Hiéronyme du Saint-Esprit
Parfois, je suis très mécontente d'elle et des autres sœurs que j'avais emmenées de Malagon à Séville ; elles ne m'ont jamais dit un mot de ce qui se passait. A la vérité, elles n'avaient pas vu alors tout ce qui a eu lieu depuis.
Dans le cas où quelque sœur voudrait se confesser à un autre Père qu'au confesseur ordinaire, il faut le lui permettre. Mais ayez soin de le désigner; que ce Père soit du couvent de Notre-Dame des Remèdes1, celui que vous voudrez. Les sœurs de Malagon ont eu de grands tourments même sur ce point; ces âmes ont beaucoup souffert et ont enduré des peines très sensibles.
Les sœurs de Séville, m'a-t-on dit, écrivaient à celles de cette maison et leur recommandaient d'insister fortement pour le retour de la Mère Briande; ce moyen leur avait réussi à Séville et réussirait également à Malagon. Votre Révérence aura soin de donner une bonne pénitence à la Mère prieure. Elle aurait dû comprendre queje ne suis pas assez mauvaise chrétienne pour avoir pris une décision de cette gravité sans motifs sérieux, et que je n'aurais pas tant dépensé pour l'achat du monastère, si je l'avais cru peu utile, comme elle le prétend. Je pardonne aux sœurs tous les jugements qu'elles ont formés sur ce point, et je prie Dieu de daigner leur pardonner. Plaise à Sa Majesté que j'eusse découvert quelque avantage pour les sœurs de Malagon clans le retour de la Mère Briande! J'aurais travaillé dans ce but, comme cela m'est arrivé pour la prieure de Séville. Supposé qu'elle revienne, c'en est fait, je vous l'assure, de la paix de cette maison; je ne parle pas des autres inconvénients. Dans une difficulté de ce genre, on n'aurait pas dù, quand on est loin, parler contre celle qui sacrifierait son repos pour le bien et la tranquillité d'une seule âme.