‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 15 sur 255 · A MARIE-BAPTISTE, PRIEURE A VALLADOLID · texte numérisé non relu

A MARIE-BAPTISTE, PRIEURE A VALLADOLID

Profession de Casilde de Padilla. Aptitudes requises pour la vie du Carmel. [Projet de fondation à Aguilar del Campo.

JÉSUS SOIT AVEC VOUS, MA FILLE

Je vous envoie tous mes vœux à vous et à celle de vos filles qui a pris le voile2. Plaise à Dieu que vous jouissiez de cette sœur de longues années ! Puissiez-vous Le servir toutes les deux avec la perfection que je Lui ai demandée pour vous ces jours derniers ! Amen.

J'aurais voulu répondre à votre lettre, et certes, l'occasion se présente favorable aujourd'hui. Comme cela pourrait me faire beaucoup de mal, parce que je me sens très fatiguée, je ne veux pas être longue. J'avais pensé attendre pour vous écrire que j'eusse un peu plus de loisir ; mais je tiens à vous annoncer que vos lettres sont venues ; elles m'arrivent très bien par cette voie. Je ne vous remets pas la permission que le Pape a accordée3, car elle est en latin, et je n'ai trouvé encore personne pour m'en donner

1. Cette lettre contient deux fragments traduits pour la première fois en français.

2. Casilde de Padilla avait fait sa profession depuis huit jours.

3. L'autorisation d'admettre Casilde à la profession à l'âge de 14 ans fut accordée par Grégoire XIII. La Sainte avait déjà été prévenue par le P. Gratien que l'autorisation était obtenue. Cfr. Lettre CXXXV, p. 399, 1. 1. Il s'agit ici du document pontifical lui-même.

la traduction; mais je vous l'enverrai. On me l'a apportée hier, fête de saint Sébastien. Elle a causé la plus vive dévotion aux sœurs et à moi. Béni soit Dieu de ce que tout soit ainsi terminé ! Pourvu que Madame doña Marie1 soit contente, je le serai beaucoup. [Présentez-lui de ma part tous mes respects; donnez à ma chère Casilde un grand baiser en mon nom, et dites-lui que c'est de grand cœur que je voudrais pouvoir le lui donner moi-même]. C'eût été une joie très vive pour moi de me trouver au milieu de vous. Vous avez eu raison de tenir compte des religieux. Tout se sera passé avec plus d'autorité2.

[Quant à la dot de cette autre personne, vous m'assuriez que vous deviez en retrancher cinquante ducats pour les frais de la route. Je vous l'ai déjà dit, puisqu'il en était ainsi, pourquoi m'annonciez- vous que la dot serait de six cents ducats ? Il ne fallait pas vous exprimer de la sorte. Pour le trousseau, j'ai oublié ce qui a été convenu]. Toutefois, dès lors que cette personne est ce qu'on dit, peu importe que sa dot n'arrive pas à cette somme; elle apportera ce qu'elle aura. Je vous le répète, et vous pouvez m'en croire, nous avons grand besoin de religieuses qui aient du talent. Vous le savez d'ailleurs, quand les postulantes ont toutes les aptitudes requises pour notre genre de vie, nous n'avons pas besoin de tant regarder à leur dot. Sa maîtresse se meurt de chagrin de ce qu'on la lui enlève; c'est ce que j'ai appris; et ce doit être vrai; voilà pourquoi elle lui donnera bien peu. Son maitre est déjà prévenu qu'il la reprendra, dans le cas où elle ne serait pas telle qu'il le déclare. J'ai eu tant d'ennuis à supporter pour admettre cette postu-

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