Le P. Gratien
lettres de la sœur Saint-Jérôme que si elle n'était pas dans son monastère, et cependant, cette sœur sera peutêtre plus utile qu'elle. Priez-la de me dire ce qu'elle en pense, et que, de son côte, la sœur Saint-Jérôme veuille m'écrire. Toutes les deux doivent mettre en Dieu leur confiance, afin de réussir dans toutes leurs vues; mais qu'elles ne s'imaginent pas pouvoir quelque chose par elles-mêmes.
Je me porte bien. La Mère prieure de Malagon est comme de coutume. Dites-moi; notre Père avait-il de l'argent pour son voyage? J'ai compris qu'il n'avait rien. Je vous le demande en charité, envoyez-lui la lettre cijointe avec beaucoup de précaution, et le plus tôt possible, par une personne sûre. Je suis très peinée que le fiscal de Séville s'en aille. Dieu veut, semble-t-il, paraître seul à tout faire. Présentez mes respects au prieur du Carmel1, et priez mon bon P. Grégoire de m'écrire.
C'est aujourd'hui le 17 janvier.
Je me dis de Votre Révérence la servante,
Thérèse de Jésus.
J'ai été enchantée de ce que vous me racontez de votre nuit de Noël. Je crois, en effet, que ce devait être beau, car Dieu nous aide toujours au moment où nous en avons le plus besoin. Ne manquez pas de m'écrire, bien que notre Père ne soit pas à Séville. Pour moi, je vous écrirai moins souvent, mais c'est uniquement pour vous épargner les ports de lettres.