‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 101 sur 255 · II · texte numérisé non relu

II

qu'ils le voient se taire sur tous leurs agissements. Si par hasard ils en venaient à quelque coup d'audace contre Votre Paternité, ce ne pourrait être en plus mauvaise conjoncture pour nous. Sans parler de la peine et de l'affliction profonde où nous plongerait un tel événement, nous perdrions toute force et tout courage. Plaise à Dieu de nous délivrer! Oui, Il nous délivrera, je le crois; mais 11 veut que nous nous aidions nous-mêmes. Voilà pourquoi, sans revenir sur les autres choses dont j'ai déjà parlé à Votre Paternité, je me vois obligée, malgré le désir que j'ai de vous voir, de vous prier de ne pas venir par ici.

La prieure d'Albe1 est très mal. C'est là surtout que votre présence serait nécessaire; je voudrais pour cela que vous fussiez plus à l'abri de tout danger que vous ne pouvez l'être maintenant. Je désire, en outre, que vous ne vous éloigniez pas de là où vous êtes, jusqu'à ce que les choses soient un peu plus assises et que ce Peralta2 soit parti. Je vois ce qu'ont fait les mitigés, dès qu'ils ont vu que le Roi appelait le Père Mariano. A la vérité, ils seront moins audacieux à Madrid qu'à Avila. D'un autre côté, c'est une chose fort pénible pour moi qu'on ne puisse donner la moindre satisfaction à une mère3, et quelle mère! Je ne sais que vous dire, si ce n'est qu'on ne peut plus vivre en ce monde.

il serait peut-être mieux, me dites-vous, de prendre un autre chemin, car celui d'Aviîa est plus long. Je réponds à cela que j'ai le plus vif désir de voir ces dames. Néanmoins, dans le cas où vous devriez les accompagner, votre voyage serait plus secret par l'autre voie, puisqu'il ne s'y rencontre point de monastères de ces bons Pères mitigés.

Page 1