‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 13 sur 255 · II · texte numérisé non relu

II

avoir aux mains1. Plaise à Notre-Seigneur de vous récompenser de votre sollicitude et de vous garder à mon affection! Amen. Vous pouvez recommander à la prieure de Valladolid cette .affaire de l'argent; elle s'en acquittera à merveille, car elle connaît un marchand qui est le grand ami de ce monastère et le mien; c'est de plus un excellent chrétien].

LETTRE GLV111.

1577. 17 Janvier. Tolède.

A MARIE DE SAINT- JOSEPH, PRIEURE A SÉVILLE

La riche postulante. Avis pour la réforme des Carmélites mitigées de Paterna.

JÉSUS soit avec Votre Révérence!

O ma fille, comme votre lettre m'apporte de bonnes nouvelles, tant de votre santé que de cette postulante qui nous fera une charité aussi précieuse que celle de payer le monastère ! Plaise à Dieu qu'il ne survienne pas quelque difficulté, comme je L'en supplie instamment! Je serais extrêmement heureuse de vous voir, vous et vos filles, délivrées d'un tel souci.

Quand cette personne entrera, veuillez l'entourer de sollicitude; elle en est vraiment digne. Je désirerais vivement avoir le temps de lui écrire une longue lettre. Mais j'ai déjà écrit aujourd'hui à Avila, à Madrid et à d'autres endroits, et ma tête est fatiguée.

í. La bolilla était une petite boule en métal qu'on remplissait d'eau chaude et qu'on tenait entre les mains pour les préserver du froid.

J'ai reçu vos lettres dont vous me parlez. Il en est une des miennes qui doit s'être perdue, puisque vous ne m'en souillez mot. Elle était pour mon Père, le prieur de Notre- Dame des Grottes; je vous l'envoyais ouverte, afin que vous la lisiez.

Nos sœurs de Séville doivent être bien seules depuis le départ de notre bon Père1. Dites à Monsieur Garcia Alvarez qu'il est plus obligé encore que par le passé de vous tenir lieu de père. Je suis heureuse que sa parente soit entrée. Recommandez-moi instamment à ses prières et à celles des sœurs de Paterna, auxquelles je voudrais tant écrire. Expédiez-leur cette lettre pour qu'elles sachent que je suis bien portante, et que je me suis réjouie de celle où elles me donnaient des nouvelles de Marguerite et du confesseur. Qu'elles ne s'étonnent pas de ce que le genre de vie des religieuses n'est point encore semblable au nôtre; ce serait folie que de l'exiger immédiatement. Qu'on n'insiste pas tant sur la garde du silence et d'autres choses qui, en soi, ne sont pas péché; au lieu de préserver de fautes des personnes qui ont d'autres habitudes, on les exposerait à en commettre davantage. Il faut du temps et le secours d'en-haut; sans cela, on découragerait ces religieuses. Nous prions beaucoup ici pour elles.

Il est mal que la prieure se laisse injurier, excepté dans le cas où elle pourrait faire semblant de ne pas comprendre. Celles qui gouvernent doivent savoir que, à part la clôture à laquelle elles sont tenues de veiller, c'est Dieu qui agira pour le reste; qu'elles commandent donc avec une grande douceur. Plaise à Sa Majesté d'être avec vous, ma fille, et de vous garder à mon affection, vous et toutes les sœurs ! Présentez-leur mes amitiés.

La prieure de Paterna ne me parle pas plus dans ses

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