Marie du Saint-Esprit
LETTRE GCLXXXV. 1579. 21 DÉCEMBRE 415
bien. Toutes sont très contentes de la nouvelle prieure1, et elles ont raison. A part deux ou trois qui ont été sensibles au changement de confesseur, les autres, je crois, ont été très heureuses; dès mon arrivée, je les ai prévenues qu'elles n'avaient plus la permission de s'adresser à lui. J ai agi de façon à ne rien laisser paraître au dehors; mais je lui ai parlé très clairement. Je comprends que c'est vraiment un serviteur de Dieu, et qu'il n'a aucune malice. Connue nous sommes éloignées de son habitation et qu'il est très occupé, le changement a pu s'effectuer sans que rien transpirai. Je l'ai invité à venir nous prêcher, et je le vois de temps en temps. Tout est maintenant aplani, grâce à Dieu.
Une chose, cependant, me peine; ce sont les dettes nombreuses du monastère. On a tout dépensé, par suite du mauvais gouvernement qui a duré trop longtemps. Les sœurs se doutaient qu'il en devait être ainsi. Mais on les tenait peu au courant des affaires. A coup sur, la présidente, qui est religieuse depuis peu d'années, ne devait pas en savoir davantage ; quand on ne veut suivre que son propre jugement, on s'expose à causer de grands dommages.
Votre Révérence aura la bonté de dire à la prieure, qui reprend maintenant sa charge, de se rendre parfaitement compte de toutes ses obligations envers l'Ordre, de veiller à s'y conformer et d'observer les Constitutions; en agissant de la sorte, on ne peut se tromper; quand on tient une autre ligne de conduite, Dieu permet que les amies les plus dévouées deviennent des accusatrices. Les supérieures ne doivent pas s'imaginer qu'elles peuvent faire et défaire à leur gré, comme les personnes du monde; veuillez montrer cette lettre à Marie de Saint- Joseph.