‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 203 sur 255 · LETTRE CCLXXXIV. 1579. 21 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXXXIV. 1579. 21 DÉCEMBRE

J'ai appris, il y a plusieurs jours, que les Pères de Pastrana étaient souffrants; je n'ai pas eu d'autres nouvelles de leur santé. Ils doivent être bien portants maintenant; ne vous en mettez donc point en peine, et ne laissez pas pour cela de prendre à Séville toutes les mesures que vous jugerez convenables. Ce qui ne sera pas terminé pour la fête des Rois réclamera de nous beaucoup de prudence. Et supposé que Dieu daigne conduire à bonne fin nos affaires de Rome, il serait utile que vous fussiez ici à temps.

Le Père Gabriel, prieur de la Roda, est venu me voir à ce monastère avant la fête de la Conception. Le but de son voyage, comme il me l'a donné à entendre, était de me parler du projet de doña Isabelle Osorio. Je retarde l'entrée chez nous de cette demoiselle, pour voir si elle peut avec ses biens nous aider dans la fondation de Madrid. Doña Louise1 m'a dit que l'archevêque2 ne délivrera la permission qu'autant que le monastère sera renté. Je ne vois pas le moyen d'aboutir, [quand même doña Isabelle donnerait tout ce qu'elle a]; d'ailleurs, elle ne peut rien livrer avant son entrée en religion ; mais tout en comptant sur elle, il nous faudrait quelqu'un qui nous fournit les rentes nécessaires. Nous traiterons de cela quand vous serez de retour.

J'ai trouvé plaisant que le Père Gabriel m'annonçât sous secret le départ du messager pour Rome. 11 m'en parla lorsque ce messager était déjà en route; il le tenait de don Louis3. Sa persuasion est que, le Roi faisant lui-même la supplique, on y répondra sans délai, et on n'attendra pas la tenue du Chapitre. Plaise à Dieu que les choses arrivent de la sorte 1 Pour moi, j'ai fait semblant de ne

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