‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 211 sur 255 · Il s'agit probablement de Philippe II · texte numérisé non relu

Il s'agit probablement de Philippe II

parler de cela à Monsieur Vélasco, et je m'en remets à son jugement. Mais supposé qu'il n'y eût pas de fatigue pour vous, il vaudrait mieux que vous fussiez à Malagon, dussiez-vous ensuite retourner à Sé ville, car il n'est pas aisé de venir ici rapidement. Sans doute, là où est Monsieur Vélasco, votre présence n'est pas indispensable, comme je le lui écris. Il est important, néanmoins, que vous vous entreteniez ensemble de tout. Il pourrait surgir une circonstance où votre absence serait fâcheuse. En tout cas, Monsieur Vélasco en serait contrarié, malgré toute l'affection qu'il nous porte. Notre Père Gratien est libre, je le sais; cependant, il ne lui convient pas de se mêler de cette affaire. Le jour où nous arriverions à réaliser nos projets, on dirait qu'il savait bien pourquoi il travaillait. Quoiqu'il faille mépriser de tels propos, nous ne devons point y donner lieu.

Dans le cas où le solitaire de la Grotte1 ne serait pas provincial, et qu'on lui réserverait cette autre charge dont il est question, j'ai pensé qu'il serait bon de choisir le Père Antoine de Jésus, qui l'a déjà été; pourvu qu'il ait un supérieur, et surtout un compagnon prudent, il s'acquittera certainement bien de cet office; on en a déjà fait l'expérience, lorsque le visiteur de Salamanque lui confia une mission. Nous en finirions avec cette tentation et avec ce petit esprit de parti, si toutefois il existe. Car c'est là un plus grand mal que les fautes qu'il commettrait comme provincial. Je vous dis cela, ne sachant pas quand je pourrai vous écrire de nouveau, tant mes lettres ont peu de chance; la présente, du moins, vous est envoyée soigneusement recommandée.

Je voudrais savoir quelle est la cause de cette nouvelle agitation dont vous me parlez* Dieu veuille qu'on en finisse l. Le P. Gratien.

LETTRE QOtCaï. 4580. 13 JANVIER 434

avec les intrigues de ce pays-là! Qu'il daigne vous garder! Je suis fatiguée après toutes les lettres que j'ai écrites. Ma santé est meilleure qu'à Séville; néanmoins, le mal de tête ne me quitte jamais. Dans le cas où le Père prieur d'Almodovar serait là1, dites-lui bien des choses de ma part. Je fais beaucoup pour ses amis. J'ai pris une religieuse en considération de chacun d'eux. Plaise à Dieu qu'il m'en soit reconnaissant! L'une m'a été présentée par Jean Vasquez, L'autre par son ami de Gantalapiedra ; cette dernière est celle qui est sortie de Véas, et il la connaît beaucoup, m'a-t-on dit.

La prieure se recommande aux prières de Votre Révérence. Toutes les sœurs prient Notre-Seigneur pour vous; je le fais de mon coté d'une manière spéciale et je ne l'oublie jamais. Je ne puis m'empecher d'avoir quelque soupçon à votre endroit : il me semble que vous seriez content d'avoir le moindre prétexte de rester à Séville; si c'est une calomnie, Dieu veuille me la pardonner ! Daigne Sa Majesté vous rendre très saint et vous garder de longues années! Amen.

C'est aujourd'hui le 13 janvier.

L'indigne servante de Votre Révérence,

Thérèse de Jésus.

Page 1