‹ Lettres sur les roches du jura et leur distribution géographique dans les deux hémispheresChapitre 3 sur 41 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

ques faites de 1834 à 1845 , cette Histoire des Progrès n'a pas tardé de sortir dès les premiers volumes de ces limites; elle s'est d'abord étendue en avant, ce qui était fort naturel, puisqu'elle ne paraissait que par volumes séparés et publiés à des intervalles de plusieurs années; mais non content de cette extension, qui était cependant la seule raisonnable que lui permit son titre même, l'auteur revenant en arrière, et passant par-dessus ]es Histoires des Progrès, faitei^ par ses prédécesseurs Boue, Rozet et Boblaye, a cru devoir faire aussi une revue rétrospective, dans laquelle il remonte jusqu'aux premiers pas de la géologie stratigrapbique, c'est-à-dire jusqu'aux premiers travaux de Smith, Buckland, Phillips, Thirria, Voltz, Thurmann, etc. etc. — de sorte que le titre de l'ouvrage est devenu inexact, et qu'en réalité c'est un Essai de description géologique du globe terrestre, que présente M. d'Archiac. Ce n'est pas assurément que Ton doive se plaindre de cet accroissement; une pareille augmentation de richesse ne peut qu'être utile à la science , et tous les géologues doivent lui être reconnaissant de son zèle, de son dévouement et de ses nobles efforts. •

Le but de l'ouvrage changé, il n'y a plus à s'étonner, si M. d'Archiac n'expose pas les progrès de la science; il décrit les pays , en passant d'un mémoire à l'autre , sans faire ressortir les nouveautés ou les progrès qui s'y trouvent, et il ne montre, ni les difficultés surmontées, ni les questions résolues, ni enfin, ce qui reste à faire pour débrouiller des cas douteux et à solutions incomplètes.

Partant de là , c'est comme Description géologique du globe terrestre qu'il faut juger ce colossal travail, et non comme Histoire des progrès. M. d'Archiac, avec son ardeur infatigable au travail, est beaucoup plus un littérateur qu'un obser-

valeur; toutes ses publications géologiques et littéraires — il est Fauteur d un roman en trois volumes — indiquent un écrivain facile, correcte, ayant beaucoup de lectures, excellent bibliographe, et auteur consciencieux; mais la partie philosophique laisse à désirer, et les observations ne sortent pas de la catégorie des relevés assez rapides et nécessairement un peu superficiels. En un mot l'honorable M. d'Archiac est beaucoup trop un savant de cabinet. Son Histoire dés Pro-grés renouvelle un essai qui na pas réussi, et qui ne réussira pas davantage avec lui; c'est d'obliger toute la terre à se soumettre à la structure géologique d'une de ses parties. Werner avait cherché à faire ployer toute la terre devant les études si belles qu'il avait faites aux environs de Freiberg et dans toute la Saxe. D'Archiac élargissant le cadre, essaie de ramener toutes les strates des deux hémisphères à ce qu'il a vu dans les environs de Paris et de Londres. C'est encore trop petit; la terre ne se laisse pas ainsi encadrer, et la seule prison qu'elle accepte, aussi bien en géologie, qu'astronomiquement, c'est son atmosphère éthéré; frêle enveloppe, cage de verre, mais qui a du moins l'avantage aux yeux de nous autres fourmis, de nous permettre d'admirer ce qu'elle renferme.

Pkis de pratique et moins de théories; surtout pas trop d'idées préconçues, et ne pas s'y cramponner avec ténacité aussitôt que des faits viennent se placer en travers , voilà le desiderata qu'on peut souhaiter à M. d'Archiac. Sa description de l'Angleterre et d'une partie de la France, est très bien faite; on y trouve de l'impartialité pour les contemporains, des vues élevées, et un style qui tout en visant aux formes un peu prétentieuses de l'Académie, est cependant toujours clair et précis. S'il n'a résolu aucuns des problèmes

difficiles qui existent dans la géologie de cette région; du moins, il n'a rien dit qui puisse les compliquer, et il s'est tenu dans une prudente réserve. Mais sorti de ce petit coin , vraiment microscopique du monde, l'auteur ne s'est plus astreint aux mêmes règles, et probablement à son insu, il taille, tranche et maltraite à-peu-près tous ses confrères, qui n'ont pas l'habitude de choisir, Paris ou Londres, pour leur i^sidence d'hiver. 11 y a bien quelques exceptions pour certaines célébrités viennoises , berlinoises , et pétèrsbourgeoises , qui n'en font ressortir d'ailleurs que mieux l'injustice dont les autres sont l'objet. Comment! M. d'Archiac, qui en 12 heures peut se rendre en Allemagne, traite de puérile et de minutieuse la géologie allemande! Cela passe la permission; et il faut évidemment qu'il ne connaisse ni l'Allemagne, ni les géologues allemands , ni la langue allemande , pour imprimer un pareil humbug. Les géologues français ont certainement d'excellentes qualités, et beaucoup sont de justes appréciateurs des travaux allemands, ainsi que le prouvent les ouvrages d'EIie de Beaumont, Delesse, Daubrée, Fournet, Thiollière, etc.; mais n'en déplaise à mes chers compatriotes, on fait plus, et de meilleure géologie, dans l'ancienne Germanie qu'en Gaule. Les Werner, les de Buch, les Freiesleben, les Humboldt, les Hoffmann, les Goldfuss, etc. etc. ont de dignes successeurs répandus depuis les plaines de la Poméranie aux vallées des Alpes, depuis le Rhin jusqu'à la Yistule; et il ne me serait pas difficile de dresser une liste, dans la- «quelle M. d'Archiac reconnaîtrait les noms de beaucoup de ceux qu'il traite si cavalièrement, et qui, placée en face de celle des illustrations géologiques françaises, ne lui céderait en rien, pour ne pas dire qu'elle lui serait supérieure. En France, la paléontologie a été, et est encore, peut-être, cul-

tivée avec plus de succès que nulle part ailleurs; mais la géologie pratique et théorique , y est beaucoup au-dessous des recherches exécutées et publiées soit en Allemagne, soit en Angleterre. M. d'Archiac ne traite guère mieux les géologues moscovites , belges, suisses, italiens et espagnols, que ceux de l'Allemagne; avec un dégagé et un sans-façon, qui amène involontairement le sourire sur les lèvres , il élève des doutes sur la majorité des observations; et avec des airs de supériorités, plus ou moins déguisées, il essaye de jeter du discrédit sur des géologues, dont la bonne moitié, h tout prendre, sont de meilleurs observateurs que lui.

Je ne dirai pas, comme l'honorable auteur de \ Histoire des progrès , que je suis complet et impartial'^ car de pareils prétentions ne sont pas du domaine d'un trappeur-géologue. Je puis bien me vanter d'être franc et d'essayer toujours de dire la vérité, quand même; mais afficher qu'on n'est, ni incomplet, ni partial, oh! oh!I pour cela, j'ai vu trop souvent de près Téléphant, c'est-à-dire la comédie humaine. Dans ces Lettres, je cite passablement de travaux qui ont échappé aux investigations de M. d'Archiac , et cependant je suis convaincu que beaucoup de mémoires ont encore réussi à se dérober à nos recherches et, en nous unissant, on laisse encore de côté, je pense, un bon cinquième des publications sur les Roches du Jura.

Celui qui se sert de l'épée, périra par l'épée; aussi la critique ne m'épargne-t-elle pas, et le Journal de Sillïman est devenu, depuis six années, le quartier-général des attaques dirigées contre moi. Je regrette infiniment d'avoir causé un pareil émoi dans l'état-major de cette publication périodique; encore, si ces Messieurs avaient conservé leur sangfroid, je serais moins coupable; mais seul contre dix, il

m'est impossible, malgré toute ma bonne volonté, de parer tous les coups, surtout depuis que Murchison a cru devoir leur apporter le poids décisif de son éloquence et de sa statue aux pieds d'argile. On s'est avancé, en prenant toutes les précautions stratégiques. D'abord, l'anonyme a recouvert ce brave Mr. James Hall; puis, des aides-de-camp sont venus «en éclaireurs; et enfin, les deux éditeurs, flanqués de sir Roderick Impey Murchison, ont démasqués toutes leurs batteries, et les charges à volontés, avec volées de mitrailles, pleuvent; en veux-tu; en voilà. Pour un invalide, dont la santé a été rudement secouée par les voyages, un pareil bombardement aura bientôt achevé de me déraenteler au reste; cependant, avant d'amener mon pavillon, je ferai une dernière fois feu de mes deux bordées pour épuiser mes munitions. Dana, Hall, Rogers, Blake, Meek, Hayden et Newberry ont, soit dans des cartes géologiques, soit dans des livres, des mémoires, des pamphlets, etc., exprimé, après moi, très nettement et clairement leurs opinions sur l'âge des terrains stratifiés des Etats-Unis; j'ai de mon côté, avant aucun deux, présenté, non moins positivement, sur des cartes et dans des mémoires et pamphlets, ma manière de voir; le temps décidera qui a tort ou raison ; et quand je dis le temps, je pense que vingt ou trente années seront nécessaires, pour vider ces questions, par suite des distances, des solitudes d'une partie des pays mis en question, et aussi par suite de la violence des passions soulevées. Si Dieu nous prête vie, alors nous verrons. Rira bien qui rira le dernier.

En attendant, je me réjouis de voir avec quel bonheur M. Dana saisit toutes les occasions, pour entonner sa trompette d'allégresse; tantôt c'est Meek et Hayden qui lui fournissent une fanfare, tantôt c'est Newberry qui offre le sujet;

enfin, Murchison â eu les honneurs des aubades et réclames du beau-fils de Silliman. Le fort de Dana et de ses associés est la paléontologie; c'est en son nom quon m'étrangle; et il faut voir si, pour me pendre» haut et court, on tire la corde à cœur joie. Meek, Hayden et Newberry, qui sont de jeunes étudiants, s*en vont explorer les pays à TOuest du Missouri, ils rapportent fidèlement tout ce qu'ils voient, ou croient voir ; déposent , fossiles et notes , aux pieds du Grand Lama Dana, et en véritables sectateurs fidèles, ils n'ouvrent la bouche qu avec la permission du MogoK A la première visite en 1853, Hayden et Meek n'ont vu, depuis Leawenworth jusqu'aux Mauvaises-Terres de Nebraska, que du Carbonifère , du Crétacé et du Tertiaire. Eo 1855 et 1856 , Hayr den a remonté le Missouri jusqu'au Fort Benton, et dans son aller et retour il n'a vu encore que du Tertiaire, du Crétacé et du Carbonifère; et chaque fois, bien entendu, ces Messieurs faisaient des gorges chaudes des prétendus jurassique, triasique et permien de Marcou. En 1858 , ils ont changé un peu de ton; Hayden avait trouvé des fossiles jurassiques dans les Black hills; et Hawn, Norword et Swallow avaient indiqué une faune permienne dans l'IIlinois et le Kansas. En*» fin, en 1859, Newberry a ramassé quelques plantes keupériennes ou du Trias supérieur au Nouveau-Mexique; et voilà que mes prétendus jurassique, triasique et permien font leurs apparitions en chair et en os, dans les écrits de mes adversaires. Mais alors la tactique a changée , ne pouvant plus nier l'existence du jura , du trias et du dyas , ils s'appliquent aujourd'hui à prouver, que ce que j'ai nommé du jurassique, est de la craie moyenne et supérieure, et que mon trias est du crétacé inférieur. Et voici la méthode ingénieuse qu'ils emploient. Meek, Hayden et Newberry disent avoir vu dans

le Nebraska , le Kansas et sur la route ' d'Indépendance à Santa-Fé, au-dessous de ce qu'ils identifient avec mes Roches du Jura du Mont de la Pyramide , des grès contenant des feuilles d'arbres dicotylèdonées. Or, disent-ils, on n*a jamais trouvé de dicotylèdonées en Europe dans un terrain plus ancien que le crétacé moyen de Maëstrich, par conséquent ce grès des Prairies, et tout ce qui lui est superposé, est crétacé. Newberry, qui passe dans la coterie Silliman pour être un oracle en paléophytologie , a déclaré reconnaître dans ces feuilles de dicotylèdonées, des espèces appartenant aux genres Credneria et EUingshausinia, genres exclusivement crétacés en Europe» Mais Newberry n'est pas le seul oracle, Bt il y en a un à Zurich, qui jouit, et ajuste titre, d'une bien autre réputation que lui, et qui déclare: 1° <|ue le Crcdneria est un Populu^s des mieux caractérisés; 2^ que VEttinffshausinia est un Sassafras ; et enfin , 3^ que cette flore de grès, prétendu être à la base du crétacé, est une flore miocène analogue à celles de la Suisse. Voilà, j'espère, de quoi faire ouvrir l'œil à l'Etat-Major du Silliman s Journal, mais ces Messieurs ne s'avouent pas si facilement vaincus. Cependant, Heer a employé leurs propres armes, et quoiqu'il ne connaisse pas les lieux; il n'hésite pas cependant à déclarer positivement que la paléophytologie indique clairement une flore miocène. Reste à savoir, si les superpositions de MM. Meek, Hayden et Newberry sont exactes, et si ces savants sont aussi forts en stratigraphie qu'en paléontologie; that is the question?

En terminant, j'ai encore un petit compte à régler avec Madame Critique, au sujet du célèbre permien typiqjie russe de Mr. Murchison. Invité, un peu impérativement, par ce général en chef des géologues anglais . de m'expliquer sur des

objections que j'avais exprimées publiquement contre l'acceptation de son type permien; j'ai essayé de le faire dans un mémoire qui a pour titre: Dyas et Trias; ou le Nouveau Grés Rouge en Europe, dans t Amérique du Nord et dans Vlnde (Extrait des Archives des Sciences de la Bibliothèque Universelle de Genève, 1859.). Ai-je réussis? Jo no se, mais ce qu'il y a de bien certain , c'est que Mr. Murchison vient de me mettre dans l'impossibilité d'achever une discussion qu'il a été le premier à provoquer. C'est probablement d'ailleurs ce qu'il désire, car il est évident, d'après sa lettre aux éditeurs du SUliman's Journal, que l'expression Dyas lui a mis martel-en-tête»

Dans une lettre, datée le 13 janvier 1859, sir Roderick m'a déclaré qu'il avait le dessein de publier une protestation dans le Silliman's Journal. Comme mon travail : On American geology ; Letter on some points of the Geology of Texas , etc. , Zurich , 1858 , qui l'a si fort surpris , n'a pas paru dans ce recueil périodique, et qu'il n'y paraîtra probablement jamais, j'ai prié l'illustre savant de présenter ses observations sous tout autre auspice, peu importe lequel, pourvu que ce ne soit pas dans les colonnes de MM. Dana et Silliman; en ayant «oin de le prévenir, que s'il employait ce moyen, il me serait impossible de lui répondre par la même voie» Sir Ror derick Impey Murchison n'a pas cru devoir accéder à mon humble denaande; et le Sillimaris Journal du premier septembre 1859, contient sa réplique sous le titre de: Notice of a memoir by M. Jules Marcou , entitled ce Dyas and Trias , or the New Red Sandstone in Europe, North America and India. »

Je regrette d'autant plus que Mr. Murchison ait choisi ce mode de publication pour maintenir ses idées permiennes , que sa réplique n'est pas sans réplique , et que sa manière de procéder ressemble trop à un ^n'cft (tour d'adresse) , indigne d'un tel

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adversaire. Comment! il vient me pourchasser dans deux lettres successives pour m'obliger à lui donner des explications; puis, lorsqu'il les a, il refuse de répondre à mes objections! Pourquoi alors les avoir provoquées? Il est toujours facile de s*en tirer avec une fin de non-recevoir ; mais Mr. Murchison a trop d'expérience pour ignorer que ce n'est qu'un moyen d'éluder des difficultés, dont on craint de ne pouvoir sortir, sans y laisser une partie de ses plumes, a Mes capables contemporains, dit-il, d'Amérique et de l'Inde, et mon collaborateur de Verneuil répondront. » C'est facilement se décharger sur d'autres, dun soin qui ne regarde que lui. En faisant présenter un exemplaire de mon ce Dyas et Tryas » à )a société géologique de France, en novembre dernier, j'ai en même temps fait prier M. de Verneuil d'exposer les objections qu'il pourrait penser devoir faire à ma manière de voir; mais le collaborateur de Murchison a prudemment décliné toute réponse.

Quand on base tout son échaffaudage paléozoïque sur les fossiles,' et que soi-même on ne connaît pas la paléontologie, on est plus tolérant pour les opinions des autres. Quoi! Mr. Murchison sourit ironiquement des opinions que j'ai exprimées k la dernière page de mon Dyas et Trycts\ et il l'a fait traduire par Dana, croyant sans doute me jouer une bonne niche? Cette naïveté prouverait surabondamment, s'il en était besoin, que l'auteur du Siluria n'a jamais étudié, je ne dirai pas à fond, mais même grossièrement, les fossiles d'une seule formation géologique. Il n'est certes pas besoin de consulter Gœppert pour écrire et répéter deux ou trois fois des énormités paléontologiques de la force de celles-ci: a the Calamités arenarius (c'est arenacem que Murchison veut dire) which is manifestly a paleozoic form» {Siluria, 3* edi-

xxni

tîon , p. 336,) : « The Permian exhibits the lasl traces of primeval life , whiist the Trias is charged with the exuviœ of plants and animais entirely distinct from ail those which preceeded them {Siluria, 3* édition, p. 346 et 347). Le Calamités arenaceus n'a jamais été trouvé, ni en Suisse, ni en Allemagne, ni en France, ni en Angleterre, ailleurs que dans le Trias. Sur quoi se base Mr. Murchison, pour mettre les Spirifer et les Leptcena du Lias, les Orthoceras de Hallstadt, les Térébratules, etc., hors la loi of primeval life? Qu'en pense Charles Darwin?

Habitué à user et à abuser de sa position sociale et scientifique, pour imposer ses opinions aux géologues anglais, et ne supportant de contraditions de personnes, ni en géologie , ni en paléontologie , ni même en géographie ^ ; il s'en suit, comme conséquence inévitable, que Mr. Murchison colporte ses erreurs d'un livre dans un autre, et qu'il retire tous les bénéfices qui s'attachent d'habitude aux personnes

') Mr. Murchison vient de se croire obligé d'introduire au publique la Narration du dernier voyage au pôle Nord , en se plaçant comme traitd'union entre la destinée de sir John Franklin et la découverte de Mac- Clintock. La complaisance avec laquelle il parle de ses devoirs pour arriver aux résultats obtenus par MacGlintock, et ses autres allusions à ses faits et gestes , sur la question des passages du Nord-Ouest « indiquent que Mr. Murchison est évidemment très convaincu et des plus satisfaits de la grande part qu*il a pris dans ces explorations. C'est fort heureux; surtout lorsqu'on ne s'appelle pas Rae , Mac-Glintock, Hobson, Mac-dure, Collinson, Austin, Kellett, Kennedy, Kane, Ross, Richardson, Parry, Beechey, Back, Simpson, Bellot, etc. etc. Cette disposition à se poser jsn patron de la géographie arctique , s'était d'ailleurs déjà fait jour dans la seconde édition de la Narration du voyage du Capitaine Mac-CIure, où Mr. Murchison , dans trois ou quatre pages, dites notes géologiques, a cru devoir endosser les découvertes des intrépides marins anglais, comme si de semblables voyages avaient besoin de l'approbation des géographes de cabinets.

collct-montécs , et qui traitent les autres mortels comme du fretin, tout au plus bons à ôtre croqués. Est-ce que, par hasard, le Directeur du Geological Survey of Great Briiain so croirait infaillible? En ce cas, nous avons dans Belgravia Squarra (prononcez ces deux mots avec un accent pontifical) un Pape! de la géologie;

quel honneur !

quel bonheur!

Ah! monsieur le directeur, Je suis votre humble serviteur.

Salins (Jura) , le 6 janvier 1860.

HANS THALMANN

OANO. QEOL.

BERN, MiittenhofatP* 16

ET

LEUR DISTRIBUTION GÉOGRAPfflQUE DANS LES DEUX

Première lettre sur le Jura , adressée au Docteur Albert

Oppel. — Oolitiqtie et Jurassique, — Classification de Smith. —

Les Monts Jura. — Nouvelle classification des strates du Jura. —

Pourquoi de nouvelles désignations. — Le Néocomien: de Mont-

mollin , Thurmann et dArchiac. — VÀrgovien. — Le Bonne et

Ihurmann.

ZcBMH, le 4 décembre 1856.

Mon cher ami. — Je vous remercie pour avoir pensé à moi dans les deux premières livraisons de votre excellent mémoire, intitulé : Die Jurc^ormaiion Englands , Frankreichs und des siid" westlichen DeutscMands , etc. ; et je vais essayer de répondre aux questions que vous avez bien voulu m'adresser dans vos deux aimables lettres, en date de Stuttgart les 7 et 24 novembre dernier.

Tout d'abord, je demanderai votre indulgence pour mon ignorance bibliographique sur les ouvrages géologiques s*occupant du Jura et publiés pendant ces huit dernières années. La vie vagabonde de géologue-voyageur que j'ai mené depuis février 1848, m'a laissé peu de loisirs et d'occasions pour lire et étudier les savants travaux qui ont été faits dernièrement sur le terrain jurassique ; et quoique je n'aie j'amais entièrement perdu de vue le Jura, et que je n'aie manqué aucune des occasions d'études jurassiques qui se soient présenté à moi pendant mes courses à travers les deux hémisphères; je ne doute pas que j'ignore un grand nombre de faits nouveaux, pour lesquels je vous prie de vouloir bien m'excuser. j

Lorsque l'on étudie le Silurien, le Trias, l'Eocène, etc., 1 on a la louable habitude de comparer le pays que l'on ex-

Le Jura.

plore avec les roches siluriennes du pays de Galles, les roches triasiques de la Souabc , les roches tertiaires inférieures des environs de Paris, etc., rapportant ainsi à des types connus et d'accès faciles, les diverses formations stratigraphiques de la terre. Jusqu'à présent il n'y a eu qu'une seule exception à cette espèce de règle , et cette exception a été faite en faveur du Jura. Je me suis souvent demandé le pourquoi de cette exception, et je vais vous exposer les raisons qui me semblent être la cause de cette espèce d'anarchie des formations , en vérité je ne sais quel adjectif il me faut ajouter, les uns se servant exclusivement du jurassique tandis que d'autres ne reconnaissent que Yoolitique.

En Angleterre dès 1799, c'est-à-dire depuis que les Terrains Secondaires y ont été débrouillés et classés par William Smith (voir, Appendice A.), on s'est servi des mots Lias et OoUte pour désigner plusieurs des divisions des strates que Smith en 1812 et 1816 a appelé de la manière suivante :

Oiassifieation de 1812.

CUsslfleatloii de 1816.

Purbeck stone , Kentish Rag and Limestone of the valés

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