LETTRE XIV
DES PALÆOTHERIUMS,
DES A N 0 P L 0 T H E R ï U M S , ETC.
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Les terrains superficiels, les couches meubles, les . limons des cavernes, les ciments des brèches qui nous ont conservé les débris des mammifères dont je vous ai entretenue dans mes précédentes lettres, bien qu’ils soient tous de date plus récente que les assises profondes dans lesquelles nous allons commencer à pénétrer, ne peuvent cependant pas être considérés comme des formations contemporaines. Quoique leur âge relatif n’ait pas, dans tous les cas, été bien rigoureusement déter-
miné , lorsque l’on compare deux gisements de fossiles dont l’un nous présente des espèces appartenant aux genres encore existants ou au moins a des genres trèsvoisins, tandis que dans l’autre prédominent des formes tout à fait étrangères au monde actuel, on peut dire hardimentf que le dernier remonte à une époque plus reculée que l’autre. Les .animaux que j’ai à vous faire connaître aujourd’hui ont laissé leurs dépouilles dans un terrain dont l’ancienneté n’est pas douteuse : aussi vontils nous offrir tous, ou presque tous, des caractères qui ne permettent de les réunir à aucun des genres vivants.
Ce qui, relativement à ces animaux, peut ajouter pour nous à l’intérêt de leur découverte, c’est qu’ils ont vécu dans les lieux mêmes que nous habitons jusqu’au moment où la mer vint détruire leur espèce; la plupart des lieux qui forment aujourd’hui les carrières à plâtre de nos environs leur servirent de tombeau, et Montmartre,, en particulier, fut leur dernier refuge. Ne dirait-on pas que c’est par un vrai coup de la Providence que la nature a de nos jours placé si près de leurs dépouilles Fhomme célèbre qui a si bien su les connaître, les classer, et les faire, pour ainsi dire, revivre dans notre esprit après tant de siècles?
La tache qui lui était imposée n’était pas facile ; les ouvriers qui travaillent dans les carrières trouvaient, il est vrai, assez fréquemment des débris d’animaux, mais ces débris sont très-fragiles : aussi les brisaient-ils autrefois sans scrupule (et combien de milliers de ces os ont été ainsi enlevés pour jamais à la curiosité des naturalistes!). Ce n’est que depuis que l’attention est fixée