DES PARESSEUX
supérieur à l'espèce américaine; l'espèce fossile était encore inconiparableioej^BH|graiKle que cette dernière. f ^r^^T^"
En général , les animaux de Tàncièn monde paraissent avoir été plus grands que beux des espèces actuelles qui leur correspondent; c'est ce qu'on a eu occasion de voir, d'une manière bien frappante, sur les ossemens fossiles des paresseux, qu'on a retrouvés depuis peu en Amérique, dans des couches très-superficielles.
Cette famille de paresseux est si remarquable parmi celles des autres animaux, que je ne peux m'empêcher de rappeler une des singularités qu'elle présente. Son nom lui vient de la lenteur des animaux qui la composent, et qui sont incontestablement les plus misérables des êtres vivans connus.
ïLes dimensions disproportionnées de leurs membres antérieurs, qui ont au moins deux fois la longueur de leurs jambes; la conformation de leur bassin , qui ne leur permet pas de rapprocher les genoux ; le mode désavantageux de l'articulation de leurs pieds avec leurs jambes, qui fait qu'ils tournent sur elles comme une girouette sur son pied ; tout se réunit pour entraver leur marche. Aussi ne peuvent-ils que
se traînçiLJpéniblement sur les coudes, et si tentemeôï, que des voyageurs assurent qu'ils il* pou^raat>fâre cinquante pas en un jour.
Ils n'ont ni dents incisives ni canines , et ne vivent que de feuilles et de fruits ; nul moyen d'attaquer, ni aucun de se défendre. «Tout, dit Buffon, nous rappelle ces monstres par défaut, ces ébauches imparfaites, mille fois projetées , exécutées par la nature , qui ayant à peine la faculté d'exister, n'ont dû subsister qu'un temps , et ont été depuis effacées de la liste des êtres. » Une chose très-remarquable , C'est la différence extrême qui existe entre cette famille et toutes celles qu'on pourrait vouloir lui comparer. « On leur trouve, dit M. Cuvier, si peu de rapports avec les animaux ordinaires, les lois générales des organisations au jourd'hui existantes s'appliquent si peu à la leur, les différentes parties de leur corps semblent tellement en contradiction avec les règles de coexistence que nous trouvons établies dans tout le règne animal, que l'ou pourrait réellement croire qu'ils sont les restes d'un autre ordre de choses, les débris vivans de cetle nature précédente dont nous sommes obligés de chercher les autres ruines dans les entrailles de la