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de pieds est martpiée par des lettres romaines. Sur les parois de la montagne , le fond de ce chemin était si ferme, et les pierres étaient si étroitement liées, qjue, dans les endroits où on Fa retrouvé, il est aussi entier, aussi solide que lors de sa construction; on ne peut pas même faire pénétrer la pointe dhine épéedans les joints de ces pierres : néanmoins , il se trouve actuellement impraticable dansTétendue de plus de 60 lieues dltalie , c'estrà-dire depuis Rome jusqn^à Torre-della-more ; enfin , il se perd dans les .vastes et profonds marais Pontins , desquels il sort tout entier. On peut alors le suivre sans interruption pendant plus de dix lieues d'Italie jusqu^à Sainte^ Agathe , où Ton est obligé de le quitter de nouveau.
Un autre chemin consulaire, nom mé Via Flaminia , traverse Tltalie depuis Rome jusqu'à Rimini / il a ^té construit il y a environ 2,000 ans ; aussi , dans cet intervalle , a-t-il éprouvé des ohangemens bien considérables. On voit deux inscriptions : Tune sur le pont de Ciita^Castellana , et Fautre au-dessus de la porjte d'une hôtellerie à Castel-Novo , qui annoncent que la belle partie de ce chemin , depuis Otrvcoli jusqu'à Castel-Novo , dans une étendue de plus de 20 lieues d'Italie , a été ensevelie depuis plusieurs siècles. Aujourd'hui , les voj ageurs peuvent suivre cette route.
D'après ces observations et plusieurs autres semblables, il y a beaucoup d'apparence que toute l'Italie s'est abaissée vers le milieu , en se haussant ou en retenant sa première situation vers les deux extrémités.
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Ce qu^onpeut constater d^une manière si évidente pour ritalie doit être vrai pour bien d^autres contrées , dont le sol n^a pas sans doute été moins que celai de ce beau pays sujet aux changemens de niveau les plus considérables. Cependant, comme Tltalie est bien plus qu^aucune autre contrée couverte de monumens antiques dont la situation primitive nous est connue, on a pu y faire un plus grand nombre d'observations semblables.
Près de Pouzzol , et à 50 toises seulement de la côte , on rencontre les ruines d'un temple de Sérapis , dont le pavé est maintenant au niveau de la mer : or , il est extrêmement probable qu'on n'aurait pas construit un pareil édifice dans un lieu si bas et si peu éloigné du rivage. Mais ce n'est pas tout , le terrain sur lequel repose cet édifice a été envahi par la mer , qui a laissé sur ses ruines des traces évidentes de son séjour : on y remarque, en effet, sur les murs, à 6 ou 7 pieds au-dessus du sol , des traces d'incrustations produites par les eaux; et, sur trois colonnes qui sont encore debout, depuis 10 pieds, à la partie de la base , jusqu'à 16 , on trouve des trous de pholades parfaitement reconnaissables. Notre Muséum possède une des pièces enlevées à ce temple : elle est d'un très-beau ûiarbre , et la coquille des pholados s'y voit encore dans beaucoup de trous.
Le sol du temple a donc été , depuis la construction de l'édifice , d'abord enfoncé de manière à être envahi par les eaux , qui y ont séjourné assez longtemps , puis incomplètement relevé et placé dans la situation où nous le voyons maintenant. Les évène-
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mens qui ont produit ces cliangemens n^ont dû ayoir lieu que depuis la première éruption du Vésuve jusqu'à Fan 1,100 ou 1,200 de notre ère; car, depuis cette époque, on a. un historique satisfaisant des éruptions du yolcan , qui n'est probablement pas étranger à ces changemens de niyeau.
Toutes les observations de ce genre doivent, ainsi que cette dernière, s'expliquer par des élévations ou des abaissemens partiels de terrain , sans qu'il soit possible d'en tirer une conséquence générale ; et il ne faut pas omettre de dire que , dans toutes les vallées tourbeuses , le sol peut être légèrement élevé par l'humidité et abaissé par le dessèchement.
Quant à l'opinion de ceux qui ont , comme Buf fon, supposé un déplacement total et graduel delà mer, d'orient en occident, elle n'est fondée sur aucune observation positive , et par conséquent on ne peut s'y arrêter.
Concluons de tout ceci que rien ne prouve que la masse des eaux ait été autrefois beaucoup plus considérable qu'elle ne l'est aujourd'hui ;
Qu'on a encore moins de raison pour supposer qu'elle augmente;
Enfin, que sa totalité ne se déplace point con* stamment dans une même direction.
Il existe pourtant une cause qui , quoique assez légère , devrait à la longue opérer , par son action continue , quelques changemens dans le lit de l'o" céan : je veux parler de l'exhaussement que doit produire dans son fond la grande quantité de matières diverses qui s'y précipitent journellement.
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Ces matières sont surtout les particules terreuses et salines charriées par les fleuves , etqui forment à leur embouchure les dépôts dont je tous parlais tout-à-rheure. Il était curieux de calculer la quantité de ces matières , connues sous le nom. de troubles , et on est parvenu à des résultats approximatifs qui paraissent assez satisfaisans.
On sait quelle quantité d'eau chaque fleuve verse, terme moyen , dans la mer , pendant un temps déterminé, et on connaît de plus quelle proportion de troubles il charrie.
Le Pô , le plus pur de tous , n^en contient qu*une partie sur cent soixanteniix ; le Nil, une sur cent trente-deux ; et le Rhin seul donne une sur cent. La Seine contient un cent-vingtième de matières étrangères ; et comme on a calculé qu'il passe sons le Pont-Royal dix millions de mètres cubes d'eau par jour , on voit qu'il y passe quatre-vingt mille mètres de troubles , qui sont tous les jours déposés dans la mer. Des calculs , laits sur les autres fleuves , ont conduit à admettre que la somme des matières étrangères charriées par les fleuves dans la mer pouvait être suffisante pour élever son fond de cinq centimètres par an , c'est-à-dire, de cinq mètres par siècle.
Vous voyez que c'est bien peu de chose , relativement à la masse entière des eaux; car la profondeur de l'océan étant , comme j'ai eu l'honneur de vous le dire, de 7 à 8 mille mètres, il faudrait 1,000 ou 1,200 siècles, c'est-à-dire, de 100 à 120 mille ans , pour combler le lit de l'océan tout on-
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lier. Au surplus, tous ces résultats reposent sur des données si incertaines , que ce serait une folie que de leur attacher une ^-ande importance.-
Une autre cause d^altération pour les eaux de la mer et d'éléyation pour son fond consiste dans les produits organiques qui s'y déposent. Cette cause serait extrêmement puissante , si la nuer nourrissait des habitans dans toutes les parties de sa masse ; mais tout porte à croire qu^il n*en est pas ainsi.
Il ne faut pas , en effet, s'enfoncer à une grande profondeur dans la mer pour être soumis à une pression que ne pourrait supporter aucun corps organisé vivant. Le défaut de lumière présente encore un autre obstacle au développement des corps organisés dans Tocéan ; car la lumière ne pénètre pas au-delà de 40 à 50 pieds , et elle est indispensable à la vie. Ajoutons à cela que la température de Teau , s'abaissant à mesure qu^on s^éloigne de sa surface , elle devient bientôt trop froide pour que la plupart des corps marins puissent y vivre.
Ce refroidissement graduel , dont on ne peut révoquer en doute la réalité , a conduit quelques auteurs a penser que le fond de la mer devait être glacé ; mais il est impossible d'admettre cette supposition , puisque la glace , étant plus légère que Teau , viendrait nécessairement flotter à sa surface.
On a souvent répété que certains zoophytes pierreux ( les polypes lithopbytes ) (1) avaient une
(1) Génie dWimaux-plantes dont les coraux font partie.
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grande influence sur rexhaussement du fond de la mer, et on les a présentés comme capables, par leur entassement, de produire des Iles considérables à sa surface, d^augmenter les contînens, et même , comme c^est principalement dans les régions équatoriales qu^on les rencontre , comme menaçant d^élever sous Téquateur un cercle solide qui s^opposerait à la navigation.
Dans un mémoire lu tout récemment à l^Instîtiit, deux naturalistes distingués (MM. Quoy et Gaymart) ont montré Tillusion de ces assertions exagérées; ils ont fait voir que ces zoophytes ne s^élèvent point, comme on Ta cru , des plus grandes profondeors de Fooéan , et c[u*ils ne commencent jamais leurs travaux que sur des rochers dont le sommet est Tokin de la surface des eaux. Ils exhaussent ces rochers de 20 ou 30 pieds tout au plus ; mais e*est aaseï pour former des écueils dangereux pour les datî* gateurs.
Il nVst pas possible , comme vous le penses bieni d^aller dans la mer examiner positivement à quelle profondeur s^établissent ces animaux ; mais Tétnde des anciennes formations marines qui font aujourd'hui partie de nos continens a suppléé à ce qui ne pouvait être prouvé par Fobservation directe. M. Quoy a constaté que les encroûtemens de nos ooiitî> nens, formés dans Tancienne mer, n^atteignent que très-rarement une élévation de 15 ou 20 pieds ; dans un seul lieu ils se sont élevés jusqu^à 30; on peut, au reste, presque toujours , avec un peu d^attention , découvrir la base primitive sur laquelle
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les polypes avaient construit lorsqu4<8 étaient sons les eaux.
Ajoutons , comme une autre cause de Texhaussement du fond de la mer , Vaction continuelle des Tagues sur ses rivages , qu^elles minent insensiblement , et dont les débris s^y précipitent. Les parties pierreuses y sont agitées par les flots, qui, émoussant leurs arêtes et détruisant leurs angles , leur donnent la forme arrondie , propre à tous les corps qui ont été roulés dans un liquide. Ces cailloux roulés forment , par leur masse , les grèves qui servent de barrière à la mer et limitent son action. Si je vous parle de ce phénomène, cVst seulement pour en faire mention , car son influence relativement à rélévation du fond de Tocéan est tellement limitée , qu^on peut la négliger entièrement.
Les volcans sous-marins nous offrent une troisième cause réelle, quoique moins importante, puisqu'elle est accidentelle et locale , de Texhaussement du fond de Vocéan.
Les lacs salés sans issue sont dMne importance beaucoup moins grande que Tocéan. Le plus étendu est la mer Caspienne , qui a 300 lieues de longueur, sur 50 environ de largeur ; les autres ie sont beaucoup moins. Quant à leur ancienneté , ils ont dû commencer après la dernière révolution du globe.
Leur degré de salure varie beaucoup. La mer Morte est, sous ce rapport, très«remarquable:elle contient jusqu'à un quart de matières salines. Ces lacs peuvent nous servir à comprendre la formation des dépdts salins qu*on trouve dans l'intérieur de la
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terre. Supposons, en effet, que la teB^pératnre vienne à augmenter subitement dans les lieux où ils sont situés, il en résultera une évaporation considérable , c[ui pourra les mettre à sec ; et les parties salines, qui ne s'évaporent pas, resteront seules an fond de leur bassin. Si; plus tard, de Doayelle» eaux viennent déposer sur. ces bassins des trouble» qui forment dos terrains au-dessus , il en résulter» un dépôt de sels gemmes, semblables à ceux que nous trouvons dans plusieurs parties de Técorce minérale.
On a ûiit jouer aux lacs répandus sur le globe on rôle très-important, relativement aux grandes inondations qui ont couvert les différentes parties des continens. Supposons la masse des eaux à pea près telle qu'elle est maintenant, quant à sa quantité, mais disposée d'une manière différente ; c'est-à-dire qu'au lieu d'être presque entièrement rassemblée dans l'océan , elle se trouve divisée en une grande quantité d'amas considérables, placés sur des plateaux à différentes hauteurs. Par la suite des temps, un des lacs supérieurs rompra la digue qui le retient, et ses eaux, débordant sur les terrains inférieurs, produiront une inondation qui restera snr ces lieux jusqu'à ce que quelqu'une des digues inférieures venant à se rompre aussi , il en résulte une seconde irruption de l'eau.
L'eau , dans ce système , aurait continué de descendre de la même manière , pour ainsi dire , d'é tagc en étage , jusqu'à ce que la masse entière d liquide eût été réunie dans la partie la plus bass