‹ Lettres; traduction augmentée de plus de 70 lettres et 400 fragments, d'après les autographes de la Sainte et les copies authentiques des Pères Carmes déchaussée qui se trouvent à la Bibliothèque Nationale de MadridChapitre 213 sur 255 · Recteur du collège de la Compagnie de Jésus, à Séville · texte numérisé non relu

Recteur du collège de la Compagnie de Jésus, à Séville

LETTRE CCXCIII. 1580. JANVIÈH 433

leurs. Ce que me dit la sœur Gabrielle du triste état de la vôtre m'a vivement chagrinée. Vos épreuves ont été tellement grandes, qu'eussiez-vous eu un cœur de pierre, elles vous auraient rendue malade. Je voudrais bien n'y avoir point contribué. Veuillez me le pardonner; car vis-à-vis d'une àme que je chéris beaucoup, je suis insupportable, et mon désir est qu'elle ne se trompe en rien. C'est de la sorte que j'ai agi avec la Mère Briande; je lui écrivais des lettres terribles1, mais cela ne produisait pas grand effet. Certainement, je trouve le tort causé par le démon dans ce monastère plus grave sous un certain rapport que celui causé à Séville : il a duré plus longtemps ; en outre, le scandale vis-à-vis des personnes du dehors a été plus préjudiciable; et encore, les choses marcheront-elles aussi bien qu'à Séville ? Je me le demande maintenant. Je crains que non, quoique la paix ait été rétablie à l'intérieur, et qu'il n'y ait plus de trouble. Le Seigneur a tout aplani. Qu'il en soit béni ! Les sœurs, j'en conviens, n'étaient pas très coupables. Celle qui m'a le plus fâchée, c'est la sœur Béatrixde Jésus2. Jamais elle ne m'a dit un mot; même maintenant, elle ne me parle pas; cependant, elle voit que toutes les autres me racontent leurs épreuves passées, et que je suis au courant de tout. Selon moi, elle montre bien peu de vertu ou de jugement. Elle s'imagine peut-être observer de la sorte les règles de la charité à l'égard des sœurs, et je reconnais qu'elle leur porte un profond attachement. Néanmoins, la véritable amitié ne doit pas cacher les fautes auxquelles on pourrait remédier sans grand inconvénient. Pour l'amour de Dieu, gardez-vous de jamais rien faire

1. Ces lettres terribles ne nous sont pas parvenues; elles ont eu le même sort que celles adressées à Marie de Saint- Joseph.

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