‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 170 sur 255 · A MARIE-BAPTISTE, SA NIÈCE; PRIEURE A VALLADOLID · texte numérisé non relu

A MARIE-BAPTISTE, SA NIÈCE; PRIEURE A VALLADOLID

Remercîments. Voyages projetés. Bonté du P. Ange de Salasar. Dot de Casilde de Padilla.

JÉSUS

Que l'Esprit-Saint soit avec Votre Révérence I qu'il vous récompense, vous et toutes les sœurs, des joyeuses fêtes de Pentecôte que vous m'avez procurées en m'envoyant de si bon cœur la lettre de quittance. Cette lettre est arrivée avant le départ du messager de Madrid. J'en ai été très heureuse, car on m'écrivait pour me dire de me presser.

Supposé que cet argent fût destiné a mes besoins personnels, il n'eût pas été, je vous assure, accueilli avec plus de gratitude. Vous me l'avez toutes envoyé, parce que vous êtes généreuses ; et c'est là une très grande faveur que vous nous faites. Plaise à l'Esprit-Saint de vous en récompenser 1 Je prie Dieu, croyez-le, de vous rendre beaucoup plus que vous n'avez donné. Lisez cette partie de ma lettre aux sœurs. Je me recommande très instamment à leurs prières. Je me suis exprimée vis-à-vis de nos Pères de Madrid dans les termes que vous avez employés, afin qu'ils voient quel trésor ils possèdent en vous toutes.

1. Cette lettre contient plusieurs corrections et un fragment nouveau d'après la copie de la Bibliothèque nationale de Madrid.

J'ai tant écrit aujourd'hui, et il est si tard, que ce queje pourrai vous dire sera peu de chose. D'abord, par charité, soignez-vous, afin que, le jour où il plaira à Dieu de me conduire à Valladolid, je vous trouve en bonne santé. Le Père vicaire, Ange de Salasar, m'en a déjà donné quelque espérance dans une de ses lettres. Mais l'entrevue serait tellement rapide que je ne voudrais pas faire tant de lieues pour avoir ensuite la peine de vous quitter promptement. 11 pense, me dit-il, que je puis gagner des mérites en me rendant à Malagon, où il me confirmera par écrit les pouvoirs qu'il m'a donnés pour le monastère; et, en effet, j'y trouverai plus de mérite que si je devais fonder cette maison. Sa volonté est que j'aille, tout d'abord, consoler ces messieurs de Valladolid, qui le lui demandent, et il m'envoie pour cela la lettre de l'évêque ; je partirai aussitôt après pour Salamanque afin d'y acheter une maison. Sachez, ma fille, que c'est là ce dont nos sœurs ont le plus besoin, et cependant elles se taisent comme des mortes. Mais en cela, elles m'obligent davantage. Voyezvous maintenant cette pauvre petite vieille ! et aussitôt après, en route pour Malagon ! Je vous assure que cela m'a fait rire; néanmoins, mon courage est capable de plus encore. Que Dieu daigne tout diriger !

H n'est pas impossible que nos dépêches arrivent avant que je n'aie terminé à Salamanque, et alors, j'aurais la faculté de vous voir un peu plus à loisir. Quant à l'affaire de Malagon, une autre religieuse peut l'arranger.

On soupçonne que les Pères mitigés ne seraient pas fâchés de me savoir à distance. On a des preuves de cela. Sa Paternité1 même serait heureuse que je fusse éloignée de l'Incarnation. D'ailleurs, il faut du temps pour régler les difficultés de ces monastères, et on aurait moins sujet

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