DES MASTODONTES
vait en contenir jusqu'à seize, tandis qu'il ne parait pas qu'il puisse y en avoir jamais plus de deux à la fois de chaque côté en exercice. On trouve bien dans les mâchoires des jeunes animaux le germe des seize dents que leur supposait Buffon ; mais il arrive à ces dents ce qui a lieu pour celles de l'éléphant : elles ne poussent que successivement; quand celle de derrière est prête à percer la gencive, celle de
remplacent ainsi l'une l'autre, et, à la fin même, il arrive, comme dans l'éléphant, qu'il n'y en a plus qu'une; de sorte que le nombre effectif des mâchelières est de huit dans la jeunesse, et de quatre seulement à la fin de la vie : aussi la taille de l'animal , qui , suivant les idées de Buffon , aurait dû être égale à six ou huit fois celle de l'éléphant, ne surpasse-telle pas celle que pouvait atteindre l'éléphant
fossile v
Ceci n'est pas fondé sur de simples conjectures : il existe deux squelettes entiers de mastodontes, qui sont dus au zèle d'un naturaliste américain (M. Peale), qui, à force de soins et de persévérance , est parvenu à les compléter, après trois mois de recherches faites
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sur des lieux où il avait appris qu'eu venait de découvrir quelques-uns de leurs os.
Ce fut vers le milieu du siècle dernier qu'on eut en France les premières notions sur l'existence des os fossiles de mastodontes. Un oflficier français (i) , naviguant dansl'Ohio pour se rendre dans le Mississipi , trouva sur les bords d'un marais un tas d'ossemens qui lui parurent curieux ; il en prit une partie pour les présenter à l'examen des naturalistes, et il apporta à Paris un fémur , une extrémité de défense et trois mâchelières qu'il regardait comme ayant appartenu à un animal inconnu.
; 'r.Daubenton , qui les examina , déclara que le fémur et la défense appartenaient à un éléphant, mais que les mâchelières étaient celles d'un hippopotame : « Car on ne peut guère soupçonner ( ajoute-t-il ) que ces dents aient été tirées de la même tête avec la défense , ou qu'elles aient fait partie d'un même sque-
{i) M. deLougueil. Ce fémur, devenu célèbre commeayant été l'occasion de l'établissement d'une vérité importante , se trouve, avec un assez grand nombre d'ossemens tl us à la libéralité de Jellerson, le président des États - Unis, dans l'armoire n° lo de la salle des fossiles.