DES BRECHES OSSEUSES ET DES CAVERJTES
Le plus grand nombre des os de ruminans fossiles se trouvent incrustés au milieu des • concrétions qui remplissent les fentes que présentent certains rochers, sur les côtes de la Méditerranée. Ces fentes , auxquelles les os qui les remplissent ont fait donner le nom de brèches osseuses, sont un des phénomènes les plus remarquables de la géologie. On ne peut expliquer, en effet, d'une manière satisfaisante ni leur production dans les lieux où on les observe, ni pourquoi elles sont bornées aux côtes de la Méditerranée , ni la ressemblance qu'elles présentent toutes , tant pour la nature des rochers dans lesquels elles sont pratiquées, que pour celles des matières qui les remplissent.
La nature des os qu'elles renferment ajoute encore à l'intérêt qu'elles inspirent: elle prouve
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que leur formation remonte à une époque beaucoup plus ancienne qu'on ne l'avait cru jusqu'ici. Ils n'appartiennent point, en effet, à des ruminans du pays, mais aux races d'à* nimaux contemporaines de celles des éléphans et des rhinocéros fossiles. Tout porte donc à croire que si on n'y rencontre pas des os de ces quadrupèdes , on ne doit chercher la cause de cette absence que dans leurs grandes dimensions, qui , seules, ont pu les empêcher d'y tomber.
Les principales brèches osseuses sont celles de Gibraltar , d'Antibes , de Nice , etc. (i). Elles ont aidé à perfectionner la zoologie antédiluvienne, en faisant connaître 14 ou i5 espèces d'animaux peu volumineux qu'on n'avait pas jusque-là trouvées ailleurs.
Quand les brèches dont nous parlons ont été
(l) Toutes les brèches osseuses des côtes de la Méditerranée , celles de Gibraltar j de Cette , de Nice, de Corse, de Pise,*àe Naples , de Romagnano dans le Vicentin , de Dtilmatie > de l'île de Ccrigo , contiennent les mêmes ossemens ; cette circonstance doit faire présumer qu'elles ont été formées en même temps et de la même manière , rruoiqu'à de grandes distance» Tune de l'autre. « i
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formées, les rochers dans lesquels elles ont été pratiquées se trouvaient à sec ; les ossemens , les fragmens de pierre qu'elles contiennent , tombaient, dit M. Cuvièr, successivement dans leurs fentes à mesure que le ciment qui réunit ces différens corps s'y accumulait. Presque toujours les pierres proviennent du rocher même auquel la brèche appartient.
Si les brèches osseuses nous ont conservé de nombreux débris de ruminans , les cavernes à ossemens nous offrent, de leur côté, des ressources précieuses pour la connaissance des carnassiers leurs contemporains. Il n'est personne qui n'ait entendu parler de ces cavernes fameuses , dont les plus célèbres sont celles qu'on rencontre dans les pays de Blanckenbourg et dans l'électorat d'Hanovre , et dont Leibnttz lui-même a donné des descriptions. On se ferait une idée bien fausse de ces anciens repaires d'animaux sauvages , si on se les représentait comme de simples cavités, creusées dans le rocher à quelques pieds de profondeur ; qu'on se figure Hi r sute de grottes nombreuses , ornées de stalactites de toutes les formes, dont la hauteur et la largeur sont extrêmement variables, mais qui communiquent les unes avec