‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 169 sur 255 · II · texte numérisé non relu

II

Lorsque les religieuses de Tolède ont admis son autre sœur dans leur monastère, elles n'ont demandé ni lit, ni trousseau, ni habit, ni objet quelconque, et cependant, on n'avait rien donné à cette enfant; elles auraient reçu très volontiers Marie de Saint-Joseph dans les mêmes conditions, si cette sœur avait voulu entrer chez elles. Dieu, en effet, a enrichi ces enfants de tant de qualités et de talents qu'on aime mieux les recevoir sans dot que d'autres qui en apportent une. Quant aux cent ducats, je le répète, vous ferez ce que vous jugerez à propos. Mais pour le reste, on ne saurait agir autrement, vu la nécessité où est cette dame.

Une fois terminées les difficultés où nous sommes, voici ce que l'on fera. On examinera ce que chaque monastère a fourni et on remettra à celui qui aura trop donné l'excédent de sa quote-part. C'est ce qui se fera pour le vôtre. Mais pour le moment, secourons-nous comme nous pouvons. Je. demande à la Mère prieure de ne pas s'opposer à ce que les sœurs voudront décider; car, j'en ai l'assurance, elles ne se montreront pas moins filles de l'Ordre que les autres qui donnent selon leurs ressources. Plaise à Dieu de vous rendre toutes aussi grandes saintes que je L'en supplie ! Amen.

Votre servante,

Thérèse de Jésus.

En tout cas, la sœur Catherine de Jésus lira cette lettre à toutes les sœurs; je serais très fâchée qu'on en passât un seul mot. Elle leur lira également les autres lettres qui viennent de Rome et queje vous envoie sous ce pli.

LETTRE ccLxm. 1579. 9 JUIN

1579. 9 Juin. Avila.

Page 1