‹ Lettres sur les révolutions du globe (volume 4)Chapitre 7 sur 44 · DE LA MASSE INTERNE DU GLOBE · texte numérisé non relu

DE LA MASSE INTERNE DU GLOBE

tira qu'il s'eu r évapore pendant bien des siècles avant que quelques continens soient mis de nouveau à découvert.

Je terminerai cette lettre paf une remarque qui vous frappera sans doute ; c'est c|ue, quelque considérable que soit de nos jours le nom* bre des volcans , il a dû l'être beaucoup plus encore autrefois.

Il n'y a pas de pays où l'on ne trouve, pour ainsi dire à chaque pas, des traces de volcans éteints; on les reconnaît par les laves dont ils ont couvert le sol des environs, et qui s'éten- . dent souvent à de très-grandës distances. •

Quelques géologues ont même été jusqu'à prétendre que toutes les montagnes avaient une origine volcanique : ils ont eu tort; mais il est constant que les recherches les plus éclairées nous montrent de jour en jour le nombre des anciens volcans comme plus grand qu'on ne l'avait cru jusqu'ici. On ne peut, en France, faire des fouilles cinquante lieues dans la même direction, sans trouver des couches de € laves. Les premiers volcans de la terre se sont presque tous ouverts dans le terrain primitif, avant que les terrains secondaires fussent formés ; ils ont depuis été recouverts par ces terrains,

dont la formation successive est s! évidemment due à la mer ou à d'immenses lacs d'eau douce. Mais n'anticipons pas sur ce que je pourrai avoir à vous dire plus tard, et contentons- nous de remarquer combien cette immense quantité de volcans ouverts dans le sol primitif quand Pècorce solide de la terre était moins épaisse, est favorable aux opinions dont je vous ai parlé. Plus tard, par la double raison de la diminution d'activité du foyer intérieur, et de l'augmentation d'épnisseur de la couche qui le recouvre, l'éruption des volcans a dû être beaucoup moins fréquente, et c'est ce qui est arrivé en effet.

Vous voyez que tous les phénomènes s'ac-* cordent assez bien avec la supposition que la masse entière du globe terrestre a été primitivement dans un état d'incandescence, et même de volatilisation. Ce qui confirme encore cette hypothèse, c'est la forme même de la terre', renflée à i'équateur, aplatie au pôle; £ette forme est précisément celle que l'action de la pesanteur a du imprimer à une masse liquide. Une seule chose embarrassait les géologues partisans de l'incandescence primitive : c'était la difficulté de concevoir corn-

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