‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 4)Chapitre 23 sur 44 · LETTlUi XII · texte numérisé non relu

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grande abondance : mais dans cette contrée, et dans toute l'Italie , outre l'espèce la plus commune dont je viens de parler, on en

» grande importance à cette hypothèse , nous ferons » remarquer que les habitans du Groënland prétendent » qu'il existe dans l'intérieur de leur pays un animal

» noir et velu qui a la forme d'un ours , et six brasses de

» hauteur. Veulent-ils désigner par-là ce rhinocéros » velu ou le mammouth ? Quoi qu'il en soit $ la tradi- » tion de l'existence d'un grand animal existant dans ces m contrées avant que l'homme s'y établît, n'en est pas » moins un fait curiéux. »

Quant aux mammouth des Sibériens , l'antique éléphant dont l'animal de M. Adams nous offre un si précieux échantillon , M. Huot , considérant que ses débris ne^e trouvent pas seulement dans la Sibérie et les régions les plus septentrionales de l'Europe , mais, encore dans les environs de la mer Noire et dans la Tartarie chinoise , ne pense plus qu'on puisse adopter pour lui l'explication qu'il a proposée relativement aux rhinocéros. Il suppose donc que l'antique race des clé* phans a vécu à la fois sur le continent boréal dont nous avons parlé et sur le plateau très-froid de la Grandc-Tartarie,d'où leurs débris ont pu 4tre entraînés ▼ers les bords de la mer Noire et vers la Tartarie chinoise. « Ce qu'il y a de certain , dit M. Huot , c'est que » le rhinocéros poilu n'a été trouvé que dans la Sibérie , » lanuis que [le mammouth l'a ;élé dans les différentes »> contrées que nous venons de nommer. *

rencontre une autre de dimensions un peu plus grêles, et qui a de commun avec nos espèces vivantes l'absence de cette cloison si remarquable.

On a recueilli en Allemagne des incisives fossiles de rhinocéros qui doivent avoir appartenu à des individus de la taille ordinaire de ces animaux. Or, ni l'espèce fossile connue, ni celle d'Italie à narines non cloisonnées , ne peuvent présenter d'incisives; ils n'ont pas même à leurs mâchoires de place pour les contenir. Ces dents ont donc dû appartenir à une espèce différente , et dont , avec le temps , *

ou découvrira sans doute de nouveaux débris.

La France était également destinée à nous ■ révéler une ancienne espèce de ces animaux, plus curieuse peut-être que toutes les précédentes. On a trouvé , dans le village de Saint- Laurent, près Moissac (Lot-et-Garonne), des dents incisives , mais bien plus petites que celles d'Allemagne, et qui ne peuvent avoir appartenu qu'à une espèce de beaucoup inférieure pour la taille à celle qui a fourni ces dernières (i).

(i) Les ossemens de rhinocéros ne août pas , dans les armoires de la salle des fossiles , placés immc'dratcmcnt

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h -Plusieurs os de squelette de rhinocéros , qui n'ont pu appartenir qu'à des individus de trèspetite taille, paraissent nécessiter l'admission de plusieurs petites espèces à dents incisives.

Afin qu'il ne vous vienne aucun scrupule sur Fexistence de ces petites espèces, et que vous ne soyez pas. tentée de vous imaginer que la découverte de quelques ossemens de jeunes animaux ont pu y donner lieu, je dois vous prévenir que le squelette des jeunes animaux porte des caractères qui ne permettent pas de se tromper sur leur âge, et que chacun de leurs ôs, comparé à ce qu'il doit devenir quand l'animal sera adulte, présente des différences qu'il n'est pas difficile de reconnaître , même à l'état fossile. Au reste , relativement aux mâchoires ( et ce sont les os qu'on retrouve en plus grand nombre et les

après ceux d'hippopotame , ils en * sont séparés par les débris de chevaux dont nous parlerons bientôt. On y voit les débris précédens , envoyés par le maire de Moissac, renfermés dans une boîte vitrée, noi i4et i5. On y distinguera aussi avec intérêt une tête entière d'un brun noirâtre, venant de Sibérie, ainsi qu'une portion de crin trouvée en France dans les environs de Figcac, d'autres os envoyés des environs d'Abbeville.

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mieux conservés), l'état des alvéoles ne peut laisser aucun doute sur l'âge plus ou moins avancé des animaux auxquels elles ont appar- * tenu.

M. Home annonça, il y a déjà quelque temps (Transactions philosophiques, 1822), l'existence d'un rhinocéros venu de la Cafrerie, et qui, prétendait-il , ressemblait parfaitement à ceux des espèces fossiles; M. Cuvier a trouvé que la tête dont il parle diffère essentiellement de celles des rhinocéros avec lesquels il lui trouve tant de ressemblance, en ce que la cloison des narines n'est pas ossifiée, comme cela a lieu chez les espèces fossiles semblables.

Le cheval de l'ancien monde est celui de tous les animaux de cette époque qui a dû présenter le plus de ressemblance avec les individus de même espèce qui vivent encore aujourd'hui :

toute la différence que pourraient indiquer les os fossiles de cet animal consiste dans les dimensions. Ils ont du appartenir à des individus dont la taille ne devait pas surpasser celle de nos grands ânes. Ces petits chevaux vivaient avec les éléphans et les rhinocéros de la même époque: car on trouve leurs, ossemens dans les mêmes terrains et dans les mêmes dépôts : ils

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ne sont pas moins nombreux ; et si on n'en a pas autant recueilli, c'est qu'ils étonnaient moins ceux qui en faisaient la découverte. Ils ont donc évidemment péri avec eux, et nous n'avons aucun motif pour supposer que les chevaux dont nous nous servons tirent leur origine de cette ancienne race(i).

Pour terminer ce qui me reste à dire des découvertes d'animaux faites dans les terrains les plus superficiels , dans ceux qui n'ont été recouverts que par une révolution qui parait avoir été peu durable , je dois ajouter qu'on trouve des ossemens moins nombreux que ceux des espèces précédentes, et qui suffisent cependant pour établir clairement l'existence d'une espèce de tapirs gigantesques (a). Je ne sais si vous avez appris que cet animal, qu'on croyait ne plus exister que dans l'Amérique méridionale, a été tout récemment observé dans les Indes orientales, où on en a rencontré une espèce d'un volume de beaucoup

(0 Les ossemens de chevaux fossiles se trouvent entre ceux des hippopotames et ceux du rhinocéros n c i3.

(2) Ces ossemens de tapirs gigantesques se voient <*ans les armoires ^ et ,5, sépares des ossemPns de rhinocéros pnr emix dos lophiodons.

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