‹ Lettres sur les révolutions du globeChapitre 34 sur 73 · DES P A L Æ O T H E R I U M S , ETC · texte numérisé non relu

DES P A L Æ O T H E R I U M S , ETC

sur ce genre de recherches, qu’ils font tout leur possible pour les conserver. Mais quel parti semblerait-il d’abord qu’on pût en tirer? On en rencontre de huit ou dix espèces différentes, et qui toutes étaient inconnues des naturalistes à l’époque où M. Cuvier a commencé ses travaux. Comment donc, sur la grande quantité d’os dont se compose un squelette, venir à bout de choisir avec certitude ceux qui appartiennent à chaque genre et à chaque espèce? Voici à peu près comment s’y est pris ce grand naturaliste.

La forme des dents soumises à son examen, leur nombre, leur arrangement, le convainquirent bientôt qu’elles n’avaient pu appartenir qu’à des animaux herbivores, et que même ces animaux devaient être rangés dans l’ordre des pachydermes1. Cette classe est très-singulière, et elle a été longtemps mal connue par les naturalistes, à cause de la difficulté qu’on avait à se procurer des squelettes complets des grandes espèces, toutes habitantes des régions tropicales; elle était aussi assez mal comprise , sans doute parce que , tant qu’on ne considérait que les espèces vivantes, elle présentait, entre les différents genres qui en restent, des vides qui empêchaient de bien sentir leur liaison.

Ce fut surtout la considération des dents qui conduisit M. Cuvier à ces premiers résultats; bientôt une attention suivie lui donna la facilité de distinguer celles qui appartenaient aux différentes espèces; il reconstruisit

1. Les animaux désignes sous le nom de pachydermes, qui signifie cuir épais, forment une famille composée aujourd’hui des genres éléphant , tapir, cheval, hippopotame,- cochon et rhinocéros.

ainsi artificiellement des mâchoires, puis des tètes entières, et le hasard en ayant offert postérieurement dans les carrières , elles ont confirmé tout ce qu’il avait annoncé.

Passant ensuite à l’étude des pieds, et faisant pour leur classification un même travail, il est arrivé à des résultats semblables, qu’il a également eu le bonheur de voir confirmer par des découvertes ultérieures.

Il était parvenu ainsi avoir des tètes de deux genres; il avait désigné l’un de ces genres sous le nom de pake otherium ; il avait donné à l’autre celui d ’anoplotfierium. Il distingua parmi les anoplotheriums plusieurs sous-genres, et parmi les palœotheriums plusieurs espèces. Il avait également des pieds de plusieurs sortes, et c’était une tâche qui n’était pas facile que celle de rattacher à chaque tête les pieds qui lui convenaient. Les volumes respectifs des parties lui ont bien été de quelque secours dans ce nouveau travail , mais il a été bien plus guidé par les analogies que présentait chaque partie avec des espèces connues.

Ainsi, par exemple, la tête du palæotherium ayant beaucoup d’analogie avec celle du tapir, par le nombre, l’arrangement, la nature de ses dents, et tous les détails de sa forme, et, d’un autre côté/une des sortes de pieds ressemblant beaucoup à ceux du même animal, M. Cuvier en a conclu naturellement que ces pieds devaient avoir été unis à la tête qui s’en rapprochait par une analogie si évidente.

Comme les palæotheriums contiennent plusieurs espèces différentes pour la taille, et qu’il avait des pieds

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