DES PARESSEUX
terre, et qu'ils ont échappé par quelque rai-
racle aux catastrophes qui détruisirent les espèces leurs contemporaines. *xï$$$'
L'éléphant peut bien aussi être cité pour la manière sensible dont il diffère de tous les mammifères ; mais il est doué d'une organisation qui, pour lui être particulière, ne lui est pas plus désavantageuse, tandis que les paresseux présentent le type le plus parfait de la faiblesse et de la misère.
On n'a cependant jusqu'ici trouvé que trèspeu d'ossejnens fossiles qu'on puisse rapprocher de ces animaux.
L'un, auquel Jefferson, l'ancien président des États-Unis, qui l'a fait connaître le premier, a donné le nom de mègalonyx, a été déterré dans une caverne à quelques pouces seulement de la surface du sol; il devait avoir un volume égal, au moins, à celui des plus forts bœufs de la Suisse ou de la Hongrie. On l'avait pris d'abord ,pour un carnassier, supérieur de beaucoup pour la taille au lion ; mais M. Cuvier a désabusé les naturalistes sur ce point. L'histoire de cet antique animal offre cette particularité curieuse, qu'il a été décrit par Jefferson , qui fut averti de leur existence par Wa-
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sington. On aime à retrouver dans les sciences le nom de ces hommes chers à l'humanité , et qui ont joué un si beau rôle dans l'histoire moderne (i).
Un animal fossile de la même famille que le précédent , et plus remarquable encore que lui à cause de ses plus grandes dimensions , est le mégatlUrium , dont on a eu le bonheur de trouver le squelette presque entier réuni dans un même lieu; de sorte que, quoiqu'il soit un des
ossemens fossiles , il se trouve être un des plus connus. Il devait a voir des dimensions presque comparables à celles de l'éléphant; il vivait de végétaux, et ses pieds de devant, robustes et armés d'ongles tranchans, qui lui donnaient la facilité de fouiller dans la terre , doivent porter à croire que c'était particulièrement les racines qu'il recherchait.
Si quelques-uns des animaux dont l'organisation se rapproche de celle des*paresseux devaient, malgré une organisation défectueuse,
(i) Notre Muséum ne possède aucun os de cet animal , mais on peut voir les modèles en plâlre de divers ns de ses extrémités au bas de l'armoire n° 26 de la salle des fossiles.
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se maintenir sur le globe à l'état de vie , c'était • bien certainement le mégathérium. « Sa grandeur et ses griffes , dit M. Cuvier, devaient lui fournir assez de moyens de défense. Il n'était pas prompt à la course; mais cela ne lui était pas nécessaire , n'ayant besoin ni de poursuivre ni de fuir. »
Ses débris jusqu'ici ont tous été trouvés dans les couches les plus superficielles, et quelques naturalistes ont paru disposés à croire qu'il pouvait encore exister quelques individus de cette espèce, que les voyageurs n'auraient pas eu occasion d'observer jusqu'ici. Cette opinion n'est nullement vraisemblable , car où pourrait se cacher un animal si volumineux pour échapper à toutes les recherches des chasseurs et des naturalistes ?
Une seule phalange, trouvée dans les états du grand-duc de Hesse , a révélé à M. Cuvier l'existence d'un pangolin (t) gigantesque, qui
(i) Le pangolin est un animal voisin du genre des fourmiliers. On les trouve en Afrique. Pour e'cbapper à la poursuite de ses ennemis , il a l'instinct de se mettre en boule comme le fait le he'risson dans notre pays. Les plus grands pangolins parmi les espèces vivantes n'ont pas huit pieds de longueur.
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a du avoir au inoins huit ibis la taille des animaux de même espèce vivans ; de sorte qu'il pouvait avoir jusqu'à 24 pieds de longueur.
Les couches qui renferment les débris des animaux dont je vous ai parlé jusqu'ici présentent aussi des ossemens de ruminans. Ces derniers animaux existaient donc avant le dernier cataclysme, et même en proportion assez considérable, car leurs débris sont très-communs.
Cependant tous les genres de cette classe ne se rencontrent pas à l'état fossile; on n'a trouvé jusqu'ici de débris ni de moutons, ni de chèvres, ni d'antilopes, ni de girafes, ni de chameaux, ni de lamas , ni de chevrotins, passablement caractérisés. Rien ne peut expliquer cette absence ; elle ne tient pas au climat dans lequel peuvent vivi*e ces espèces ; car si les chamois, les moufllons , les bouquetins, habitent les pays froids, les antilopes, les chameaux , les girafes et les lamas, ne vivent que dans les pays chauds. Au reste , les bœufs et les cerfs, quoique naturels des pays froids, sont pourtant très-fréquens à l'état fossile. On peut remarquer, comme une circonstance assez singulière, que, tandis que les pachydermes fosiles appartiennent à des genres entièrement
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confinés aujourd'hui dans la zone torride , les ruminans, au contraire, sont ceux des pays froids, comme l'aurochs, le bœuf musqué, l'élan , le renne.
Le plus célèbre des ruminans fossiles est le cerf à bois gigantesque ; il appartient à une espèce bien évidemment perdue. Il parait plus commun en Irlande que partout ailleurs. Un naturaliste anglais assure que, dans un seu verger d'une acre d'étendue , on en a trouvé par hasard, à sa connaissance, plus de trente * en vingt ans. Une de ces têtes portait des cornes dont chaque perche 'était longue de plus de 5 pieds anglais, et leurs deux andouilliers extérieurs avaient leurs pointes à 10 pieds 10 pouces Tune de l'autre.
Au reste, les têtes fossiles n'ont pas des dimensions proportionnées à celles des bois qu'elles portent; les plus grandes, au contraire , sont plus courtes que des têtes d'élans ordinaires (i).
(l) Les têtes de cerf fossile à bois gigantesques sont placées au-dessus des portes de la salle des fossiles. On voit aussi , à la partie supérieure des murailles, des têtes de bcpufs remarquables par rétendue de leurs cornes.
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Dans le genre du bœuf on distingue maintenant, outre notre espèce domestique , l'aurochs, qui vit à l'état sauvage dans les pays froids, et le buffle, également sauvage, mais originaire des pays chauds;, à quoi il faut ajouter le bison d'Amérique , qui ne se trouve que dans la partie septentrionale du nouveau continent.
Les ossemens des bœufs fossiles appartiennent à des individus qui ont dû différer très- * peu de ceux qui vivent actuellement; ils se réduisent à trois espèces, l'aurochs, le bœuf commun et le buffle musqué. Aucun caractère prononcé ne distingue les espèces à l'état fossile de leurs correspondantes actuelles.
Il faut remarquer, relativement aux bœufs ordinaires, que ceux qu'on trouve à l'état fossile ont dû être beaucoup plus grands que œux qui vivent de nos jours. Cependant il ne serait pas impossible que nos bœufs actuels tirassent leur origine de cette ancienne espèce , que la civilisation a fait disparaître. Ce qui pourrait surtout le faire croire, c'est que les crânes de bœufs fossiles n'ont été trouvés jusqu'ici que dans des tourbières ou d'autres terrains formés
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depuis le dernier ordre de choses; de sorte qu'ils pourraient bien être d'une origine plus moderne que les os d'éléphans , de rhinocéros , etc.