Don Louis Manrique, l'un des quatre assesseurs
rien savoir. Ce Père m'a dit quelle grande joie cette mesure lui cause, et à juste titre. Nous nous entretiendrons du reste à notre prochaine entrevue.
La prieure de Véas m'a envoyé des lettres pour Casademonte. Elle lui demande où il veut qu'on lui remette les cent ducats ; car on les tient à sa disposition : il n'y a donc plus à se préoccuper de ce point.
Les nouvelles que vous me donnez de l'archevêque 1 me procurent une vive joie. Mais ce n'est pas bien du tout de votre part de ne pas lui présenter tous mes profonds respects; veuillez y aller maintenant. Vous pouvez l'assurer que tous les jours, à la communion, je le recommande d'une manière spéciale à Notre-Seigneur. Daigne Sa Majesté garder Votre Révérence, et vous ramener bien portant! Soyez sans crainte; je ne vous laisserai pas partir si promptement, quand vous serez arrivé. La Mère prieure vous présente tous ses respects. Plusieurs des sœurs vous attendent avec impatience.
L'indigne servante de Votre Révérence,
Thérèse de Jésus.
Le Père Philippe s'acquitte parfaitement de son office de confesseur. Offrez au Père Grégoire toutes mes amitiés et celles de sa sœur; cette enfant est une excellente religieuse et elle ne se contient pas de joie. Considérez attentivement, mon Père, qu'il est bon en ce moment de confier la charge de maîtresse des novices à la prieure. Comme il y a eu tant de changements dans ce monastère, l'affection des sœurs ne doit pas se partager, mais se reporter uniquement sur la prieure. Celle-ci peut prendre une aide pour instruire les novices. Quant aux difficultés intimes concernant l'oraison ou les tentations, recommandez-lui de ne pas 1. L'archevêque de Séville, don Christophe de Rojas.
LETTRE CCLXXXVI. 1579. 4tf
Biiger des sœurs une ouverture de conscience qu'elles ne voudraient pas faire, et de se conformer à ce que vous leur avez donné à signer; cela est important. Je suis très heureuse que Le Père prieur de Notre-Dame des Grottes ait été content. C'est une grande chose que la vérité! Veuillez présenter tous mes respects à ce Père.
1579. Vehs la fin de l'année. Malagon.
AU PÈRE GRATIEN
Divers conseils pour la réception des postulantes.
Je vous assure, mon Père, et pour l'amour de Dieu,
veillez-y, si vous ne voulez voir la ruine de nos monastères, je vous assure, dis-je, que le prix de toutes choses augmente de plus en plus. Voyez, il nous faut trois cent mille maravedís de rente pour n'être pas pauvres, et si, vec ce qu'on lui donnera, ce monastère a la réputation 'avoir des rentes, les sœurs mourront de faim; n'en
doutez point.
Ma volonté, mon Père, est que les monastères fondés squ'à ce moment sans revenus continuent de la sorte. Voici ce que je comprends, ce que je vois et ce qui sera toujours : là où les sœurs ne manquent pas à leurs obligations envers Dieu, elles possèdent un esprit plus libre de toute préoccupation ; mais sont-elles infidèles à leurs
1* Ces quatre fragments semblent appartenir à une même lettre écrite vers la fin de l'année 1579. Nous les restituons à la Collection des Lettres.
devoirs, que leurs monastères soient détruits; il y en a assez de relâchés
Dieu veuille pardonner à ceux qui se sont opposés à de nouvelles fondations ! c'était là un remède à tous les maux. Mais comme nos maisons n'ont pas été encore assez bien établies, il y a eu beaucoup d'inconvénients; et il ne pouvait en être autrement. Sa Majesté y remédiera. En attendant, vous devez agir avec la plus extrême prudence, lorsque vous permettez de recevoir des sœurs, à moins que le monastère ne soit dans la gêne et que l'entrée des postulantes ne procure de sérieux avantages. Le bien d'une maison exige qu'on n'accepte pas plus de sœurs qu'on peut en nourrir; si l'on ne veille sérieusement à ce point, nous nous verrons dans un embarras d'où ne nous pourrons sortir
Il vaudrait beaucoup mieux ne faire aucune fondation que d'y mener des âmes mélancoliques. Des religieuses de cette sorte sont la ruine des monastères
LETTRE GGLXXXV1I1.
1579. Vers la fin de l'année. Malagon.
a roch de huerta, a madrid.
Avis pour faii*3 remettre sûrement des papiers entre les mains du Nonce.
J'ai cru aujourd'hui que vous deviez parler au Roi, qui est arrivé hier à l'Escurial. Je vous recommande de bien veiller à ce que les pièces qu'on doit remettre entre les
1. Ces deux fragments sont restitués à la Collection des Lettres.
LETTRE CCLXXXVItî. 1579. 421
mains du Nonce le soient d'une manière sûre; car beaucoup de choses, je le vois, existent plutôt de fait que de droit. L'érection d'une province séparée, voilà le but
qu'il faut atteindre à tout prix
Je vous supplie de faire remettre ces papiers en maiii propre à mon frère
LETTRE CCLXXXVHI1.
1579. Vers la fin de l'année. Malagon.