LETTRE CCXXXIV. 1578. 15 OCTOBRE
1578. 15 Octobre. Avila.
AU PÈRE GRATIEN, A MADRID
Mort du Père Général. Le Père Gratien et le Nonce. Conseils pour les négociations à Rome.
JÉSUS
Que le Saint-Esprit soit avec Votre Révérence, mon Père !
En vous voyant délivré de vos pouvoirs de commissaire, mon chagrin au sujet de tout le reste a disparu, et maintenant, advienne que pourra. Mais j'ai été profondément attristée à la nouvelle de la mort de notre Père Général2 : je suis dans le plus grand chagrin. Le premier jour, je n'ai cessé de pleurer, sans pouvoir faire autre chose; je me laissais aller à la peine de lui avoir causé tant d'ennuis, et certes, il ne les méritait pas. Si nous avions eu recours à lui, toutes les difficultés seraient aujourd'hui aplanies. Dieu veuille pardonner à ceux qui ont tout empêché ! Je me serais bien entendue avec Votre Paternité, malgré le peu de crédit que j'ai eu auprès de vous sur ce point. Le Seigneur, néanmoins, conduira tout à bonne fin. Ce qui me touche davantage, c'est la perte dont je viens de parler et les souffrances endurées par Votre Paternité. Ce sont
1. Cette lettre contient plusieurs corrections qui ont été faites d'après l'autographe conservé au couvent de Corpus Christi , à Alcalá de Hénarès.