent successivement. A la bonne heure ; mais pourquoi les mêmes déhris sont-ils beaucoup moins nombreux dans toutes les autres plâtrières des environs? Notre hypothèse H^est-elle pas la seule qui puisse rendre raison de cette surabondance d'ossemens fossiles dans une seule colline si peu étendue ? Ces animaux , si différent, qui, effrayés de la grande catastrophe qui détruisait à la fois tout ce qui jouissait de la vie ,

SQ2 LITTBB XT.

pérûâent ensemble ^ quand la nature let arait tinés à se fîiir, ne nous rappellent-ils pas 1^ nieuse fiction du poète qui , dans sa descriptio déluge , nous représente la brebis fuyant aupri loup, qui, dans sa frayeur, n'est plus à crai pour elle ?

Tout prouve qu'aux différens âges de Tai monde, les terres sècbes étaient, bien plus qu ne le sont aujourd^bui, séparées en iles, où lef maux terrestres étaient comme parqués. Cest que , dans toutes les iles un peu considérable couvertes de nos jours , on a trouvé une popul particulière ; et si Fbomme n'avait pas de tout t cherché à transplanter les animaux d'une co:

dans une autre , on verrait leur séparation gé phiqne des genres et des espèces bien plus mai qu'elle ne l'est : or , l'homme n'existant pas» époques, c'était une raison d'isolement ajoul celle de la plus grande division des terres.

LETTRE XTI.

8UB LIS aXFTILKS , LB8 GAUSTAGEE8 ET LES MOLLUSQUES.

Tous les débris dVnimaux anciens dont Tétude nous a occupés jusquHci se rencontrent dans les terrains superposés à la crûie , dans ceux que les géologisies ont désignés sous le nom de terliaires. Là , comme nous Tavons vu , ils sont loin d'être distribués indistinctement dans les formations nombreuses dont Tensemble constitue ces terrains. Les coucbes les phis yoisines de la craie ne renferment que des ossemens de mammifères marins , et si ( ce qui est loin d^étre prouvé ) on y a rencontré quelques ossemens de rongeurs ou de pachydermes, au moins y sont-ils en très-petit nombre. On n'aura pas non plus perdu de vue cette remarque générale^ que les premiers mammifères terrestres qu'on rencontre dans les icouches supérieures appartiennent à des genres aujourd'hui détruits , et qu'on ne retrouve que rarement avec les éléphans , les rhinocéros , etc. , des terrains antédiluviens les plus superficiels.

L^apparition à la surface du globe des reptiles dont nous allons nous occuper aujourd'hui rc-

204 LBTTBB XYI.

monte à une époque plus reculée que celle où viraient les mammifères ,' mcme les mammifères marins les plus anciens. On les retrouve abondamment non-seulement dans la craie, qui ne recèle déjà, plus aucun ossement de ces derniers, mais encore dans la plupart des terrains antérieurs , jusqu''à 1» grande formation houillère, dont Thistoire nous occupera bicatôt sous le point de vue botanique. Nous allons donc remonter à un autre âge dix monde : et si vous avez pu prendre jusqu^ici sans ennui une idée des recherches de nos géologocs sur les époques plus récentes , peut-être ne vous intéresserez-vous pas moins à ce qu'ils ont recueilli. sur cette époque primitive où la terre n^était en.— core parcourue que par des reptiles à. sang froid 9

' où la mer contenait un assemblage prodigieux d^ coquilles aujourd'hui extrêmement rares, et qui for—"

'liaient alors Iç fond de sa population , et où le pea.* — de terres récemment abandoimées par Tantiqu^? ' océan ne formaient que des ilcs pu croissait une'vé - -

gétation aussi simple dans ss^ structiire qu^abom.^

dante et vigoureuse.

Les crocodiles sont au nombre des reptiles te^^ plus anciens. Leurs ossemens se r^ncontrept daim ^^ beaucoup de couches non-seulement d^une ants. — quité moyenne, comme nos plâtres de Montmartre ^ mais encore dans celles dont la formation est beai:v> ""^ coup plus ancienne, comme les pierres de taill^=^ des environs de Caen , et même les marnes calcafi-' res bleuâtres des environs de Honfleur : c'est daim^^ fcs dernières formations, qui offrent des bancs épam^^

URILIS^CBUSTACÉKS KT MOLLUSQUES. 205

souvent de 300 pieds , que se trpuyent les débris de ces^ antiques animaux mêlés à ceux des singuliers reptiles qu^on a désignés sous les noms d'icHa^saurus et deplescio-saurus, dont j'aurai bientôt à parler.

Les crocodiles paraissent avoir été très-communs, au moins dans les environs de Caen , à Vépoque reculée qui nous occupe; car depuis que l'attention est ûxée sur les débris fossiles qu'on rencontre dans ces parages , on a recueilli les restes d'au moins dix individus de la même espèce.

L'espèce , ou plutôt les espèces des environs de Honfleur n'ont pas dû être moins nombreuses que celles des environs de Caen. Nous possédons au Muséum une tête entière dont la reconstruction est due aux soins et à la persévérance de M. Guvier. L'histoire de la découverte de -ce morceau singulier vous intéressera peut-être , et je laisserai parler M. CuTÎer lui-même. 11 possédait deux mâchoires inférieures de crocodiles trouvées près de Honfleur, et ces deux mâchoires , quoique très-semblables, ne lui paraissaient pas appartenir à la même espèce.

aAverti , dit-il , par ces deux mâchoires inférieures , qu'il pouvait exister deux espèces à Honfleur , je devais songer d'abord à en retrouver le crâne et la mâchoire supérieure. La collection que j'avais reçue de Rouen m'en ofirait bien quelques fragmens} mais le premier propriétaire avait eu la malheureuse idée de les faire scier et polir : il en avait même dispersé une partie dans d'autres cabinets. C'est par une suite presque incroyable de hasards que j'ai rassemblé et que j'ai pu rapprocher six morceaux

dam le» oovehet meiUet eUoperteidlesvôè Mit «nfonif tant de«ad«ivetd*âépliuit cttf aaferM gna^ fnadFopècUt; leur petit nosbre dau aev^dmières peut même deremr i^i sajet f étonnemeat qmd on pense que les crocodiles Tirent aiijoiird*kiiitei la Zone Toxride avee les éJépihane , les hàppoptUma et tons les antves animani dont oes c ooehcs décèlent des débris.

Les tortues paraissent aussi mmtnmnm^ dam ' le monde que les crocodiles; elles les accompsgaciit généralement dans toutes les cooclies , depoi les plus anciennes jusqu'aux plus récentes ; mais aoUe part elles ne se trouvent si abondantes que'dsnsles formations qui renferment les débris de pialcotkeriums, et particulièrement dans les environs dePtrii.

Le plus grand nombre de leurs débris appartemnt à des sous-genres dont les espèces sont propres toi eaux douces et à la terre ferme , leur présence oonr firme les conjectures que Tétude des crocodiles èâ faire naitre sur Texistence d'tles, ou en génénlde terres découvertes avant la formation de la craie, et avant qu'il y ait eu des quadrupèdea vivipares, oa du moins avant qu'ils aient été aaaei -nombcoK pour laisser une quantité de débris comparables à ceux des reptiles i vérité importante qae seiableit aujourd'hui vouloir révoquer en doute quisl^ naturalistes.

Parmi les débris de tortues , on en rencontre fu prouvent que quelques-uns decesanimanx^ coane au reste la plupart dea reptiles qui ont pamaarlci premières terres, avaient aoqnis. des dimmuîotf

limUfl, CAUSTAGilfl IT M0II.V8Q1TES. 807

l*^eUe elle appartient diffère du gayial actuel : l*Par ton étendue plus considérable. Elle ne peut «Toiren moins de 3 pieds , et la plus longue tête de ^yîêi que M. Guvier ait pu se procurer n'a que 81 ponces.

2* Par rétroitesse de son museau, sensiblement I^ mince, malgré les plus grandes dimensions de la tête.

3*(ar rétroitesse plus remarquable encore de l^occiput.

Enfin le crâne fossile difière du crâne de Tespèce ^'ÎYinte la plus yoisine , tant par sa forme oblongue ^e parce qu'elle se joint au museau par un rétrécissant insensible , au lieu d'une contraction brusque, ^tte distinction de deux espèces , annoncée par les mâchoires et confirmée par les têtes , Ta été encore par toutes les autres parties, notamment VV^ les vertèbres et par les qs des extrémités, tellei&ent tranchées dans, chacune de ces parties , que cha- ^e d'elles aurait suffi seule pour l'établir.

^ trouve encore des crocodiles dans les couches *^périeure8 h. celles qui renferment ceux dont nous ^çiiont de parler. On en trouve dans la craie ; om ^it rencontre dans les couches au-dessus de la craie ^«>« leslignites d'Auteuil et deMimet i^elques-uns ^■^tvécu avec les palaeotheriums et les lophiodons.des *^*lcaircs d'eau douce. Ceux-là paraissent déjà plus '^'i^lables à ceux qui vivent actuellement ; à mesure ^on s'approche des couches supérieures-, 4a reef^'i^lance augmente avec ceux de nos jours. Sufin ^> parait qu'ilycn a, maisentr^-petite^roportion.

210 £imi xYi.

cessîvement par différens nataralistes , a été tôt.

récemment combattue par M. Cavier, qui parft avoir fixé Topinion des savans à cet égard. Suiy; lui , ccâ animaux anciens sont des sauriens dn ge des manUors. Parmi les poissons d^eau douce se trouvent ensevelis avec eux, M. Cuvier en a déco vert un geure aujourd'hui inconnu , et qui , à Vé^ que si reculée de la première déposition des terrai secondaires , était répandu sur des points qui appa. tiennent maintenant aux deux hémisphères.

Pour terminer rindication des principaux anima.^ qui ont été pris pour des crocodiles , il me -resti^ signaler le fossile devenu célèbre sous le nom grand animal de Maêatricht. Cet animal n'est tant pas (pas plus que les reptiles des schistes cuivra de Thuringe ) un véritable crocodile ; comme derniers, il appartenait au genre des monitors, ^h> plutôt il forme h lui seul un genre nouveau des monitors et des iynanea, ou, si on veut, -une sodé lézard. Ce qui avait surtout induit les natoralîr» "^^ en erreur relativement au geiyre de .cet anim -^^1 « c^est Ténormité de ses dimensions comparée à ce^B>^^' qu'ont aujourd'hui les reptiles dont il se rappro^c?)>^ le plus : sa longueur était en effet égale à dix foi» *b moins celle des plus grands de ces animaux. On com.^'to dans son squelette 133 vertèbres ; la longueur d^ ** tête seule approche de 4 pieds; sa queue, longue de ^^ pieds , se terminait en s'élargissant eh forme de rajao^» la longueur totale de son corps surpassait 24 pîtf ^* La queue forte et robuste de ce grand reptile de'VAit former une rame très-puissante , qui lui permetiAif

inniKs, cxtrsTÀciBB it toLtijsQtJii 211

^^ affironter les eaux de la mer même la plus agitée ^ ^^1" cet énorme lézard, quoique appartenant à nil ^^zire de reptiles dont aucun ce vit aujourd'hui dans "^^ mer , était éyidemment un animal marin.

On a proposé pour Tanimal de Maêstricht le nom ^ mêsosaurus.

On a découvert dans plusieurs localités des rep^ tiles appartenant à des genres plus ou moins seitli>lables à celui qui constitue Fanimal de Maêstricht ^ et qu^on peut se représenter comme autant de grands lézards. Tel est celui que M. Guyier propose d^appe- 1er g&o-saurus, dont les débris ont été découyerts dùis les enyirons de Manheim, et qui deyait étfë long de 12 à 13 pieds ; pour tïette raison on ayait proposé de lui donner le nom de lacerta^giganttû (léjsard'géant) ; mais ce nom ne peut plus lui être conservé, aujourd'hui qu'on sait que le grand animal de Maêstricht , appartenant au même genre , a une ^taille ddible de la sienne ^ et qu'un autre lézard, dent nous allons nous occuper, présente des dim^* sions bien plus considérables encore (1).

(1) Le Muséum possède des dâ)Ti8irè8-carieiixde ces reptiles qn'on a placés près de la porte qui commimique ayec la petite salle des fossiles , dans des armoires situées contre le aiiir de séparation des deux salles : on y distinguera surtout lesTertibres etdifférens autres os du grand animal deMaëstricllt, classé par M. Guvier parmi les monitovs , et dont la tête, na des phls beaux débris des créations anciennes qu'on ait découverts jusqu'à présent, se voit dans une boite vitrée , nudessus de l^annoire qui contient les autres os.

212 lETTBS IMi

€e d.mier'reptiie est celui que M. Cavier appelle megalo-saurus ; ses débris ont été trouvés dans les environs d'Oxford par un célèbre naturaliste anglais, M. Buckland ,- auteur d'un très-beau trisivail sur les cavernes à ossemens. L'énormité des os qui en restent indiquerait pour la totalité de son corps une longueur de 45 pieds de roi. Quelques débris partiraient même faire soupçonner qu'il en a exi^é de plus grands encore. Ces conclusions ne sont pourtant légitimes qu'autant qu'on admet (ce qui est très-probable ) que ce reptile avait la forme des monitors , chez lesquels la queue est environ le tiers de la longueur du reste du corps. Mais en supposant qu'il en fut autrement, et qtie la queue de ces animaux , dont on ne possède pas de débris , fût beaucoup moins longue que celle dès reptile^ qui leur correspondent , il resterait toujours certain que le megalo-sanrus était long de plus de 30 pieds. Encore faut-il remarquer que pour le réduire a ces dimensions il faut aller contre tout ce que les analogies présentent de plus vraisemblable ; car et ses dents, et la forme des os de ses membres, doivent le faire placer parmi les monitors ; quelques os semblent même indiquer qu'il ressemblait plus par sa forme à un lézard proprement dit, qu'à tout autre animal du même genre. Ce serait donc à lui que conviendrait , plus qu'à tout autre , le nom de lézard-géant qu'on avait donné au reptile de Manheim. Le nom que lui a donné M. Guvier indique en effet la grandeur de ses dimensions.

D'après la forme tranchante des dents du me-

BXrriIES , GXUSTiLCiES ET IIOII17SQVE8. 213

galo-saurus, il n^est pas doutcdx que cet énbl^me lézard n^aît été d^un caractère extrêmement yôrace. Du reste, tout ce qui accompagne ses débris dans les carrières où il a été enseveli annonce que c^étaît un animal marin.

On ne peut supposer qu^un animal aussi énorme ait été conGné dans une seule localité; aussi trouvet-on des débris qui ont dû appartenir à la même espèce dans plusieurs autres lieux , et entre autres dans le comté de Susisex.

A câté de ces débris on a trouvé des dents ayant appartenu aussi à des animaux du même genre, q[ui n'ont pas dû être beaucoup moins volumineux que le megalo-saurus , et qui offrent le caractère tinique d'user leur pointe et leur fût transversalement comme les quadrupèdes herbivores ; ces dents ressemblent tellement à celles des mammifères , que M« Cuvicr, au premier aspect, les prit pour des mâchelièrcs. de rhinocéros. La présence d'une pareille dent au milieu de couches aussi anciennes que cel-* les qui renferment les espèces voisines du megalosaurus dérangeait toutes ses idées sur les rapports des os avec les terrains ; ce ne fut qu'à la vue d'une plus grande quantité de ces dents , les unes entières , les autres plus ou moins usées , que notre grand naturaliste découvrit son erreur. Cette erreur de la part d'un homme aussi habile doit nous apprendre à suspendre notre jugement relàtp* vemcnt aux faits qu'on annonce comme -étant ei| opposition avec les lois générales établies sur une masse énorme d'observations. Avec un peu moins

214 iimi XTi.

d^faabOcté, M. Cuvier consacrait Texistence d^on fait capable .d'arrêter pour long-temps Fadoptioii de la loi de succession des êtres sur le globe depuis les temps anciens jusqa^à nos jours.

Les reptiles de la famille des sauriens dont il nous reste à nous occuper sont incontestablehient de tous les êtres de la création les plus singuliers , les plus hétéroclites, ceux dont l'organisation a pré> sente aux natnri4i8tes les formes les plus inattenduesr

Vers la fin du siècle dernier on trouya à Eichtedt, dans la vallée de TAltmuhl, un peu au-dessous de Solenhofen , village du comté de Pappenheim , dans des schistes calcaires qui abondent en pétrifications animales , le squelette entier d'un être sur lequel on fit -successivement bien des conjectures différentes.

Suivant les uns , c*étaitun oiseau; suivant d^antres , cMtait un mammifère qui formait une espèce plus intermédiaire encore que celle des chauves-souris , entre les mammifères et les oiseaux. Il s^est trouvé même un naturaliste qui se croyait si sûr de eette vérité, qu'il s'était amusé à le dessiner en entier, revêtu de son poil.

Un autre naturaliste le considérait comme an reptile.

Ce défaut d'accord entre les opinions émises , après mûr examen, par des hommes qui tiennent le premier rang dans la science , était d'autant plus surprenant , que , possédant une grande partie du squelette de l'animal , il semblait que rien n'aurait

Bimuss, ciustag£ss et hollusqves. 215

dû être si facile <^ de détermiDer an moins à laquelle de8q[uatre grandes classes des animaux vertébrés on doit le ranger. Mais Fétonnement que peut produire la divergence d'opinions que nous signalons ici cesse, quand on considère que Tanimal au sujet duquel elle existe réunit le singulier assemblage de caractères propres à chacune des trois grandes classes auxquelles on a voulu successivement le rattacher.

Cet animal, conmie tous les oiseaux, avait en effet un long cou et un corps en proportion trèscourt. Il portait des ailes au moins aussi puissantes que celles des chauves-souris , et dont les dimensions étaient proportionnées à sa taille. La forme de ses membres et celle de sa queue le rapprochaient tellement des mammifères, que plusieurs naturalistes paraissent ne pouvoir encore se décider à le ranger parmi les reptiles. Sa tête présente un crâne d^une petitesse qu^on ne remarque que chez ces derniers , jointe à une gueule garnie de soixante dents pointues , et couvertes par un bec d'oiseau.

L'opinion de M. Cuvier , qui , dans son grand ouvrage , a consacré un long chapitre à l'interprétation des débris de ce singulier animal, est qu'on ne peut conserver aucun doute sur la classe à laquelle il appartient. Selon lui, l'ensemble de son organisation prouve de la manière la plus évidente que c^était un reptile. L'autorité et la force des argumens de cet homme célèbre paraissent avoir entraîné l'opinion de la plupart des naturalistes ; et sauf quelques dissidens, aveuglés probablement par

pert àcmc jas dootcr i[all b^cb ait tm «bsb 1 FKtères djAS s» tr^«»i ■! et du» ses faitics molles^qaTfl b^^cb ait cales écailles, la circBiatioB,ctc. Mais c^ctak es ■i'ml Ich^ ■■ aBÎBal p u nr^u des ■MjcBS de Toicr , qmi dass la station ftm d'vsaçe de ses oAi é m àés aaténeares, i fl ne les tenait toBJoTS repiqyéet cuiMnir les

it lesTS ailes; qn cepeDdant potnraît encore sdTÎr des plus covrts de ses doigts de deran

dont la positioB tranquille devait être ordinaire'

■ent SOT les pieds de derrière , encore comme ctà'

le des oiseaux; ak»rs il derait anssi, comme eux

tenir son con red r essé et courbé en arrière ,

qne son énorme tète ne rompît pas tont équilibre. •

Diaprés ces données on pourrait le dessiner à Yi tat de TÎe ; mais la 6çnre qu'ion obtiendrait des plus extraordinaires , et semblerait au pi aspect le produit d^'nne imagination malade plutôt^^ qne des forces ordinaires de la nature.

On en Toit quelquefois d'approcbanles dans peintures ^ntastiques des Chinois. M. Curier parie d'une de ces 6gures tirée d'un lirre d*liistoire

imiLES, CKUSTJLGélS BT HOILVSQVIS. 217

tureUe chinois , que Ton conserve dans la bibliothèque deTrewa-Altorf : elle représente une chauvesouris avec un bec.d^épervier et une longue queue de faisan ; mais ce ne serait pas là , poursuit-il , ce qu^on pourrait appeler une représentation de notre animal.

Ce qui frappe surtout dans la description du pté ' rodactyle, c^est Tassemblage bizarre d^ ailes vigoureuses attachées au corps d'un reptile ; l'imagination des poètes en a seule fait jusqu'ici de semblables. De là , la description de ces dragons que la fable nous représente comme ayant, à l'origine des choses, disputé pour ainsi dire, la possession de la terre à Tespèce humaine , et dont la destruction était un des attributs des héros fabuleux , des deminlieux et des dieux,.

On ne peut supposer cependant que le souvenir confus conservé , parles anciennes traditions, de quelques-uns de nos animaux , ait donné lieu aux fables que nous rappelons. Tout prouve que les ptérodactyles et ceux des genres semblables qui ont pu exister sans qu'aucuns de leurs débris se soient conservés , étaient depuis long-temps ensevelis sous d'énormes débris de productions marines à l'époque où l'homme a paru sur la terre ; aucun mammifère n'existait même probablement avec eux dans ces iles primitives où la chaleur et l'humidité donnaient à tous les êtres organisés un développement dont la fécondité des régions chaudes et humides de l'Amérique équinoxiale ne peut nous fournir que de trèsfaibles vestiges.

218 iiniB m.

Aajbiird*liiii un seul reptile est pourm d'ailes; c'est celui qae pour cette raison les natumHstet ontdésigné sons le nom de dragon , comme trace des anciennes traditions fabuleuses; mais les dragons modernes ne peuvent être comparés au ptérodactyle de Tancien monde. Leurs ailes, trop £ûbles pour frapper Pair et les faire voler à la manière des oiseaux , ne servent qu'à les soutenir comme un jmh rackute lorsq[u^ils sautent de branche en branche.

Tous ces dragons , au surplus , sont des animaux d'une petite taille , vivant au sein des forêts qm recouvrent q[ue]q[ues contrées brûlantes de rAfnqoe et une partie des grandes iles de l'océan indien , surtout à Java et à Sumatra. C'est dans ces lieux déserts qu'ils poursuivent les insectes avec adresse , ou, si l'on veut même , au vol ; ils descendent rarement à terre , parce qu'ils rampent avec peine.

On voit donc que rien dans ce portrait ne rappelle l'idée que les narrations fabuleuses de toutes les époques ont cherché à nous donner de ces terpbles dragons enfantés par l'imagination des poètes (1).

(1) Noos voyons le dragon ^ consacré par U religioa des peaûers peuples , devenir l'objet de leur mythologie ; readm célèbre' par les chants des poètes grecs et latins, et, dit M. de Laoépède , « principal ornement des &bles pieuses >i imaginées dans des temps plus récens ; dompté par les héros Il et même par les jennes hércânes qui eombsttaient pour une » Un divine ; adopté psr une seconde mythologie qni plaça les » fées sur le trône des anciennes enchanteresses} devenu !'<

1UTILI8, CKIISTAGilSITIIOLLUSQVES. 219

Le inécaniime de Tappareil du vol était , chez le

I^odactyle, essentiellement différent de ce que

'^ous le voyons aujourd'hui, tant chez le dragon

9^e chez les oiseaux ouïes chauyes-souris ; en effet,

'^ oiseaux volent avec une aile dans laquelle on

'^ oJbtenre rien qui rappelle les doigts des extrémités

'^térieures des mammifères; les chauyes-souris, avec

*^e aile soutenue par jjuatre doigts très-prolongés

'^'^ par une seule membrane , le pouce seul étant

^^re. L^aile des dragons est formée par des prolon-

S'^tnens de leurs côtes, qui se replient pour lui four-

^^^ un soutien. Le ptérodactyle lui , volait à Taide

^ ^ne aile soutenue principalement par un doigt très-

p^^longé, tandis que les autres avaient conservé

^ tvs dimensions ordinaires.

^ien que la connaissance du ptérodactyle ait dû

^^ ^léme des actions éclatantes des anciens cKevaliers , il a vi-

^ "^ifié la poésie moderne ainsi quUl avait animé Tancienne.

** Proclamé par la voix sévère de l'histoire , )^»artout décrit ,

^ ^wrtout célébré , partout redouté , montré sous toutes les

^^ formes ] toujours revêtu de la plus grande puissance ; im-

^^ inolant ses victimes par son seul regard , se transportant au

^^ «iilie|a des nues avec la rapidité de Péclair j frappant comme

)> la loodre , dissipant l'obscurité des nuits par Féclat de ses

^ yeux étincelans ; réunissant l'agilité de l'aigle , la force du

^> lion , la grandeur du serpent géant ; présentant même quel-

M quefois une figure humaine j doué d'une intelligence près-

» que divine, et adoré de nos jours dans les grands empires de

» l'Orient , le dragon a été tout et s'est trouvé partout y hors

t) dans la nature, (c

▼ouf prépftrer .à rencontror dans Vot^uaàtÊKkm à» habitant- dn mouàiê priodlif bien des niifdaritti et des bizavreriea , Toua ne pomvei lire taw ^ d'étonnement encore ce ({Oïmereite àdireferqadques-unes des plus anti<iaea eapèoe» de reptBci* Ceux dont je Taia indkper la fonne le troofeot dans des coacbei an moins ansai andeonaaqiielei monitocs de Thnringe. «Tenipninteraî eneoreiâ'ki propres expressions de M. Cimer; f ai. piesqneiiesoin de son autorité pour oser, retracer cea oigaiîsaiions si étranges. ""

. u Nous voici arrivés , » dit ce grand naturaliite en commençant le dernier chapitre de son grand ouvrage (tom. V, 2« part. , pag. 445) , « nous voici arrivés à ceux de tou^ les reptiles, et peut-être de tous les animaux fossiles^ qui ressemblent le moins a ce que Ton connaît et qui sont le plus faits pour surprendre le naturaliste par des coiabinaisons de structure qui, sans aucun doute, paraitraient incroyables à quiconque ne serait pas à portée de les observer par lui-méipe, ou. à qui il pourrait rester la moindre suspicion sur les authenticités.

» Bans le premier genre ^ un. museau» de dauphin, des dents de crocodile , une tète et un sternum de lézard, des pattes de cétacée, mais au nombre de quatre , enfin des vertèbres de poisson.

» Bans le second , avec ces mêmes pattes de cétacée , une tète de lézard et un long cou semblable au corps d^un serpent, voilà ce que le plcsio-saurns et richthyo-saurus sont venus nous offrir, après avoir

BEPTILES, CBUSTJLCéES ET II0LIUSQUE8. 221

"é enseveli pendant tant xle miHiers d^années sous ** énormes amas de pierres et de marbres; car c'est aux ^.iicienncs couches secondaires qu'ils appartiennent, ^n n'en trouve que dans ces bancs de pierre marieuse ou de marbre grisâtre remplis de pyrites et 4 ammonites , ou dans les colites , tous terrains du ^^tne ordre que notre chaîne du Jura. C'est en Angle- ^re surtout que leurs débris paraissent abondans ; *^8si est-ce surtout au zèle des naturalistes anglais ^^e la connaissance en est due. Us n'ont rien épar- ^ïié pour en recueillir beaucoup de débris , et pour **i reconstituer l'ensemble autant que l'état de ^^s débris le permet. »

les animaux dont il est questioii , malgré les ^ïiomalîes de leur structure , ressemblent plus aux *^2ards qu'à tout autre animal connu.

Mais, ces lézards ne vivaient que dans les eaux ^o la mer, qu'ils parcouraient facilement à l'aide *^^ leur double rang de nageoires. Gomme nous ^^ssédons toutes les parties de leurs squelettes, **i€n ne nous empêche de nous représenter complètement ces animaux, qu'il Jetait possible de ^^^indre si nous connaissions la forme de leurs écail- ^s, et leurs couleurs.

Parlons d'abord de Vichthyo-saunts, it C'était, dit M. Cuvier, un reptile à queue édiocre et à long museau pointu , armé de dents ^^çués; deux yeux d'une grosseur énorme devaient '^^nner à sa tète un aspect tout-à-fait cxtraordi- *^^ire, et lui faciliter la vision pendant la nuit. 11 ^\avait pirobablement aucune oreille extérieure , et

222 inns xti.

la peau passait sur le tympan comme dans le cm- ^^%1 léon, la salamandre et le pipa, sans mémcr ^' amincir.

» Il recevait Tair en nature , et non pat IV comme les poissons; ainsi il devait revenir soi., sur la surface de Teau. Néanmoins ses meml^^^^^^, courts, plats, non divisés , ne lui permettaient (£U^^^ ^ nag^r. Ù y a grande apparence q[u*il ne ponrait "^ ^ même ramper sur le rivage autant que les p] mais que s'il avait le malheur d^y échouer , il y meurait immobile comme les baleines et les phins. Il vivait dans une mer où habitaient ai lui les moUusques qui nous ont laissé les d'Ammon, et' qui, selon toutes les appareno^^' étaient des espèces de sèches ou de ponlpet portaient dans leur intérieur (comme aujoard*!^:^^^''^ le nauHUus apiruia) ces coquilles spirales et ai lî;,^^^"'" gulièrement chambrées ; des térébratules , diyeii ^ "*** espèces d^huitres, abondaient aussi dans eette m< et plusieurs sortes de crocodiles en fréqnentaiei:les rivages , si même ils ne Thabitaient conjoini ment avec les ichthyo-saurus. »

La longueur de ce singulier animal était trèa^-" riable ; tandis que les plus petits avaient 8 pieds demi de longueur, on a trouvé des débris qui noncent des individus de 20 pieds et plus. On en '

rencontré plusieurs de grandeur intermédiaire.

Quant au plesio-saurus , il offrait des dimeusiuj^ "^' plus considérables encore que celles de richthyt--^ Saums, dont il différait d^ailleurs prodigiensem< sous certains rapports. Il est vrai qn^il a dû

UmiBS , GXVSTJLG£e8 Vt MOLLUSQUES. 223

j^^Htonporain de ce dernier ; qu^il n^ayait , comme ^> pour tout moyen de progression que des na- ^^oires , dont il devait lui être impossible de se servir sur terre. Mais ce qui devait lui donner un ast^t totalement différent , c^était son cou énorme , Véritable cou de serpent , porté sur un tronc dont ^«B proportions différaient peu de celles des quat^rupèdes ordinaires, et terminé par une tête qui ^e rapprochait plus de celle des lézards que de tout ^utre animal. Ses dimensions , proportionnées à Té- ^roitesse du cou, n'étaient nullement comparables ^ c^llc de richthyo-saurus , qui faisait à elle seule k ^en près le tiers de l'individu ; la queue du plcsiottaarus , moins étendue que celle de Tichthyo-saurus , fc^Memblait plus h celle d'un quadrupède ordinaire q^*à celle d^un reptile.

Le peu de détails que je viens de vous donner sur tes reptiles qui peuplaient la terre à Tépoque reculée oà.ils étaient probablement les seuls vertébrés existans à sa surface , suffira pour montrer q|a''îls semblaient alors , tant par leurs dimensions crae par la variété de leurs formes , avoir Timporbuce que les mammifères ont acquise depuis. Ils toeaplaient à la fois la terre , la mer et Tair. Il y en ttvaît , comme le megalo-sâurus , dont les dimensions ne le cédaient qu'à celles qu'offre aujourd'hui Xat, baleine. Le meso-saurus (grand animal de Maês- ^riclit ) , le plesio-saurus et même l'ichthyo-saurus , 11* étaient guère moins volumineux que ne l'est aujourd'hui l'éléphant. Les mammifères seuls aujourd'hui se distinguent à la fois par la même variété

.224 mmzn.

dam lepn fonnet, et p*r Ict éBomML.dmMMM« qn'ik lonl raaceptiblea d*aeq;p<nr. Les ImIôimi, ki cachalots Tivent dans la mer comme le j^eiî»^** rus et richthjfo-saams; les ckaaves-soarit Tolest comme les ptérodactyles , 'pendant qpw le' reste dcf mammifères terrestres offlre dans sa strnctore.w ▼ariété qui donne lieu. à cette maltitude defemei et d'espèces reconnus dans la grande classe à laquelle ils appartienneiiL

On aurait droit de s^étonner si., à Fépoque oè h classe des reptiles offrait un si grand nombre d'espèces détruites aujourd'hui , et des formes si Bemhrcuses et si yariées , quelques familles de celte classe avaient été inconnues. 11 n'en est en.eflèl aucune dont les débris ne se trouvent enseyditdiiu les terrains détruits par les révolutions du globe. Cependant celle des batraciens (1) parait , si on ea juge par le petit nombre de débris qui se sont cobserves, avoir présenté jadis proportionnellemeot le plus petit nombre d'individus. L'existence de leurs ossemens ne ' se trouve même jusqu^ici bien constatée que dans une seule localité ( celle d'0£« ningen); et parmi ceux sur le caractère desqveli on ne peut plus conserver d'incertitude, on doit compter le fameux homme fossile de Schewiuer.

Il était naturel que ceux qui attribuaient toates

( 1 ) Les batraciens sont les reptiles analogaes à la greBoniD^ au crapaud , à la salamandre. Ils se distinguent de tous les n* très reptiles par leur corps nu et les métamorpbosei asxfttl^ les ils sont sujets.

UPTILE8, CKUSTAGIeS ET MOLLUSQUES. 22»

^es pétrifications au déluge fussent disposés à voir ^rtoot des ossemens humains , et il devait naturellement arriver aussi que , par suite de cette préoccupation , ils . prissent pour humains des dél>ris qui n^étaient que ceux de quelques espèces 9a détruites , ou dont Fostéologie était mal connue. .Aucune illusion sur ce sujet n^a été plus complète et plus célèt)re que celle de Schettchzer, médecin 'théologien , qui accueillit avec transport un schiste ^'OEningen qui lui sembla offrir l'empreinte trèsévidente du squelette d^un homme. 11 décrivit ce morceau en abrégé dans les Transactions philosophiques pour 1726 (tom. XXXIV, p. 38). Enfin il en fit r objet d'une dissertation particulière intitulée Vhommo témoin du déluge , qu'il publia avec une figure en lK>i8 qui est encore la meilleure représentation qu'on ait du morceau en question. Plus tard Scheuchzcr « reproduisit son assertion , affirmant de nouveau <]u'il est indubitable que son morceau contient une moitié, ou peu &'en faut du squelette d'un homme; que la substance même des os , et qui plus est , des chairs et des parties encore plus molles que les chairs , y sont incorporées dans la pierre ; en un mot, que c'est une des reliques les plus rares que nous ayons de cette race maudite qui fut ensevelie sous les eaux.» Cependant il fallait , comme l'a fait remarquer VL Cuvier , tout l'aveuglement de l'esprit de système pour qu*un homme tel que Scheuchzer, qui était médecin , et qui devait avoir vu des squelettes humains, pût se tromper aussi grossièrement; car cette imagination qu'il a reproduite si opiniâtre**

S2i imn x?L

mtmif «1 ffoiê Ton a â lo M y-t t np» wé pêt ét iv nftrôle, ne peat rapporter It jftmai léfor cnncB.

XalcrérèTidoKedMfriU, r«nrev pnp^ftf SdktfiMMM^, pcrtiita lonf^co^t. Su 17S8, il pÂi ^pie personne n*«Tiit reeonmi* l*illMion es m |rt» tention. PUîtê Ç^mf ê r ftit peut-être lepreHMTfti 1787, à U signaler d*ime manière positife, cm îa> diquant même ranimai anqnel apportenaîcBt In débris inemslés dans la roche d^Gbiïngen. « Valér lard pétrifié, dit-il en parlant dn prétendnhonM fossile I a pa passer ponr vn anthropolytibe. »

Depuis pette époqne, IL Cnrier a donné hé^ monstration la plus positÎTe de ce q[n*awt sniisan* Pierre Camper. L^anîmal , en effiet , n^est aiM ^'une salamandre g%uites(iae. Prenai msfMlette de salamandre et place»4e à côté dniesiflet sans yoas laisser détourner par la différence ^ grandeur, comme tous le pouvez aisément en conparant un dessin de salamandre de grandeur nstercUe avec le dessin du fossile réduit au sixième de sa grandeur, et tout s'expliquera de la manière h {dus claire.

« Je suis persuadé même, disait, il 7 a dix-sept ans, notre grand naturaliste, que ai Ton poufsil disposer du fossile et y chercher un peu pins de détails, on trouverait des preuves encore plus nombreuses dans les fiices articulaires des veri^nres, dans celles de la mâchoire, dans les vestiges des très-pelitss dents, et jusque dans les parties du labyrinthe deFo* rcille ; » et il invitait les propriétaires ou dépositaires du précieux fossile à proeédcràoes examens.

EEPTILB8, GK1I8TAG£e8 ET MOLLUSQUES. S27

L'examen que M. Cuyier demandait pour la oon* tirmation de ses idées , il a eu depuis Tavantage de Je faire lui-même,

S^étant trouTé à Harlem , le directeur du Musée lui permit de faire creuser la pierre qui contenait le prétendu homme fossile , aûn d'y mettre à découvert les os qui pouvaient encore y être cachés. L'or pération se fit en présence du savant directeur du Musée et d'un autre naturaliste. Un dessin du squelette de la salamandre avait été placé par M. Guvier ; il eut la satisfaction de reconnaître qu'à mesure que le ciseau enlevait un éclat de pierre , il mettait au jour quelqu'un des os que .ce dessin avait ao nonces d'avance.

Je ne dirai rien ici des restes fossiles de poissons : la seule remarque intéressante qu'ils soient susceptibles de présenter , c'est que tous ceux qu'on rencontre dans nos carrières, n'ont pu vivre que dans l'eau douce. Us étaient d'ailleurs différens de ceux que nous trouvons aujourd'hui dans nos rivières.

Je me suis arrêté si long-temps sur l'histoire des animaux quadrupèdes fossiles des animaux vertébrés , que le temps et Fespace me manquent également pour entrer dans quelques détails sur ceux des cUsses inférieures (1). Je me contenterai donc de

(1) On peut voir au Muséum , dans la salle qui précède celle que nous désignons sous le nom de grande salle des fossiles ^ une pièce de plus petite dimension , appelée petite salle des fossiles , où sont rénnis les invertébrés les plus curieux qu^on a pu se procurer.

ums zTi.

TOUS dire qne k mnaliM des lartHéMi Ibiâks ett incomparaUcaeiit pin» gE»ad:eBoon fP0 eefan des animaiiz Tertébréa, et que , punnicct dcnnen» les poistont k tonl plot que kt r^tjlet , les nptOes,

plot fueks nuunanfoetf etc.

LETTRE XVII

SUK LES Yi&ijkJiJ. POSSILV&.

itoire des animaux qui se son^ succédé sur la mis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours essante, celle des végétaux qui, à différentes , ont été ensevelis et conservés comme eux , noins curieuse ni moins féconde en résultats, dant le règne végétal a été Tobjet de rcchcrn moins nombreuses que le règne animal , lu défaut seul de tout ouvrage suffisamment

sur les végétaux fossiles qu'on doit attrisilence que j'ai gardé jusqu'ici sur cette mais notre ancienne correspondance ; aujour- •lus heureux, je peux vous présenter une

travail curieux d'un jeune naturaliste qui dignement sur les pas de son père (1).

les terrains de sédiment , tous ceux , par ent, dont la formation est postérieure à celle

Â.dolplie Bronipiiart , qui , dans son Histoire des véisiles , se propose de réunir tout ce que U scieaee or ce sujet important , joint k des rechercbet noQit il serait superflu de chercher k faire ressortir rim-

230 LSTTBX Xtll.

des terrains primordiaux, contiennent des dè-^-^ de végétaux en plus ou moins grand nombre.

Ces végétaux sont le plus souvent terrestres annoncent, par conséquent, que quelques par de la surface de la terre étaient découvertes à poque où les terrains qu'ils renferment se sont a posés ; dans quelques couches cependant on ne r contre que des végétaux fossiles, analogues aux fîi^ et autres plantes marines. La masse des grèsbig qui renferment les dépôts de sels gemmes (1), les couches moyennes de la craie paraissent dans cas.

Les recherches de M. Adolphe Brongniart V conduit à reconnaître que les végétaux fossiles , é diés dans Tordre de leur création , paraissent in< quer trois grandes périodes pendant chacune d quelles la végétation a conservé les mêmes caractè: essentiels , tandis que ces caractères sont totalemeK^ différens quand on passe d'une période ou d*^ groupe de formation à un autre.

La première période , la plus ancienne , compre Fespacc de temps qui s'est écoulé depuis le des premiers terrains de sédiment (époque oik pr< bablement la végétation a commencé h s'établir la terre) jusqu'après le dépôt des formations houille. On peut considérer les grandes couches houille comme résultant de la destruction de cctt végétation primitive de la terre ; l'ancienneté de terrains dans lesquels se rencontrent les végétao:^

(1) Voir sur la formation dos gemmes , Is lettre sui'

nm us TiaiTAvx rossuxs. Ml

E'jpirteiiant à cette période, proave , ce qqe d^ail- ■m on aurait pu admettre à priori , que la yie a ^luneDcé sur la terre par le règne végétal. Pen* int tout rintervalle auquel appartient la période le 90US signalons, les animaux invertébrés seuls vaient sur les terrains mis à nu ; il est douteux le les mers renfermassent des poissons.

Après Ja période que nous venons de signaler , il ttt déposé plusieurs couches qui ne renferment que 38 végétaux marins ou des végétaux terrestres en op petite quantité pour permettre de rien établir i positif sur la nature de la végétation du globe à Ipoque de leur formation. Au-dessus de ces coules (qui comprennent le grès bigarré et le calcaire tnchylier), on recommence à trouver une végéta- 3n nouvelle , tout-à-fait différente de la première, . qui s'est maintenue sur la terre pendant tout le mps qui s'est écoulé depuis le dépôt du lias ou du il à bâtir jusqu'à la craie. C'est ce qui forme la C9nde période de végétation , dont on trouve au* urd'hui les débris renfermés principalement dans calcaire jurassique , ou dans les couches immé* atement inférieures ou supérieures à ce terin. Pendant cette période , aucun mammifère terstre ne parait avoir paru sur la terre , qui n'éit habitée que par les grands reptUes , au nom- 'e desquels se trouvaient ces ptérodactyles, ces eaio-oaurus, ces ichthyo-sai^rusy que la nature ait organisés pour voler et pour nager.

La seconde époque se termine à la craie : cette irnière formation ne renferme que quelques tra-

232 UTTAI ZTU.

ces de plantes marines , et sépare la seconde épc^ ^^ végétale de la troisième , cpii répond à Tespaci temps pendant lequel nos terrains tertiaires se formés, c^est-à-dire celui pendant lequel ont^^ lieu les dernières irruptions marines dont n< pays a été le théâtre , et les intcnralles qui ont mis la propagation , d^abord des palsotheriomi des anoplotheriums , et autres genres aujourd* perdus, puis des éléphans, des rhinocéros, et très races contemporaines.

Il ne faut pas croire que , pendant chacune ^' trois périodes que nous Tenons de signaler , la ' gétation soit restée parfaitement la même ; ell< plus ou moins varié; et- ces périodes, M. Adol[ Brohgniart ne les donne que comme des abstractio::^ On peut les comparer à ce qu^on a nommé ré^ en géographie botanique. Les mêmes végétaux "^

se trouvent pas partout dans une même région ; ^

cependant Tensemble de la végétation présente da^— -^^ chacune d'elles des caractères qui la distinguent celle des régions voisines ; ainsi , sans être profbi botaniste , on reconnaît facilement la différence existe entre Fensemble des végétations des boi de la Méditerranée, du nord de la France et-d Hautes-Alpes , ou du nord de la Suède. Il en est même pour les époques reconnues par M. Brongniai seulement la nécessité de classer les végétaux d*a près les débris qui nous en restent , ajoute beaacoi à la difficulté de la détermination.

Pourtant, une comparaison attentive des portioi de végétaux qu'on trouve dans les différentes co«X'

SUE m TialTÀVX vossiies. 233

7te les mêmes organes des végétaux TÎTans , induire à déterminer, dans la plupart des

famille et même le genre auxquels ces yéont appartenu, détermination curieuse, à e laquelle on peut, par un travail analogue

qu^a fait M. Cuvier sur les espèces inconinimaux fossiles , se représenter les caractè> aspect de la végétation qui couvrait la terre b chacune des périodes que nous venons d^in-

îs m^efibrcer de vous faire connaitre les rétrès-importans auxquels M. Adolphe Bronst arrivé sur ce sujet, en commençant, comme ivons fait pour les animaux,' par les couches .8 superficielles , par celles dont la format la plus récente , pour descendre ensuite mations anciennes.

«bord, dans la troisième période, si nous )rnons à considérer les végétaux renfermés s terrains supérieurs d^eau douce , et autres ons antédiluviennes des plus récentes, nous avérons rien qui annonce un climat différent 'e ; les plantes sont celles qui croissent encore os contrées. Dans les meulières des environs s , par exemple , les fossiles indiquent Texise genres semblables à ceux qui se rencontrent dans nos mares et dans nos étang»; ce sont ra y des nymphéa y. etc.

\ les formations plus anciennes de la dernière î, dans celles qui sont séparées des terrains ouce supérieurs par des traces d^une ou plu-

MMn famptiom mirinei, la Tég« U I» U B crt dîAicBta. EUc a'ogn encore, il ««t Tnî, rien im MB oucable qui ne m retrouve acIocBtMcatM k gkbe ; nais Ici végtUax qni «onmieutdatiMtn m1 k'Aaient pN vttix foi renbcUlHMt m^ d'hntiib apparlenaient pmqutt totttb dM^ai prOfrctaMueltcment au paj* chasd*. lUaiaidlN palnicn et phisicari fetrilût qui «riiiMciiiwJ { ^er <Ut iBuiera et étt raélaatonetf hh ttaà «■ core ■«• fruits de l'Ile Shcpey , dont la plupart m penreat être rapprochés que de genrei exotiqaii dei paya chauds. On ne peut même doaUr qu la lignite» décrits par M. Fanjas de Saint-prâd m aoicnt, en grande partie, composé* de troua de palmiers dont ou a même retrouTé qndquet fruîll qai aDDonceut des eocotiers on nu des genres *«■■

Des troncs de palmiers , ou d'autres arbres mMOcotylédons, ont été trouvés à Montmartre; desfbaille* de palmiers ont été rencontrées dans les pUtciires d'Aix et dans la molasse des enriroas <bi Lausanne; ainsi , à l'époqne où les animaux de Voalmartre (les palsotherioms et les anoplotberiops) Tiraient aux cntirons de Faris , )e même ad dm rissait des palmiers ; et ces deux circonstance* ri nies annoncent déjà d'une manière évidente on climat pins cbaud que celui que nous supportons •^ tuellement , quoii^c moins brûlaift qne celui do régions êqaatoriales.

Du reste, abstraction faite de oe déplaoement de climat, la totalité de la Tégélatïon de l"êpoque qoi

SUR LIS Y^aÉTAUX tOSSILXS. 235

nous occupe présente tous les caractères de la yégétation actuelle , prise dans son ensemble ; elle se composait , comme celle qui couyre aujourd'hui le globe , de végétaux très-nombreux , très-variés , analogues, quant aux j&milles et aux genres , à ceux qui existent encore actuellement. Ces végétaux considérés relativement aux grandes classes qu^ils com^' prennent, se trouvaient dans des rapports numériques à peu près les mêmes qu'actuellement , e'estli-dîre que les djeotylédons étaient de beaucoup les plus nombreux ^ et les grands cryptogames , tels que les fougères , les lycopodes , etc. , les moins nombreux.

La seconde période de végétation , celle qui correspond à Tespace de temps qui s'est écoulé depuis le dépôt des couches de grès immédiatement inférietn'es au calcaire du Jura jusqu'à la craie inclusi- Tement, offre avec la précédente des différences considérables.

Nous n'y trouvons plus rien qui annonce ni les plaMes dycotylédones de notre époque , ni les palmielrs ; les cryptogames s'y montrent en proportion imntiense; la famille des fougères seule y figure pour im tiers , el , conjointement avec les cycadées et les eottifères, elle forme -la presque totalité de la végétation. Une particularité bien connue de ces différentes faiMilles , c'est que leurs genres , du moins pour les fougères , étant susceptibles de croître sur la totalité du globe terrestre , on remarque que partout , dans ces* genres , le développement des indiliém se trouve en proportion de l'élévation de la

tempénturedacHiiiatiÔr^ ÔMMmltpénoét^mm occupe 9 les geniet dont il eil .qaeilioA-«Aatt.w degré de développemeiit qpi paraît «roir àpcaprli égalé celui qa*flt présentent dans let régioMéfM^ tonales. Les pins petits appartiendraient aajoiiidM tout an moins an climat du cap de BMina-fisplMaMë et de la NouyeUe-HoUande.

Remartinons de plus que la'préseneei dans ki^ conde période y des deux iamillet dea.CTcadéestt des conifères est eatrémement cnricneei en.49 qa*dk semble indiquer une espèce de passage entre k végéta tien de la troisième, période, où les dycotylédoncs dominent, et celles de la première, dsnt laquelle , comme nous allons le Toir ; les plantes cryptogames constituent k elles seules la presqne totalité de la végétation. Ajoutons de plus .que la végétation de cette seconde période , plus abondsate en espèces si elle Test moins en genres que'celk de la troisième , est au contraire moins abondante en espèces et plus en genres que celle de la prcauère.

Pour dernière remarque , fusons observer que» pendant la durée de cette période , le règne aniasl a présenté des modifications analogues k celles da règne végétal; ainsi, point de mammifères/ ai marins, ni terrestres. Les reptiles formaient à en^ seuls tous les vertébrés, et les individus de cette classe d'animauxi constituant d'ailleurs aussi des gcares différens de ceux qui existent maintenant, présentaient des individus dont les dimensions étaieat plus considérables.

Arrivons enfin k la première période, d'autsat

SUR iKs t£o£taiiz fossiles. 237

plus cnrieuse cpi^elle nous porte à Tépoque de la premièFe apparition de la vie à la surface du globe ; les végétaux de cette période , dont les restes ont fermé les couches de houille , présentent au plus haut degré les caractères de la simplicité dont nous ayons vu que la nature ne s^était encore que peu écartée à la deuxième période : ils sont tous remarquables par leur peu de variété , par la simplicité de leur organisation et par la grandeur de leurs dimensions.

r Les végétaux de la première période paraissent tous pouvoir se rapporter à six familles différentes , tandis que maintenant nous en connaissons près de deux cents. Sur ces six familles, quatre appartiens nent aux cryptogames ( à la famille dont Torganisation est la plus simple ) , une aux monocotylédonés , et probablement une aux dycotylédones ; même ces derniers groupes diffèrent tellement des monocotylédones et des dycotylédones connues actuellement , qu'il y a beaucoup de doute à leur égard , tandis qu'il n'y en a presque pas pour les quatre premiers.

Le rapport numérique des espèces de la première végétation comparée à ce qui se passe de nos jours oflEre encore une disproportion plus grande ; alors , sur cent espèces , quatre-vingt-douze au moins appartenaient à cette classe si simple des cryptogames , six aux dycotylédones , et deux aux monocotylédones. Ce rapport est tout-à-fait inverse de celui des végétaux vivans , parmi lesquels , sur cent , il n'y en a guère que trois à quatre cryptogames

^99 ucmi xTn.

Tasoubires, des méaies familles que celle? qv^on trouve à Tétat fossile, tandis qu^il j a environ quatre-vingts dycotylédones et seize monocotylédones.

Des conséquences extrêmement curieuses resaortent de ces considérations générales sur la nature de la végétation primitive.

£t d'abord, si iious nous arrêtons aux dimen* sions que présentent les individus de chacune des £imilles existantes à Fépoque qui nous oocupe, non» verrons que tous ces végétaux offrent un développement , une grandeur, une force de végétation bien supérieurs à ceux qu'ils acquièrent dans nos climats , et même à ceux dont jouissent ces mêmes ùtmilles dans les régions équatoriales.

Ainsi les fougères en arbre de cette première période , quoique analogues , à beaucoup d'égards, k celles qui maintenant ne croissent plus que sous la Zone Torride , s'élèvent à une bauteur -double de celle qu'atteignent les plus élevées parmi ces dernières : elles ont jusqu'à 40 ou 60 pieds, tandis que, dans notre époque, elles ne dépassent pas 20 à 25 pieds au plus , la plupart ne s'élevant qu'à S ou 10.

Les lycopodes et les équUétaoia ne sont aotuellelement que des plantes herbacées, ou tout au pins de petits «rbustes qui s'élèvent à quelques pieds de haut; parmi les plantes du terrain houiller, an contraire, les éqwiséiacésy du genre calamité, ont 10 à 15 pieds, et peul^êtrc plus, de haut, et les lycopodacées , qui forment le genre lepidodendron, ont juaqu'à 60 ou 70 pieds de haut

SUR LES TieiTAVX FOSSILES. 219

Or nous voyons actuellement que les yégétaux de ces (rois familles , les fougères , les lycopodiacées et les presles , acquièrent toujours une taille d'autant plus considérable , que le climat dans lequel elles croissent est plus chaud. Nulle part elles ne s*élèyent si haut que dans les régions à la fois chaudes et humides , telles que celles de rAmérique équinoziale et des Iles de Tarchipel d'Asie ; nous pou- Tons donc raisonnablement conclure de cette •con'sîdération , que les yégétauK des terrains houillers ^nt dû croître sous iin climat à la fois beaucoup plus chaud et plus humide que les régions équinoxiain de TAmériqueet que les Iles de Farchipel d'Asie.

Cette oonclusion , qui se présente déjà ayec un si liaut degré de yraisemb lance , va paraître encore plus évidente par des considérations puisées dans le genre de la végétation des terrains houillers.

Notas disions tout-à4'heure que la végétation des lerrains houillers était surtout remarquable par la grande proportion d'espèces appartenant a la classe des cryptogames : or, si nous cberc^ns k la surfiice du globe les points où maintenant la proportion des grands groupes de végétaux entre eux se rapproche davantage de celle qu'on observe parmi les fossiles de la première période , nous verrons que , dans les Iles , les cryptogames deviennent in- €u>mparablement plus nombreux que sur les continens , et que , parmi ces espèces , ce sont surtout les fougères et les familles voisines qui prédominent.'

Os remarque même d'une manière évidente que ,

240 LSTTAE xm.

plas les Ûes sont petites et éloignées des continens , plus les fougères lycopodes deyiennent nombrenses, tandis que les végétaux phanérogames diminuent de telle sorte , que dans les Iles isolées , telles que TAs' cension, Tristanda-Cugna , etc. , ces familles peuvent surpasser les phanérogames , ou du moins les égaler ; nous pouvons donc concevoir que , si des Iles éparses au milieu d'un vaste océan existaient sans aucun grand continent, leur flore aurait le caractère de la flore de cette première période de végétation , quant au rapport numérique des plantes entre elles.

Ces deux considérations du rapport numérique des végétaw^ entre eux et de leur taille , comparés à ce qui a lieu maintenant h. la sur&ce de la terre , nous permettent donc de penser qu'à Tépoque de la formation des houilles.

1" La surÊice découverte de la terre ne formait que des iles ou archipels épars au milieu d'une vaste mer sans grands continens ;

2* Que la température de ces iles était beaucoup plus élevée que ne Test aujourd'hui celle d'aucun lieu de la terre ; et de plus , comme partout les végétaux fossiles de la première période de la végétation présentent à peu près les mêmes caractères, nous devons en induire que cette température plus élevée était répandue plus uniformément sur tonte la surface du globe.

Une foule de faits de détails sont venus confirmer M. Adolphe Brongniart dans l'adoption de cette théorie. En efiet , les bassins houillers se reneon-

81JB IIS TiairAVX fossilss. 241

trent prescpie toujours semés en séries interrompues, de manière à se rapprocher de ce qu^on remarque dans les archipels où les Iles, représentant des sommets de chaines de montagnes , sont presque toujours disposées par lignes interrompues ; des iles basses , semblables , pour leur position , aux fles de coraux de la mer du Sud , devaient présenter une végétation très-uniforme , attendu qu'elles n^ont pas de montagnes.

Si la considération de la nature et des dimensions des végétaux, qui croissaient sur les premiers terrains de transition nous conduit à regarder la surface du globe comme couverte par une mer immense d'eau chaude, au milieu de laquelle s'élevaient quelques fies , la géologie confirme le même résultat eu nous faisant connâitre l'immense étendue et la puissance des calcaires de transition ( formations déposées par la mer )j qui servent xomme de base aux terrains houillers , et l'étendue bornée des couches de houille.

La nature des animaux que ces mers immenses renfermaient offre une nouvelle preuve de leur température élevée.

Aucun mammifère n'est connu à cette époque ; on sait que de nos jours aussi ils sont beaucoup plus rares dans les petites îles où ils n'existent peut-être que lorsqu'ils y ont été transportés des continens. Au surplus, les végétaux qui existaient à l'époque qui nous occupe ne pouvaient servir de nourriture à aucun animal connu.

Quant aux dépôts houillers eux-mêmes , M. Adol-

242 LETTIS XVII.

fdie Brongniart ks représente comme de vaHes tourbières très-différentes, il est vrai, des tourbières actuelles par la nature des végétaux qui leur ont donné naissance , et par le climat sous l«quel elles se sont formées , mais composées , comme elles , des détritus des végétaux qui avaient crû sur ce sol bas et humide depuis un temps plus ou moins coaaidé* rable.

Les couches de tourbe ancienne ont été eaaevelies par le dépôt de couches de grès on d^argile, dont Torigine est difficile à concevoir.

Ces lits de tourbe se sont reproduits à plusieurs reprises pour donner naissance aux diverses couches de houille qui composent une même formation houillère. Enfin elles ont été recouvertes complètement , et la végétation qui leur donnait naissanes parait avoir été détruite par quelque grande catastrophe contemporaine de réjection des porphyres , qui , dans beaucoup de lieux , recouvrent les terrains houillcrs. Peut-être doit-on attribuer à ces porphyres eux-mêmes, et à la chaleur qui a accompagné leur éruption , la destruction complète des végétaux vivans et la carbonisation parfaite des Uts de charbon. On sait , en effet , que , dans des terrains plus réeens , les lignite* , qui ordinairement présentent une apparence terreuse, prennent Taspect de la houille ou de Tanthracite , lorsqu'ils ont été recouverts par des couches d'éjections volcaniques. C'est ce qu'on observe en divers lieux , ce qu'on remarque sur les végétaux enfouis sous les laves des anciens volcans de l'Auvergne*

suB LES riattÂmi lossiiis. MS

ÂXDtif en résumant ce qui est relatif à la Tégétation

4e la tenre dans les trois grandes périodes admises

par M. Adolphe Brongniart, nous la yoyons d'abord

simple comme Torganisation du règne animal aux

mêmes épo^es; nous retrouvons dans ses carac^

tères la preuve de cette température élevée que

tout prouve av-oir été en effet celle de la terre au

temps de la formation de ses anciennes couches de

terrain de transition et de transport ; la distribution

des familles et des genres nous représente les pre*

mières terres mises à nu comme des îles sortant à

peine du vaste océan primitif, qui n'a formé que

plus tard nos terrains tertiaires.

À la seconde période , séparée de la première par mn temps qu'on peut supposer très-considérable , la végétation se complique et se modifie dans un sens 4{ui la rapproche , sous tous les rapports , de ce qu'elle deviendra dans la troisième t elle indique mine plus grande étendue de terre sortie de l'océan , '«ine température moins élevée , des genres de végé- '(aux qui se rapprochent de ceux qui prédominent %aaintenant , surtout de ceux qui croissent dans les régions équatoriales.

 la troisième période apparaissent les plantes anonocotylédones et dyootjlédones ; les familles et les genres deviennent beaucoup plus nombreux; tout annonce une température plus modérée , en Vin mot , un état de choses qui se rapproche de plus en plus de l'état actuel.

Ces résultats , auxquels conduit l'étude de la botanique de l'ancien monde , sont d'autant plus eu-

244 UETTii zm.

lieux, qa^ils offrent un accord bien remarquable avec ceux <{ui résultent de la zoologie antédiluyienne. L^une et Tautre de ces sciences se réunissent pour ' prouver que la température de la terre a toujours été en diminuant , depuis la formation des terrains }es plus anciens jusqu^à nos jours , et que Tétendue des continens a toujours été en augmentant de telle sorte, que les parties découTertes ont commencé par n^étre que de simples Iles , qui peu->à-peu , par rabaissement des mers ou par le soulèvement du sol, sont devenues de vastes continens.

De ces deux grands résultats (la diminution gra duelle de la mer et celle de la température), le premier parait, comme nous Tavons vu (voir lettre I), si clairement établi par la physique , la géologie et Tastronom^ie, qu^il pourrait passer pour une vérité suffisamment démontrée , quand même la zoologie et la botanique fossiles ne seraient pas venues le confirmer; mais quand on voit toutes ces sciences diverses cpuduire chacune à part vers une même hypothèse , il semble que cette hypothèse doive être regardée CQmme ayant acquis le degré de probabilité dont nous sommes forcés de nous contenter relativement à toute vérité qui ne peut être confirmée Par Tobservation immédiate.

LETTRE XTIIL

SE Lk KASSl SES EAtX^

Là masse totale des eaux ayant joué , par ses déplàcemens, et peut-être par son changement de volume, un grand rôle dans les révolutions du globe, il est important de la considérer principalement sous le point de vue des modiBcatiôns qu^elle peut apporter à Tordre actuel des choses pat son action journalière. Nous considérerons donc sous ce rapport :

1» L^océan, ou la masse des mei'S qui sobt en communication mutuelle ; 2* Les lacs salés sans issues ; 3" Les courans d*eaU douce i 4* Enfin la masse des eaux glacées. /

L^océan couvre un peu plus des trois quarts de la surface du sphéroïde ; sa forme, est très-irrégulière, et dépend de la distribution des montagnes et des vallées : son étendue est plus grande dans Thémisphère austral que dans le boréal, et de là on a voulu (mais sans raison) conclure que peut-être les deux hémisphères ne pesaient pas également, assertion que dément positivement la rotation ^^

246 IKTTRB XYin.'

la telre , qui ne pourrait subsister telle qo^clle est, si les deux hémisphères n^avaient pas le même poids.

On a cherché à évaluer la profondeirit moyenne de rocéan, et on est arrivé à des résultats extrêmement variables. Les uns, en effet, Font évaluée k cinq cents mètres , tandis que d^autres Font portée jusqu^k vingt mille ; évaluation prodigieusement exagérée , car toutes les idées théoriques , d^accord avec les observations récentes les plus soignées, prouvent qu'on ne doit pas la porter à plus de sept à huit mille mètres, c'est-à-dire environ une lieoe et demie \ de sorte que si on supposait la otaste des eaux répandue uniformément sur toute la superficie du sphéroïde terrestre, elle ne le couvrirait qu'à une distance de cinq mille mètres, ou une lieue.

La masse des eaux diminue-t-elle progressivenient, de manière à devoir laisser un jour notre globe à sec ? augmente-t^elle , au contraire , comme Tout pensé certains auteurs qui doivent nous regarder comme menacés d'un nouveau déluge? ou bien, esfin ,^reste-t-elle à peu près la même dans la suite des siècles , en ne faisant que changer de lit à chaque révolution ? Telles sont les questions importantes et difficiles sur la solution desquelles je vais vous dire le sentiment des hommes le plus en crédit dans la science.

L'opinion de la diminution progressive des eaux se trouve principalement répandue dans les ouvrages des auteurs qui ont reconnu les traces du séjour de la mer sur les plus hautes montagnes. Us ne pouvaient guère, en effet, sur cette simjde donnée ,

Dl LA MA081 DBS KAUX. 247

ftToir d*aiitre pensée que celle d*nne élération générale de la mer au-dessns de tous les contînens , smr lesquels elle avait fait primitivement un séjour long et paisible , jusqu^à ce que , par suite de causes varhbles , les sommets des plus hautes montagnes eu»sent été mis à découvert.

Cette opinion n^est plus admissible depuis les nouvelles découvertes qui prouvent que les difFérenâ terrains ont tous été successivement , et h plusieurs reprises , mis à sec après avoir été couverts par Tocéan , puis de nouveau envahis par lui après avoir nourri des animaux terrestres. De pareilles obser*^ vations prouvent d^une manière trop incontestable que c*est par suite d^un changement de lit que Fô* céan a occupé, les unes après les autres, tontes les parties du sphéroïde terrestre. Au reste ^ il faut remarquer que la masse des eaux occupant plus des trois quarts de la surface du sphéroïde , il suffirait qu^ elles abandonnassent un tiers seulement des terrains qu^elles recouvrent pour envahir tous les continens.

Les partisans de la diminution graduelle des eaux appelaient à Tappui de leur opinion un grand nombre de faits qui paraissent, au premier coup d*œil, prouver en effet que , même depuis les temps historiques, la mer a laissé à sec beaucoup de Ueitt qQ*elle occupait jadis. Ils citaient le port de Fréfns, autrefois si célèbre pour Fasile qu41 donnait aux galères des Romains, et qui se trouve aujourd*kin très-éloigné du rivage; celui d^Aigues^ortes , oè saint Louis sVmbarqua sur les vaisseaux qui lepor-

248 ISTTBE XTIII.

tèrcnt en Orient , et qui se trouve également h sec ; celui de Brindisi est dans le même cas; enfin la ville de Da miette , située , du temps de saint Louis , au bord de la mer , en est déjà éloignée de neuf à dix milles d'Italie.

Ils citaient , de plus , un grand nombre de faits semblables , qui , bien qu^attestés par les traditions historiques , ne peuvent pourtant rien prouver ; car tous les ports de mer dont nous venons de parler se trouvant situés à Tcmboucbure de grands fleuves qui, comme le Nil, la Loire, le Ahône, etc., voiturent beaucoup de sable et de matières terreuses qu*ils déposent sur le rivage , on voit qu^il j a tout lieu de croire que ce n'est pas la mer qui s'est retirée pour laisser son fond à sec , mais ce fond lui* même , au contraire , qui s^est élevé progressivement au-dessus du niveau des eaux ; dans un de ces ports même (celui de Brindisi), le travail des hommes a évidemment aidé l'opération de la nature.

La Baltique , seule de toutes les mers , parait diminuer réellement de profondeur; mais, suivant toute apparence , cette diminution est un phénomène local qui dépend de l'élévation de son fond. Au reste , on saura vraisemblablement dans peu à quoi s'en tenir sur ce point , car on a pris , au commencement du dix-huitième siècle, toutes les précautions possibles pour ne conserver aucun doute. Si, comme tout porte à le croire, c'est réellement le fond de la Baltique qui s'élève, cet effet doit être attribué n la même cause que les précédens; c'est-ù-dire aux troubles que les fleuyes,

DE LA HA8SI DES EAUX. Vi9

charrient, et qu^ils déposent au fond de la âier.

Mais , si rien ne peut prouver Topinion de la di'- Diinution des eaux de Focéan , leur augmentatiba progressive est encore plus loin d^étre démontrée d^une manière satisfaisante , et le peu d^auteurs qui Font admise se sont , comme leurs adversaires-, âp^ puyés sur des faits réels, il est vrai, mais dont la véritable explication leur était inconnue. '■

Ainsi ils rappellent que plusieurs contrées de- la basse £gypte, qui sont maintenant au-dessous du nîr veau de la mer , et que la salure des eaux rend stérileB et inhabitables, étaient, il y a trois mille à^s, au-dessus de ce même niveau , et fertiles. On aurait, cependant tort de conclure de ce changement incontestable que les eaux de la Méditerranée se son^ élevées i s'il en était ainsi, cette élévation aurais produit sur toutes ses côtes des effets trop sensibles pour qu'on eût pu les méconnaître.'

Quand on s* occupe de cette grande question de rélévation ou de rabaissement du niveau de la roér, il est extrêmement important de se convaincre que celui des continens, bien loin: de rester invariable', éprouve souvent des changemens considérables, même dans Fespace de quelques siècles. C'est oe qui nous est prouvé jusqu'à l'évidence par l'état dans le» quel se trouvent plusieurs monumens anciens, dont quelques-uns paraissent avoir été abaissés ou élevés avec le sol qui les porte , tandis que d'autres qu'on retrouve maintenant à moitié engagés dans la terre , ou s'y -sont enfoncés par leur poids , ou ont été peu* à -peu entourés par elle , tout le sol des environs m

2fi0 itmi XTiu.

soulevant, excepté celui qui se trourait miinti^^ , ■

dans sa place par la pression que le bAtiment

£iisait éprouver. Cest ainsi que les ruines du to::^

beau de Théodorîc de Vérone , roi des Goths , co^^^^ .

fltruit Tan 495 , près de Rayenne , en Italie , se so^^^^ ..

tellement enfoncées dans la terre , qu^on ne yc^^ .

plus que la moitié de ce monument gothique ,

reste étant caché sous le sol.

^^^^o~ Ce fait est d'autant plus remarquable , que ce m^ ^^

nument, d'une masse énorme pour sa pesanteur, ^'

certainement été élevé sur des pilotis. .^

On voit , dans plusieurs endroits de rÉcosse , 1^^ « restes des murs que les Romains firent construir^^ au deuxième siècle de Tère chrétienne , et qui coi ^ pent ce pays d'une mer à l'autre ; mais ils sont an jourd'hui enfoncés dans la terre , et il Êiut fomlle: pour les trouver.

Il en est de même d'un autre mur qa^ Adrien fi' bâtir en terre vers l'an 125, et qui traversait FAn— gleterre depuis Newcastle jusqu'à Carlisle. Il fut, e 432 , reconstruit en briques par Aétius , général d l'empire romain , qui lui donna alors huit pieds d*< paisseur sur douze de hauteur.

On peut supposer, avec beaucoup de vraîsem blance , que ce mur a été démoli dans les endroit où Von ne trouve plus aujourd'hui aucun vestige* mais que doit-on présumer quand on voit ailleun^^ ces vestiges totalement ensevelis? Il &ut, ou quer cette masse se soit enfoncée sous terre par son pro^ pre poids , ou que la terre se soit haussée au point? qu'elle l'ait entièrement recouverte.

SE LA HA8SK BSS BAUX. ^1

Mais quelle que soit celle de ces deux suppositions à laquelle on s'arrête, on doit en tirer la conséquence qu'on ne peut jamais obtenir aucun point fixe sur les continent pour apprécier les changemeùs de niveau de la surface des mers; car on ne sera jamais sûr que le rocher, je suppose, sur lequel on prendra une mesure , ne s'enfoncera pas dans le sol plus mou sur lequel il peut reposer , ou bien qu'il ne s'élèvera pas avec le sol lui-même. Notez que , dans l'exemple que Je viens de vous citer des murs bâtis par les Romains , on ne peut supposer que la culture ait accumulé des débris ou des décombres qui auraient pu les recouvrir; car c'est dans des pays tout-à-fait incultes qu'ils ont ainsi disparu de la surface du sol.

U est si vrai que ce n'est pas à cette dernière cause qa^on doit attribuer l'effet dont nous parlons , que ^8 bâtimens plus anciens que les murs d'Adrien, situés au milieu de villes commerçantes et de terres cultivées , n'ont point éprouvé le même effet ; ainsi, àlïtmes, la Maison carrée, bâtie sous Auguste, parait 8a)>sister encore telle qu'elle a dû y être construite.

Afin que vous n'éprouviez pas trop de répugnance à admettre ces changemens lents et presque insensibles qui , par la suite des siècles , se trouvent produits à la surface du sol, je vous rappellerai ceux qui, dans les tremblemens de terre, ont lieu d'une manière si incompréhensible , et dont je vous ai cité tant d'exemples (1). Je n*ai pas besoin de vous rap-

(1) Toyez les notes.

252 L£TTBB X?1II.

peler le fait si extraordinaire, arrivé près de Pouzzol, lorsque le Monte-Nuovo , haut de 2400 pieds, s'éleva dans une seule nuit. Mais je ne peux m^empéclier de vous citer un fait plus concluant encore.

En 1571 , en Herrefordshire , on vit une étendue de vingt arpens de terre labourée et de prairie se séparer de la masse commune , et être insensiblement transportée , en trois jours , à 400 pas de distance. Ce qu'il y eut de plus singulier , fut qu'on n'entendit aucun bruit ; seulement , lorsque ce terrain ambulant se fut fixé, la terre s'enfla subitetaient, et il se forma une élévation très -considérable.

n me semble que , pour celui qui fsiit attention ^ des faits si singuliers , et d'ailleurs parfaitement cou-' statés , il ne doit plus paraître étonnant que A-^^ changemens plus considérables aient lieu, à laLo^' gue, dans une grande étendue de pays , quoiqKs''^ 'Se fisissent d'une manière insensible et dans l'esp^ "^^ de plusieurs siècles.

Il est démontré , par exemple , que la surface l'Italie n'est plus la même que du temps de 1' aîenne Rome ; c'est ce que prouvent les fameux c mins consulaires, dont une partie encore esl bien conservée. ,

Le censeur Appius Claudius fit commencer un ~ ces chemins il y a 2,168 ans. 11 avait 14 pieds largeur, et conduisait en ligne droite de Rom^^^ Capoue ; pour le niveler , il fit couper plusieurs mc^^^^'^'' tagnes , et particulièrement celle qu'on nomme ^^^^ jourd'hui Pisca marina, près Terracino : elle ^" percée à une hauteur de 200 pieds, et chaque iliza» -*^'

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