‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 19 sur 255 · A LA LETTRE PRÉCÉDENTE · texte numérisé non relu

A LA LETTRE PRÉCÉDENTE

Cette lettre a été écrite le 27 janvier 1577.

François de Salcédo, Julien d'Avila, Laurent de Gépéda et saint Jean de la Croix désiraient trouver le sens de cette parole que la Sainte avait entendue dans l'oraison : Cherche-toi en moi. Ils s'étaient rendus au monastère de Saint-Joseph d'Avila, et devaient prier les Carmélites ellesmêmes de décider lequel d'entre eux aurait donné la meilleure explication. L'évêque d'Avila, don Alvaro de Mendoza, instruit de ce qui se passe, arrive à son tour, et déclare que l'affaire sera décidée par la Sainte elle-même1. Il écrit donc à Thérèse et lui commande de faire une critique sous forme de vejamen. Pour mieux comprendre la portée de cette critique, il est bon de savoir ce qu'était le vejamen. C'était une sorte de matinée satirique où les étudiants, à la veille de recevoir le grade de docteur, étaient criblés de critiques. Un professeur de l'Université relevait leurs défauts physiques, intellectuels et moraux, tandis qu'un autre rehaussait, au contraire, toutes leurs qualités. L'Espagne a conservé cet usage jusqu'en 1830. Thérèse s'acquitta de la charge délicate que lui confia l'évêque d'Avila avec le ton jovial et spirituel que nous avons admiré. Don Laurent y fut sensible : nous en aurons la preuve par la lettre suivante.

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