LETTRE VIII
CONTINUATION de l’écorce minérale du globe.
Quand la mer, qui avait déposé la craie, se fut retirée, le pays que nous occupons avait un aspect, sous tous les rapports, bien différent de celui qu’il présente aujourd’hui. Figurez-vous une vaste campagne de craie blanche, formant, non pas une surface unie, mais un bassin à fond inégal et bosselé, présentant çà et là des buttes considérables à faces nettement coupées. Ces buttes différaient de celles qui les ont remplacées en ce qu’au lieu de s’élever toutes, comme ces dernières, à une hauteur à peu près égale, elles présentaient de très-grandes différences sous ce rapport. La plupart, en effet, étaient fort basses, tandis que d’autres, comme celle de Meudon et du Calvaire 1, avaient une élévation qui les a presque constamment tenues au-dessus du niveau des mers qui ont depuis envahi notre pays. Aussi, tandis que les premières sont recouvertes de tous les terrains formés par ces mers, les protubérances des autres montrent encore la craie presque à nu, telle qu’elle existait primitivement, formant de véritables îles de craie au milieu du terrain qui les environne.