DUS VOLCANS
ccndans seront peut-être un jour bien surpris <lc trouver les débris. Celte nouvelle montagne, dont la position est parfaitement décrite,. a conservé jusqu'à ce jour le nom de Monte- Nuovo ; elle est très-voisine du Monte- Barbaro, qui ne peut avoir eu une origine différente, mais dont la formation est antérieure. Tout porte à croire que Vile d'Ischia doit s'être élevée du fond de la mer par suile d'une éruption sous-marine. L'histoire nous apprend que les îles de Liparie ont été formées de la même manière. En 1707 une nouvelle île parut dans l'Archipel. Ces faits confirment merveilleusement les détails qu'ont donnés Strabon , Pline, Justin, et d'autres auteurs, sur la formation de plusieurs iles de l'Archipel, anciennement nommées les Cycladcs, qui s'étaient élevées de même du fond de !a mer. Suivant Pline, la 4 e année de la i35 e olympiade, 237 ans avant Jésus-Christ, les îles de Tera (aujourd'hui Santorini) et de Thérasia furent formées par explosion; et, i3oo ans plus tard, on vit s'élever Hiera (aujourd'hui le Grand Kammeni).
Los volcans éteints , dont on trouve, comme je l'ai déjà dit, des traces nombreuses dans
Digitiz
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tous les pays, loin d'avoir été moins formidables que ceux qui sont encore en activité de nos jours, paraissent avoir en général donné des produits plus considérables encore. En France , c'est dans le Vivarais et le Velay qu'on trouve les traces les plus étendues de ces éruptions.
Faujas de Saint-Fond a reconnu une bande de terrain volcanique de près de 3o lieues de longueur sur 4 de largeur ( terme moyen ), ce qui donne une surface de 104 lieues carrées; de sorte que, quand on ne supposerait pas à ce terrain une profondeur de plus de 60 pieds , on aurait encore une masse assez considérable pour être bien sûr qu'elle n'a pu être produite par la fusion de l'intérieur d'aucune des montagnes des environs.
On a craint un instant que les petites cavités qui sont résultées sous Paris des pierres extraites pour les constructions ne menaçassent la sûreté d'une partie de la ville; que serait-ce donc pour les pays comme l'Italie et les parties de la France où des masses aussi énormes auraient été enlevées à la croûte minérale! comment concevoir que les cavités immenses qui devraient nécessairement exister sous le sol ,
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dans cette supposition , n'eussent jamais produit aucun accident?
Celte considération, jointe à toutes celles que j'ai présentées, ne vous parait -elle pas propre à confirmer l'opinion qui donne pour origine aux matières volcaniques la masse brûlante qui compose la masse interne ellemême? alors cette masse tout entière fournissant la matière des éruptions, leur quantité n'a plus rien qui doive étonner, et elle devient même presque insensible en comparaison de la masse immense dans laquelle on suppose qu'elles prennent leur source.
cette difficulté, si elle explique si bien l'existence des tremblemens de terre qui se font sentir aux plus grandes distances, l'identité de la composition des laves de tous les volcans de la terre, la ressemblance qu'elles présentent avec les plus anciens minéraux du sol primordial, ainsi que leur état d'incandescence ; si elle rend raison avec la même facilité de la chaleur des sources d'eau minérale , si elle est confirmée enfin par toutes les raisons que nous avons de croire à l'ancien état de fluidité du globe, j'avouerai, car il faut tout
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dire, qu'elle n'explique pas aussi facilement le développement considérable des matières gazeuses qui accompagnent et suivent toutes les éruptions, et qui ne peuvent guère être que le résultat delà décomposition des parties aqueuses et terreuses du sol des montagnes volcaniques. Mais ce n'est pas une raison pour rejeter une hypothèse que tout concourt si merveilleusement à établir : elle seule pàr exemple peut satisfaire l'esprit effrayé dé la force prodigieuse qu il faut admettre dans le foyer des volcans pour élever les laves jusqu'au sommet de la montagne. Dans l'île de Ténériffe, le cratère du volcan est élevé de 6,000 mètres audessus de l'océan , ce qui nécessite pour élever les laves, quand on ne supposerait pas le foyer plus bas que le fond de la mer, une force égale à la pression de i5oo atmosphères. Or, comme l'atmosphère exerce sur nous une pression égale à celle qui serait produite par une colonne de 3a pieds d'eau, on voit qu'on doit admettre, dans le foyer du volcan de Ténériffe, une force d'impulsion capable de soulever une masse d'eau de 48,000 pieds, c'est-àdire de trois ou quatre lieuL'5 d'élévation; or on ne peut supposer dans la croûte minérale
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aucune force qui approche, même de bien loin , de celle-ci.
On connaît actuellement avec exactitude une centaine de volcans brulans; on peut raisonnablement supposer que le nombre de ceux dont la position n'est pas encore déterminée n'est guère moins considérable. La moitié au moins des volcans dont la situation nous est connue se trouvent sur les îles dé l'Océan, et la plupart de ceux qui composent l'autre sont situés au bord de la mer, ou à peu de distance des côtes. Cette circonstance a toujours été remarquée des naturalistes , et on y a de tout temps attaché une grande importance. On ne peut pourtant donner aucune raison bien satisfaisante de cette situation ; il est vrai qu'on fait jouer un grand rôle , dans plusieurs hypothèses, aux communications qu'on suppose exister entre la mer et les foyers volcaniques, mais il n'est pas facile de se rendre compte de la manière dont cetté communication peut avoir lieu. Plusieurs volcans sont situés à plus de 40 lieues de la mer, quels moyens de communication peut-on supposer à une pareille distance? Tout prouve, comme J'aurai occasion de le montrer plus tard, que les filtra-
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lions de la mer avancent fort peu dans les 1errcs, et que tout ce qu'on a dit à cet égard est très-exagéré.
Après m'étre si long-temps étendu sur les causes générales de la production des volcans, je me vois forcé de renvoyer à une prochaine lettre le peu de détails qui me restent à ajouter sur quelques-uns des phénomènes particuliers qu'ils présentent.
CONTINUATION DBS VOLCANS.
Puisque vous m'accusez , madame, il faut bien que je sois coupable; et je vais réparer ma faute, en définissant aussi exactement que je pourrai les mots dont j'aurai à me servir dans ce qui me reste à vous écrire sur les volcans.
On appelle volcan, tantôt le réceptacle où se préparent les éruptions , tantôt la montagne produite par elles ; souvent enfin on désigne par ce nom la montagne et le réceptacle ensemble.
Le mot de foyer désigne toujours le réceptacle qui contient les matières en incandescence et les causes incandescentes.
La cheminée est le conduit qui amène les -vapeurs pendant ou après les éruptions.
Le cratère est le cône renversé qui termine la cheminée; sa structure est ordinairement très-compliquée, parce que chaque éruption la modifie eit y ajoutant quelque chose : elle
est simple dans le cas où il n'y a qu'une seule éruption. Aucun des volcans actuellement brùlans n'est dans ce cas; et on n'en trouve de semblables que parmi les volcans éteints : en France, par exemple, sur les bords du Rhin.
Chaque éruption donne lieu à un nouveau cratère, et il en résulte une nouvelle petite montagne , formée par la lave et les autres produits des déjections incohérentes qui surviennent avant l'éruption , pendant et après elle. Le Vésuve présente cette complication d'une manière très-marquée, et il en est de même pour l'Etna; dans ce dernier, on voit ordinairement la cheminée principale rester tranquille, tandis que vers le bas il se forme une éruption. Le même phénomène a été observé à Ténérifie et dans beaucoup d'autres lieux.
Les éruptions volcaniques sont précédées de symptômes précurseurs qu'on a observés particulièrement dans celles du Vésuve ; car comme cette montagne est située dans un pays où se sonl toujours trouvés, depuis quelques siècles, un grand nombre de bons observateurs, ils ont eu soin de donner une description exacte de tout ce qu'ils avaient sous les yeux- Lorsqu'une nouvelle éruption doit avoir