PUS
SARNEN. 255 comme neuvième et dixième cantons dans la confédération helvétique, fut rédigé et signé par tous les députés. Au bienfait de cette pacification si prompte et siimprévue , Nicolas de Fliüe joignit des conseils qui pouvoient , s'ils avoient été toujours suivis, assurer à jamais le repos et l'indépendance
des cantons. Il leur recommanda de se teniren garde
contre la séduction des cours et des mœurs étrangéres , et de rester toujours unis et pauvres, pour être éternellement heureux et libres. Après ces discours, Nicolas de Flüe alla se renfermer dans sa cellule; les présens qu'il y recut des villes helvétiques , le touchèrent moins que les expressions de reconnoissance dont ils étoient accompagnés; et les réponses modestes et pleines de sens qu'il y fit, se conservent encore dans les archives de la Suisse. Les papes Clément IX et Clément X Pont béatifié pour des mérites étrangers à cette belle action , et la tradition du pays li attribue une foule de miracles, qui ne s’y rapportent pas davantage. Mais le miracle d’avoir calmé des factions , suffil sans doute à sa gloire, quoiqu'il ne prête guère moins à l’incrédulité de notre àge.
La postérité de cet homme vénérable subsiste encore dans le pays où l’on rend un culte si fidèle à sa mémoire. Deux membres de cette famille sont
actuellement curés dans l’lUnterwald. Un autre
est médecin et landamman , et réunit ainsi dans sa personne les titres les plus respectables qui puissent décorer un homme et un citoyen. Heureux le peuple qui sait honorer ainsi la mémoire de ceux qui ont servi! Heureux l’état où l'illustration acquise par d'anciens services, s’ennoblit de plus en plus par le libre et volontaire hommage de la reconnoissance publique !
Sarnen, chef-lieu du ÆHaut-Unterwald , où de lUnterwald 6b dem W'ald, est un gros bourg, situé dans une plame délicieuse, à Pextrémité d’un joh lac qui porte son nom. Les maisons y sont presque toutes peintes à l’extérieur, et les fenêtres garmes de grilles ; ce qui joint aux images et aux emblèmes religieux, dont ils sont ornés, donne à ces édifices l’a pparence de convens, et ne contribue pas à égayer un séjour qu'heureusement la nature avoit pris soin d’embellir. Aucun édifice public ne mérite 1c1 Pattention, si ce n’est la maison de ville; et c’est moins par son architecture, qui n’a rien de remarquable, que par une suite de portraits des premiers magistrats de la république. Ces portraits, presque tous de diverses mains, et aussi d’époques très- différentes, sont bien plus véritablement historiques que ceux des avoyers de Berne ; la grossièreté même du travail, est ce qui en fait le mérite et l'intérêt; car outre qu’elle porte l'em-