‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 4)Chapitre 27 sur 44 · DES BRECHES OSSEUSES , DES CWEKJV ES. 2IJ · texte numérisé non relu

DES BRECHES OSSEUSES , DES CWEKJV ES. 2IJ

les autres par des ouvertures si étroites, qu'un homme ne peut souvent y passer en rampant qu'avec la plus grande peine.

Ces grottes, qui communiquent entre elles, s'étendent souvent à xles distances très-consi^ dérables. Un naturaliste moderne (M. de Volpi), visitant la caverne d'Adelsberg en Carniole, a parcouru une suite de chambres qui l'ont conduit trois lieues presque toujours dans la' même direction. Il ne fut arrêté que par un lac qui lui rendit le passage impossible. M. de Volpi ne trouva d'ossemens dans cette caverne qu'à deux lieues de son entrée. Mais depuis, un autre naturaliste distingué (M. Bertrand Geslin) en a rencontré dans toute l'étendue de la caverne, et notamment dans la seconde chambre, à cinquante pas Seulement de l'entrée. La plupart des os recueillis dans cette caverne appartiennent à la grande espèce d'ours connue sous le nom d'ours des cavernes, et dont les débris soïlt plus communs dans ces lieux souterrains .que ce! x d'aucune autre espèce. * 4 \

On rencontre également dans les cavernes des ossemensde tigres, de loups, de renards, de beletles. Les *débris de l'espèce des hiènes

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y sont surtout très-nombreux : ces hicncs de l'ancien monde avaient, comme celles d'aujourd'hui, l'instinct de déterrer les cadavres pour porter dans leurs tannières les ossemens, qu'elles broyaient avec les dents, que la nature leur accordait d'une forme propre à la mastication des corps les plus durs. Ce sont elles, sans doute* qui ont contribué, plus que tous les autres carnassiers, à remplir d'osse-* mens d'animaux herbivores et de grands quadrupèdes de toute espèce les lieux qui leur servaient de refuge. Elles n'épargnaient pas même leur propre espèce; car on a remarqué que leurs os ne sont pas moins brisés, que ceux des autres animaux ensevelis avec eux.

On a trouvé même un crâne d'hiène fracturé, et portant les marques évidentes de !a consolida lion de la fracture, qui était probablement le résultat d'un des combats que ces animaux se livrent quelquefois entre eux.

On ne trouve presque point d'ossemens d'animaux carnassiers dans les grandes couches meubles où on rencontre en si grand nombre leurs contemporains herbivores. Il u'y a guère d'exception un peu marquante, sous ce rapport, que pour l'espèce des Miènes dont on a

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trouvé des débris assez nombreux à Canstadt près d'Aichstedt. On a aussi trouvé quelques ossemens d'ours dans d'autres lieux ; mais le nombre en est bien petit, en comparaison de la prodigieuse quantité de débris de ces animaux que renferment les. cavernes.

Dans les cavernes les plus anciennement connues *i les plus fréquentées, on ne trouve presque plus d'ossemens ; car ces lieux singuliers ayant depuis long-temps frappé l'attention du peuple, on attribuait aux os qu'elles renferment une vertu médicamenteuse qui les faisait rechercher pour les vendre aux pharmaciens, chez lesquels ils étaient conservés

sous le nom de licorne fossile.

L'existence des cavernes est un phénomène bien curieux, sous tous les rapports : les débris qu'elles renferment prouvent que des animaux d'espèces, de genres et de classes tout-à-fait différens, et dont les analogues ne pourraient aujourd'hui supporter le même climat, ont vécu pourtant ensemble dam l'ancien ordre de choses. Ainsi, led animaux qui ne vivent aujourd'hui que dans la zone torride ont vécu et habité jadis avec des espèces qu'on ne trouve que dans les régions les plus glacées.

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L'histoife naturelle fossile nous offre le même phénomène , en présentant aussi l'aurochs avec l'éléphant, comme on les voit dans le val d'Arno, par exemple.

Mais, si des découvertes irrécusables nous prouvent ainsi qu'il existe une grande différence entre le monde antédiluvien et celui que nous habitons , on peut , d'un autre côté , s'en servir pour établir que les carnassiers, dans l'ancien monde, existaient dans une proportion peu différente de celle où ils existent aujourd'hui , et que leur genre de vie était à peu près le même. Il y a plus, c'est que c,es carnassiers des cavernes , contemporains des éléphans et des rhinocéros de nos contrées, diffèrent beaucoup moins des carnassiers actuels , que les herbivores de la même époque ne diffèrent de ceux qui vivent encore de nos jours. A la vérité, le grand ours, le grand tigre ou lion, et l'hiène fossiles, quoique peu différens de leurs analogues vivans, appartiennent néanmoins à des espèces éteintes ; mais tous les autres carnassiers des cavernes ne peuvent être distingués de ceux d'aujourd'hui d'une manière satisfaisante.

Si les anciennes cavernes sont curieuses par

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