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LETTRE XIX

DE L’ATMOSPHÈRE

L’atmosphère alfecte une forme sphéroïdale, et entoure notre globe jusqu’à une hauteur qu’on peut évaluer à soixante mille mètres, ou douze lieues; du moins c’est à cette hauteur qu’elle n’exerce plus de réfraction.

Si la température augmente rapidement à mesure qu’on enfonce dans l’intérieur de la terre, elle diminue avec une vitesse non moins grande quand on s’élève dans les régions supérieures de l’almosphère. Cette diminution est si rapide, que le sommet de toutes les montagnes un peu élevées est couvert de neiges perpétuelles. Le point d’élévation où les neiges commencent

DE L’ATMOSPHÈRE

à se former dans les différentes parties du globe est trèsintéressant, parce qu’il indique à quelle hauteur il faut s’élever dans chaque région, pour arriver à la température de la glace.

D’ailleurs, les sommets des hautes montagnes pouvant être considérés comme des réservoirs que la nature s’est ménagés pour y conserver, à l’état solide, l’eau qui alimente les fleuves, je crois qu’il est à propos que je m’arrête ufi instant à vous en parler. Il me semble d’autant plus nécessaire de le faire, que les glaciers, par les conséquences qu’on a voulu tirer de leur accroissement prétendu, jouent un grand rôle dans toutes les hypothèses ou l’on admet le refroidissement progressif de la terre.

Un naturaliste suisse (Grouner), heureusement placé pour étudier ces montagnes, a donné la description la plus exacte, non-seulement des glaciers de son pays, mais encore de tous ceux que des voyageurs recommandables ont observés avec soin dans toutes les parties de la terre. C’est de son travail que je vais profiter1.

La neige tombée du ciel et reçue sur les sommets élevés et froids est le principe et l’origine de tous les glaciers. Cette neige, dans les jours d’été les plus chauds, se fond et coule dans des lieux plus bas, où elle se gèle durant les nuits; enfin, dans les vallons qui se trouvent au pied des glaciers, bien au-dessous du niveau où se maintiennent les glaces perpétuelles, il se forme, dans F hiver, des amas de glace qui, par leur immense volume, rafraî-

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