Mère du Père Gratien
3. Confesseur des religieuses de Malagon. Cfr. Lettre au Père Gratien, vers le milieu de décembre 1579, p. 406.
a pris cent disciplines pour Votre Paternité. Tout cela, sans doute, vous obtient des secours, et vous aide à procurer tant de bien aux âmes.
On m'a remis hier la lettre ci-incluse du Père Nicolas. J'ai été très contente qu'on pût réaliser ce dont il parle. Parfois, j'étais préoccupée des difficultés de Salamanque; je ne voyais alors rien de mieux. Mais à présent, vous avez bien de quoi travailler; il est clair que vous devez vous consacrer plutôt aux affaires de l'Ordre qu'à celles du dehors. J'ai dit au Père Nicolas, à Tolède, quelquesuns des inconvénients des décisions précédentes, sans lui manifester tous ceux que je savais, et il en est résulté un grand bien. Notre très révérend Père Général fera, .je crois, tout ce qui nous sera favorable. Néanmoins, il me reste un doute; le voici : vous savez quels sont les pouvoirs que vous teniez du Nonce. Or, ces pouvoirs avaient-ils encore, oui ou non, de la valeur après sa mort? Dans une chose de cette importance, ce serait trop pénible de se trouver à l'avenir en présence d'opinions différentes : il n'y a pas, à mes yeux, d'autre inconvénient; dites-moi ce qui vous en semble. Ce serait même une insigne faveur du ciel, comme le dit le Père Nicolas dans sa lettre, qu'il nous fût permis de tout régler entre nous. Daigne le Seigneur nous accorder cette grâce, puisqu'il le peut !
Je ne sais s'il convient que le Père Nicolas reste à attendre à Séville, dans le cas où nos affaires n'iraient pas au -gré de nos désirs, car elles seraient bien délaissées. Sans doute, M. Velasco1 fera beaucoup. Cependant, il ne perdrait point à être secondé. Mais que Votre Paternité ne dise rien de tout cela, afin que, le jour où le projet se réalisera, on ne vous accuse pas d'avoir vous-même travaillé à l'exécuter. [Vous devez en toutes choses agir
\, Grand protecteur de la Réforme, dont il a été parlé.
LETTRE CCXUIV. 1580. 14 JANVIER 441
avec prudence, pour ne donner à personne l'occasion de se plaindre de vous, surtout tant que nous aurons Mathusalem1; c'est lui qui, selon moi, est le grand obstacle à l'office qu'on donnerait à Paul. Néanmoins, il faut en passer par là; on ne peut faire autrement].
Un autre inconvénient se présente maintenant à mon esprit. Je me demande si vous pourriez exercer cette charge2 et être en même temps provincial. Gela, toutefois, ne me parait pas indispensable; car alors, vous seriez tout. [Et puis, il y aurait un bien à nommer Maeaire* provincial, dans le cas où ce serait possible, puisque sa mélancolie le pousse à désirer cet office. Nous réussirions enfin à le faire mourir en paix; il n'aurait plus cet esprit d'ambition dont il est persécuté]. Ce serait, d'ailleurs, justice de le nommer, attendu qu'il l'a déjà été4. Enfin, comme il aurait un supérieur au-dessus de lui, il ne saurait nous nuire. Dites-moi, par charité, votre avis sur ce point. Sans doute, il s'agit d'une chose à venir; mais serait-ce d'une chose présente, vous n'avez pas à avoir le moindre scrupule.
La lettre ci-jointe du Père Gabriel vous montrera combien il s'est fâché contre moi. Cependant, je n'ai pas omis de lui écrire, dès que j'ai trouvé un messager pour lui porter ma réponse. [Voyez quelle est sa passion. Il a vu, dit-il, par mes lettres que vous lui montrez, que je ne lui en envoie pas, lorsque je le puis]. Je serais très heureuse que l'affaire de Votre Paternité fût achevée quand ce pli vous arrivera; vous pourriez alors m'écrire longuement.