‹ Lettres sur les révolutions du globeChapitre 2 sur 73 · DE CETTE NOUVELLE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE CETTE NOUVELLE ÉDITION

mètre autant que physicien, pour remonter, avec Fourier, d’observations faites près de la surface, aux conséquences si importantes relatives à la masse centrale.

Les révolutions du globe ont mis en présence dans les circonstances les plus variées de température et de pression , tous les éléments solides, liquides et gazeux, dont les réactions, qu’il faut deviner par leurs produits extrêmes , ne peuvent être comprises et imitées que par les chimistes les plus habiles et les plus ingénieux.

Sur les masses à peine refroidies des terrains primitifs et dans le sein de vastes mers aujourd’hui desséchées , ont apparu des êtres organisés dont les débris pétrifiés permettent de deviner la conformation et de conjecturer le mode d’existence. Cette étude, si curieuse , à tous égards, doit avoir pour base l’histoire des races actuellement vivantes, qui, nous éclairant sur celles qui ne sont plus, nous révèle à côté d’analogies remarquables, des différences qui ne sont pas douteuses , et dont les conséquences confondent et découragent l’imagination la plus hardie.

De longues études sont donc nécessaires pour aborder avec fruit, l’observation des faits si complexes qu’embrasse la géologie , et dont la science la plus assurée et la plus vaste permet seule, ensuite de discuter les conséquences. L 'auteur des Lettres sur les révolutions du globe, n’a pas eu une telle ambition ; il s’adresse aux ignorants de bonne volonté qui désirent s’instruire sans pour cela devenir savants, et sans aucun souci d’acquérir le langage des gens habiles. Les questions y sont énoncées-ekirement, et le vocabulaire est celui de tout le monde. On n’y trouvera, ni les noms donnés aux roches et aux terrains, ni l’énumération des fossiles qui les caractérisent, mais l’impression générale qu’un homme

PRÉFACE

instruit et d’une haute intelligence a pu retirer de leur étude et de conversations intimes avec les maîtres les plus illustres de la science. Le collectionneur n’y rencontrera pas les indications qui pourraient le guider dans ses travaux , mais en y voyant la grandeur de l’œuvre à laquelle peut servir la tâche qu’il s’impose, il y puisera peut-être l’idée de l’entreprendre et le courage d’v persévérer.

Rabelais compare le lecteur de certains livres profonds et difficiles à un chien qui a trouvé un os médullaire « Si vu l’avez, vous avez pu noter, dit-il , de quelle dévotion il le guette, de quel soin il le garde, de quelle ferveur il le tient, de quelle prudence il l’entame, > de quelle affection il le brise, et de quelle diligence il le suce; qui l’induit à ce faire? quel est l’espoir de son étude? quel bien prétend — il ? rien plus qu’un peu de moelle. »

Très-peu de lecteurs aujourd’hui ressemblent à ce chien; iis n’ont, pour la plupart, ni la patience, ni le temps nécessaires pour briser l’os médullaire; l’auteur ici l’a fait pour eux en ne leur présentant que la pure moelle de la science.

Lorsque parut la première édition de ce livre, celu qui écrit ces lignes était âgé d’un peu moins de quatre ans; il entendait souvent parler des Révolutions du globe , et se souvient d’avoir fait, pendant quelque temps, de ces trois mots un mot unique qui lui semblait un peu long; il n’a pas tardé à être détrompé, et les explications qu’on lui a données à cette occasion ont été le point de départ de ses connaissances géologiques, aujourd’hui encore fort incomplètes. Cependant, désireux, avant tout, de ne voir apporter à l’œuvre de son père que les changements strictement nécessaires, il

DE CETTE NOUVELLE ÉDITION. ix

s’est chargé de publier cette sixième édition. Un tel ouvrage doit, par sa nature même, présenter bien des lacunes; un plus habile aurait peut-être été tenté, non de les faire disparaître, mais d’en diminuer le nombre; il a pensé qu’il fallait avant tout respecter le texte primitif qui, par la clarté, la pureté, et souvent l’élévation du style semble tout à fait digne de devenir classique. — Je prie mes savants amis, Charles et Henri Sainte-Claire Deville, Achille Delesse, M. Alexis Perrey, de Dijon, et Paul Dàlimier, de recevoir ici tous mes remercîments pour leurs excellents conseils et leur précieuse collaboration ; leurs observations m’ont guidé pour la rédaction des notes très-courtes placées au bas des pages, avec celles qu’avait ajoutées l’éditeur de la cinquième édition, dont l’excellent travail, respectueusement conservé, a servi de base à celle-ci. On trouvera, en outre, à la fin du volume, une note très-intéressante sur les glaciers, que M. Charles Martins a bien voulu rédiger.

J O sevph B E R T R AN R.

PREFACES

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